Dark Legion est une horde Polonaise de la région de Gdansk. Ce groupe existe sous ce nom depuis 1998, mais, ses premiers balbutiements remontent à l’hiver 1994.

En ces âges reculés, l’entité se réduit à un duo composé de Jacek Denka à la batterie et de Marek Kalinka aux guitares et aux grunts. A cette époque et, comme c’est décidément bien souvent le cas pour les groupes qui débutent et qui sont restés respectueux de leurs origines et influences, Dark Legion officie dans un style purement Thrash Metal. Ce n’est que lorsque sera adopté le nom Dark Legion que des bases plus Death Metal vont se dégager. Après une périodes de galéres assez sombres parsemée des traditionnels changements de line-up et autres conflits de repets’ les effectifs finissent par se stabiliser durablement durant la seconde moitié de l’année 1998 lorsque Barted Mroczkowski et Marcin Kalinka viennent occuper respectivement les postes de guitaristes et bassistes.

En octobre de la même année, Dark Legion est prêt à capturer quelque chose de concret et, c’est ainsi que la troupe ne traîne pas à enregistrer une démo trois titre en studio. Les choses ne tardent pas à s’accélérer puisqu’en juin 2000 est enfanté une autre œuvre ici à titre promotionnel. Cette démarche apporte rapidement l’opportunité d’obtenir une signature avec Dead Sun Rec; Opportunité qui est évidemment saisie et qui se solde sans plus attendre par une signature en septembre 2002.

Dès 2001 et alors que Dark Legion travaille ardemment sur son premier album, le Label de M50 que l’on ne présente plus, va commencer par rééditer la démo 1999 ainsi que la promo 2000.
La même année, après un travail studio acharné, passionné et harassant, Dark Legion tient enfin concrètement son premier album toujours avec la collaboration solide et dévouée de Dead Sun Record.

Ce premier assaut officiel contient, selon les dires, dix titres d’un Death Metal brutal, varié et déjà très personnel autant pour le fond que pour la forme.
N’ayant jamais eu « Bloodshed » entre les mains et, n’ayant donc jamais eu l’occasion de l’écouter, je ne prendrais pas le risque de me prononcer sur le sujet.
Suite à cet événement grandiose dans la vie de tout groupe et, à ses répercussions positives, le quatuor se remet au travail, une fois de plus avec tripes et convictions pour offrir à leur premier méfait un héritier digne de ce nom.

Ainsi, Dark Legion enregistre et mixe « Eternity Of Nothing » au Hertz Studio en mars 2002 et, le masterise au 7 keys studio durant la même période.
L’ingestion générale de cette seconde tuerie ne fait que corroborer mes dires et pensées déjà clairement exprimées sur la review de Sanatorium au sujet de la scène DM d’Europe de l’Est, sur leur volonté éternelle et combative de magnifier leur art, d’exalter de façon optimum leurs facultés pour s’affirmer et se faire respecter à échelle internationale et ainsi garder la tête haute face à leurs conditions…

Tout va ici dans ce sens à commencer par la densité imposante dont ce groupe Polonais fait preuve avec cet album comportant onze titres pour une développement de 45 :27 minutes ce qui supplante largement la durée des standards du genre.
Ne parlons pas pour autant du surenchère stylistique même s’il est indéniable que Dark Legion pratique une Death Metal foncièrement moderne aux multiples breaks, changements de rythmes, je dirais presque aux multiples facettes si le terme n’était pas si péjoratif et synonyme de trahison, de prostitution d’autant plus que l’on ne peut pas dire que la démarche soit ici bâtarde ou visionnaire.
Commençons par les guitares qui comme d’habitude sont le principal moteur du Metal Extrême. Ces dernières semblent vraiment par moment être tombées aux mains de maniaques car, tout en restant très agressives et en ne rentrant jamais dans le mièvre et le couillu (comme le dirait si bien Sperm. S…) elles subissent des mutations et évolutions qui semblent parfois ne pas être destinées à connaître de fins : Le feulement des cordes laisse entrevoir des influences métalliquement larges à mi chemin entre des speed frénétiques furieux parfois dignes de Cannibal Corpse ancienne ou nouvelle période ; Des riffs très lourds qui semblent des fois être une interprétation moderne des ambiances oppressantes d’un Autopsy ou, de la froideur pesante d’un Obituary ; Des cascades d’accords ou de pickings étouffés judicieusement lacérés à l’harmonique paraissant tirées d’un croisement entre le Thrash le plus hargneux et la folie de Suffocation ; Des solos plus ou moins heavy metalisants qui savent rester agressif et ne pas tomber dans le fantasmagorique. Ajoutons à cela une sérieuse dose de dextérité et de maîtrise technique assez conséquente et, c’est ici qu’on peut constater à quel point un second gratteux fait toute la différence !
Pour les lignes de basses, pas grand chose à dire de plus car de manière suffisamment présente et efficace, elles suivent les fondations solides posées par les guitares.
Pas grand chose à ajouter non plus au niveau des fûts, ceux ci sont précis et chirurgicaux tout en se montrant violents dans leur martelage et variés dans leurs multiples changements de rythmiques et roulements. Mention spéciale à la double qui ferait disjoncter n’importe quel pace-maker !!!!!!!!
Enfin, les effluves qui s’échappent de la glotte ravagée de Mark sont un allez simple vers les gorges les plus inexplorées des enfers !!!!
Soulignons en dernière minute la présence de synthés très furtifs, souvent à titre de prélude qui renforcent le caractère impalpable de « Eternity Of Nothing ». 

A coté de tout cela, le groupe témoigne également de sa forte personnalité au niveau textuel.
En effet, dans la manière dont ils sont présentés, tout laisse à penser que les dix titres de cet album suivent une cohérence logique puisqu’ils sont regroupés en trois actes. Nous avons donc apparemment affaire à un véritable concept ce qui est plutôt rare dans le milieu du DM. 
Le premier track du premier acte traite de manière fort hostile de ce sur quoi les faibles basent leurs espérances et qui se nomme paradis puis, au fur et à mesure du cheminement des titres sur l’ossature, on en arrive au dernier acte uniquement nommé « Armageddon ». Inutile de rentrer dans les détails et de transformer cette reviews en pavé indigeste en stade terminal ; Laissons un minimum de plaisir à l’auditeur car tout le monde aura ici compris que le ton général est ouvertement antireligieux.
Tout semble dit ! Même si je ne me sent pas prêt à cocufier mon très cher « Gore Metal » d’Exhumed, j’apprécie cet album et je pense qu’il saurait convenir et intéresser tout amateur de DM qui sait parfois se désinhiber du simplisme d’un Six Feet Under.

Contact :
Dark Legion :
Mark Kalinka
ul.Grunwaldzka 575 A/3
80-339 Gdansk
darklegion@wp.pl
http://darklegion.rockmetal.art.pl

Dead Sun Record:
www.deadsunrecords.com
gurkkhas@aol.com

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