
Entre autres méfaits plus séculaires, si l’on se projette dans le passé, le Split sortit en 2001 via Pâleur Mortelle Prod partagé avec le sanguinaire Dark Opus fut une fantastique mise en abîme, un allez simple vers un océan de noirceur, vers un néant effroyable et sans nom ! L’excellent « L’odeur Du Corbeau Mort », également diffusé via P.M.P., fit franchir à la verve de Kobal un palier supplémentaire et impressionnant dans l’Art de répandre désolation et maléfices dans les rangs de son auditorat, de pousser ses adeptes dans les bras décharnés de la grande faucheuse et, par là ne pouvait laisser présager que le meilleur quand à la suite des hostilités notamment sur un format plus « officiel » et prestigieux ! Nous y voilà de part ce LP sortit en 2002 avec le soutient passionnel et acharné de la Team D.U.K.E. et dont le nom résonne à lui seul comme l’effluve tenace, âcre et pestilentielle des plus obscures sorcelleries ayant hantées nombre de veillées pastorales! De retour sur les terres les plus noires de nos douces campagnes, l’abominable peut à nouveau prendre corps pour implorer les anciennes divinités et détruire les récoltes du christianisme car, Darvulia invoque et réveille ici les ombres cauchemardesques qui flottaient autrefois au dessus de l’âme de chacune des sorcières et cela, de part son essence unique, son aura aussi caractéristique qu’atypique ! A cette image d’un effroyable lyrisme, ténébreux et tourmenté est l’Art de Darvulia en ce qu’il mêle avec un savoir faire très abrupte effusions de haine et de violence pure et atmosphères sabbatiques d’une insanité étouffante. D’emblée cette danse macabre fait ressentir à l’auditeur des influences profondément ancrées dans l’héritage scandinave des heures glorieuses et ce, de part un exhalaison barbare hypnotique d’une glaciale ténacité. Les riffs sont tranchants, vénéneux, porteurs d’un mal immuables et, les tempos, au passage assurés par une boîte à rythme programmée simplement mais avec excellence, sont nerveux et belliqueux au possible… Des grands noms du royaume de norvége ne tardent pas à venir à l’esprit mais, ce seul sentiment demeure bien réducteur face à un processus de création n’ayant de cesse de concasser ce tronc commun avec le spectre des méfaits les plus cruels et éminent que notre UG Gaulois ait connu! Les adeptes palperont ainsi aisément une forte odeur de souffre rappelant sans équivoque la quintessence maudite des Black Legions, notamment via de nombreuses ponctuations arpégées des plus malsaines, dissonantes et inquiétantes ne pouvant qu’inspirer les breaks les plus dérangés de Vlad Tepes ou Mütiilation. Ces déclinaisons perturbantes, parfaitement mises en valeur par une trame sonore grouillante d’atrocité, véritables perditions auditives plus infectieuse que la grande peste noire elle-même, s’accompagnent bien souvent de percussions fuyantes, enivrantes, incontestablement ritualistiques conférant à l’ensemble un regain d’obscur mysticisme… les tracks « Débauche Macabre » et « Fille De Druidesse », quasi ambiant en la forme et gorgés d’une antique terreur, se situant au summum de cette méphitique aversion. Le timbre de Kobal est, quand à lui, tout bonnement exceptionnel. Nombre de chroniqueurs semblent avoir jugés la performance comme un peu trop légère et inconsistante, peut être comme un peu trop personnelle, anticonformiste mais, il m’est avis qu’il s’agit pourtant là de l’un de l’un des piliers les plus racés de l’Art de Darvulia. Les vokills inspirant une fois de plus l’indétrônable Mütiilation suintent d’une folie propre à la possession, d’un blasphème incontrôlé, tels ceux d’un prêcheur dément et révulsé assénant à une poupée voult les ultimes outrages par une claire obscure nuit de solstice ! L’on ne peut que se laisser envoûter puis, endoctriner face à une telle verve qui, de surcroît scandée en français, et comme bien d’autres l’auront soulignés avant moi, réussit la prouesse d’être quasi parfaitement compréhensible ! A tous ces égards, rien de surprenant à ce que « L’Ombre Malicieuse » ait été unanimement salué comme l’une des dix meilleure réalisation hexagonale de ces quinze dernières années ! Buy NOW !
