Originaire du Puy De Dôme, c’est en avril 2000 que Endless Agony se forme sur la base de trois personne que sont Greg à la guitare, Flo à la Basse et, Lord Necron derrière les futs. Pour l’époque, la démarche du groupe est résolument orientée vers une BM brutal et sans concessions. En mai de la même année, le trio devient quatuor avec l’arrivée de Steph en tant que second guitariste. Cette nouvelle recrue apporte à E.A. un nouveau souffle de brutalité avec certaines influences Thrash/Death.

Durant les six mois qui s’ensuivent, la horde compose sans relâche malgré l’absence d’un vocaliste. C’est finalement en septembre 2000 que Damien viens compléter le chaînon manquant.

Ce dernier ne tiendra le micro que pendant un peu plus d’une année puisqu’en janvier 2002 il rejoint Furia que l’on ne présente plus aujourd’hui. Phil prend rapidement le poste vacant.

Un nouveau changement de line up intervient avec le départ de Greg et l’arrivée de Nico.

Suite à cela, Endless Agony atteint enfin l’équilibre nécessaire à son épanouissement et les choses sérieuses reprennent.

En juillet 2002 voit le jour une démo autoproduite contenant deux titres destinés à remplir un rôle promotionnel dans le but de participer à quelques affiches.

Après ce premier assaut, le groupe ne se repose pas sur ses lauriers et se met à retravailler ardemment sur la création d’un véritable album.
C’est ainsi que Endless Agony va très vite se retirer dans les entrailles du Studio Ocys et y peaufiner avec Athevros, le maître des lieux, « In Agony Of Fear » son premier opus officiel ; Opus qui, au départ pressentit pour s’étendre sur le monde via Dead Sun Records en novembre 2002, ne sortira que courant 2003.

Le quintet dévoile ici un BM faisant déjà preuve d’une étonnante personnalité pour une première œuvre studio et ceci malgré ses quelques trois ans d’existence. De surcroît et, même si mes errances dans l’underworld le plus obscur m’ont accoutumées, non sans plaisir, à beaucoup plus violent et agressif, l’intensité est de mise puisque « In Agony Of Fear » contient sept hymnes pour juste un peu plus de trente cinq minutes.

Détaillons un peu cette densité où il semble difficile de détacher clairement des influences :

Commençons avec le moteur de tout groupe de Metal Extrême  qui réside en les cordes : Les guitares de Urian et Oxylos s’expriment en un feeling très Dark Pagan BM en fusionnant, de façon judicieuse et conforme aux usages, la violence épique des rythmiques et la grandeur de leads articulées de façon plus ou moins complexe autour de mélodies plus ou moins  médiévales, païennes ou vengeresses emplies de fierté et de dignité. Cela contribue à tisser cette atmosphère si caractéristique qui remplit d’honneur le cœur des hommes et les invitent à décalotter quelques boites crâniennes à la hache double tranchant. Ce sentiment de noblesse guerrière atteint un point culminant lorsqu’il est mis en musique par de solides et héroïques riffs Thrash. Cela est particulièrement flagrant dés les premières secondes d’un titre tel que « Celestial Dimension » qui est d’ailleurs très proche de ce que l’on peut écouter sur un « Stormbringer » de Desaster. Certains plans DM sont également décelables dans certains breaks et oeuvrent souvent dans la même direction.   

Au delà de leur saturation, parfois mêlées à des effets de phaser plutôt cosmiques d’ailleurs,  les guitares savent s’abandonner à des arpéges d’une noirceur pastorale ce qui ne fait que renforcer les caractéristiques précédemment soulignées.

Comme bien souvent, la basse de Zagan ne me paraît pas ici tenir une place despotique mais, on sent qu’elle a quand même un rôle à tenir et, qu’elle n’est pas en déroute.
Pour soutenir ces cordes, le drum-kit de L.N. se devait d’être ferme et, c’est effectivement chose faite autant pour ce qui est du matraquage purement BM que pour les riffs beaucoup plus homériques et accrocheurs ou encore pour les    lourdeurs qui s’ouvrent vers des harmonies champêtres.

Les vocaux de Nazgul sont tout bonnement en accord avec le style que Endless Agony se voue à créer en troquant ou en mêlant avec plus ou moins de brillance des tonalités éraillées mais très audibles, parfois rauques, parfois proches dans leur gargouillis  de celle d’un Lucifugum et, des consonances plus harmonieuses faites de cœurs et de chants clairs. A souligner à ce sujet quelques innovations comme sur « Celestial Dimension » où l’on peut dénoter quelques effets synthétiques au niveau du micro qui sont bien heureusement brefs.

Enfin, en dehors des instruments purement métal viennent occasionnellement se greffer quelques plages de synthétiseurs souvent en trame de fond ou en chute de riffs, probablement pour exacerber le caractère solennel, ou, quelques arrangements, notamment pour ce qui semble être des sonorités d’accordéons (je ne m’avancerais quand même pas trop…) lesquelles se mêlent souvent aux acoustiques et transcrivent ainsi une ambiance amère qui peut inspirer certains plans de Mystic Forest.

« In An Agony Of Fear » se termine par un titre bonus qui rompt un peu avec les six premier puisque remontant probablement à une époque plus reculée du groupe, il se manifeste de manière beaucoup plus bestiale, crade et directe ; De manière plus Brutal BM en définitive.

Ayant fait le tour de l’aspect musical, je pense qu’il n’y a pas vraiment besoin de s’éterniser bien longtemps sur les textes. Disons simplement que même si la majorité de ceux ci sont dotés d’un titre rédigés en anglais, tous ont le mérite d’être écrits en français, de façon très travaillée et poétique. Les thèmes portent sur la guerre, le chaos qui guette la race humaine, l’élévation de l’être en tant qu’individu propre, la folie qui nourrit le cœur de certains hommes et qui engendre la force de détruire les bassesses de ce monde… tout cela évidemment lié à une forte dose d’anticléricalisme.

Je pense qu’à ce stade, la boucle est bouclée. Ce premier album au son correct, sans pour autant rentrer dans la surenchère, est intéressant et, se laisse bien écouter même si, à mon goût qui comme d’habitude n’engage que moi, certaines choses y sont trop propres et un peu trop perfectionnistes.


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