J’en
ai maintes fois rêvé, Forgotten Wisdom Prod l’a fait ! Après
une floppée de démos toutes plus brillantes les unes que les
autres en ce qu’elles témoignèrent d’une audace des plus visionnaire
et arrogante, au vu des codes préétablis du genre, il était temps
pour ce one man band, que l’on ne présente plus en nos colonnes, de
gravir un échelon supplémentaire, comme en témoigne ce « The
Deiphobic Syndrome », tout premier album estampillé Devilish
Era.
Celles et ceux qui sont restés sur leur faim à l’écoute de la prestation
de Lord Naggaroth sur le Split partagé avec Ond Aand [Putain !
Mes respects éternels à ce fantastique projet, partit depuis engrosser
la fosse commune des groupes morts nés… hélas..] commettront peut
être, dubitatifs, l’erreur de ne pas s’abreuver de cette rondelle…
grand bien leur fasse… les autres, en tant qu’adeptes invétérés, ne
seront, tout comme moi, point déçus de la mise en abîme…
A l’écoute de l’ouverture acoustique, à en désanusser un Jon Nodtveidt
dans sa période la plus digne, de « Agnostic Supremacy »,
premier track de cette rondelle, le retour du grand Devilish Era,
celui du « Under The Aegis Of The Megathropist », ne tarde
pas à s’imposer tel une évidence… De ce miasme d’une tragique froideur
et sordide beauté, transpire un potentiel de submersion si enivrant
que, subit à l’aube d’un jour morne stigmatisé par les séquelles d’une
cuite douloureuse, il pourrait aisément pousser n’importe quel liquéfié
du bulbe à aller se donner le mort dans le dénuement le plus vespéral…
cela alors même que l’entité cathartique n’aurait encore point pénétrée
le vif du sujet.
La sélection naturelle ayant fait son œuvre, les maniaques n’ayant
pas attendus cet album pour découvrir le groupe, retrouveront, non
sans esquisser un foutrique rictus, ce si particulier et quasi incomparable
jeu de guitares, distillé avec ambivalence entre riffs monolithiques,
plus crus que ne le seront jamais les pensées d’un cannibale, dépouillé
aux champignons hallucinogènes, imaginant le châtiment corporel le
plus idoine à son adultérine femelle, et, envolées mélodiques tridimensionnelles
et dithyrambiques qui, écorchées vives, dégagent autant de joie que
les râles étouffés d’un boy scout pétainiste qui se ferait dérober
son innocence au nom de dieu ; Ces percussions mécaniquement
cryogéniques, totalement dénuées de vie et, d’une précision chirurgicale,
qu’il s’agisse de blaster avec une fièvre digne des convulsions hallucinées
d’un zoophile aveugle qui se serait laissé abuser par les charmes
d’un mouton en plastique rembourré à la chaux vive, ou, de déployer
une lourdeur oppressante à en faire pâlir de jalousie les lestes ayant
scellés, il y a bien des lunes, le destin du petit gregory ;
Ces vokills pestiférés, bouillonnants et instables enfin, qui, dictés
par une aussi noble qu’égoïste pensée solipsiste et, déclamant des
textes [dont, une fois de plus je regrette l’absence… merde !],
suintant d’une véhémence très agnostique, justifieraient à eux seuls
la remise en vigueur de la claustration insulaire !!!
Mais, si je laisse concrètement et clairement entendre que Devilish
Era n’a en rien modifié sa ligne de conduite, contrairement à certains,
un peu trop volatiles et sensibles aux effets de mode, n’allez pas
pour autant supputer une quelconque stagnation ou autosuffisance car,
outre une évolution technique logique et, un effort de prod étonnamment
décuplé pour l’utilisation d’un simple quatre pistes [soulignons le
mastering effectué par Luc Mertz], si Devilish Era a toujours transpiré
d’une noirceur insondable, il s’entoure ici d’un halo impressionament
malsain, d’une aura plus que perturbatrice jusqu’alors embryonnairement
exploitée. En témoignent les nombreuses, éthérées, claustrophobes
et suicidaires rechutes acoustiques jalonnant l’œuvre, n’ayant pour
seuls échos que les vokills de Lord Nggaroth ; Vocaux aux allures
de pleurs, lamentations et, de fait, totalement décharnés, instables,
impulsifs et irrationnels. L’exercice aussi soigné, réussit, qu’intime,
hermétique, risque d’en rebuter certains mais, c’est à mon sens lors
de ces ulcérations hypnotiques, d’une souffrance inouïe que ne renieraient
pas les fondus de Stalaggh, que l’art noir de Devilish Era trouve
sa justification. L’on y ressent ce vécu qui fait toute la différence
entre les groupes jouant avec tripes, convictions et, les branques
prépubéres type Fimbulvetr et autres bouses s’évertuant à imaginer
que le BM s’apprend en école de musique.
Somme toute, une fantastique initiative de F.W.P. pour une œuvre quasi
parfaite. La seule ombre au tableau étant l’absence de basse.
Au delà de toute influence, de toute servitude ! Mon soutient
reste inchangé !
Contact :
Devilish Era :
http://devilishera.free.fr/
F.W.P. :
http://perso.wanadoo.fr/thomas.bernollin/forgotten.htm
Sperm.
S.
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