Au vu de la baffe dans la gueule que m’a collé « L’Ombre Malicieuse », autant dire qu’il aurait été impensable pour moi de passer à coté de ce nouvel assaut d’emblée annoncé par beaucoup comme encore supérieur à son prédécesseur ! Ne serait ce que par le titre de l’œuvre, Kobal reste incorruptiblement fidèle à l’univers lyrique et culturel qu’il entretient et pousse à maturation depuis les premiers soubresauts de Darvulia, la belladone étant, pour les ignares, cette fameuse plante, propre aux taillis et décombres, porteuse de généreuses baies d’une noirceur impénétrable hautement vénéneuses si chères aux apothicaires et au-delà, si précieuses aux clandestins rites sorciers. Le track du même nom faisant office de préalable introductif est une invitation à s’enivrer du dangereux fruit et, de part la mortelle ivresse découlant de ses chairs juteuses, il nous happe au cœur d’un champêtre songe où, entre les superstitions et le fumet nocif d’hérétiques pourrissant sur les gibets de l’inquisition les dévots du cornu s’adonnent à l’orgie cérémoniale dans les bras de mère nature ! Un mise en haleine particulièrement discourtoisie, torturée et abrupte qui est un peu à Darvulia ce que « Suffer The Gestalt Of Abomination » est à Mütiilation ou, ce que « Gathered At Blakulla » est à Gorgoroth ! Le théâtre du blasphéme ainsi campé, les incantations de la sorte honorées, la bête peut alors pleinement répandre sa malignité et, le moins que l’on puisse dire est que ce « Vespérale Mélancolie » explose littéralement et sans préavis ! La puissance transpirant des souffles premiers de ce track est saisissante, notamment en ce qui concerne le frappe rythmique ! L’arrivée de Akhron, déjà responsable du matraquage impressionnant régnant dans certaines œuvres de Fornication et surtout dans Nuit Noire, à l’occasion de cette œuvre, n’est pas étrangère à ce regain de virulence ! Une fois de plus l’on ressent l’emprise corrosive et glaciale de l’ère scandinave du début des nineties mais, une fois de plus Kobal prend soin à contribuer à la survie de la forte personnalité de notre scène si bien qu’en parfait accord avec son nom, ce chapitre retombe rapidement en pression pour étreindre l’auditeur en une lente, disharmonieuse et écorchée agonie arpégée et damnée par ce toujours aussi fascinant et pestiféré spectre vocal ! Cet Ep s’achève sur « Sorcières » régnant en maître sur sa seconde face ! Véritable hymne nous invitant à pénétrer la forêt profonde et, au terme de la macabre procession, à y découvrir la raison d’être par excellence de Darvulia, la signification même de ce nom situé dans les secrets tréfonds de l’un des plus célèbre et redouté nom de l’histoire Hongroise. Ce long track est probablement la chose enfantée par Darvulia la plus aboutie qu’il m’ait, jusqu’alors, été donné d’entendre. Rythmiquement très dense et soutenu, « Sorcière » ne se révèle pas moins être des plus tourmenté et labyrinthique. Le jeu de cordes de Kobal est en perpétuel mouvement, offrant un grand nombre de variations de thèmes avec néanmoins toujours en toile de fond cette contagieuse répugnance, cette méphitique insanité toute en déchirement. Les vokills sont plus convaincus, haineux, lancinants et dérangés que jamais ; N’évoquons même pas cette façon si viciée et perverse de mettre en valeur notre prodigieuse langue tant elle tend à effleurer la perfection… Les mots me manqueraient presque face à une telle quintessence que ne renierait pas Meyna’ch lui-même. Regrettons simplement l’atténuation des vertiges ritualistiques qui donnèrent ce charme tout particulier à « L’Ombre Malicieuse », Akhron privilégiant plus ici un frappé traditionnel mais certes copieusement burné ! Un véritable coup de poing dans la mâchoire se situant dans la droite lignée évolutive des précédents opus ! Grim Regards & Fukking Support ! Contact : Sperm. S. |