Brodequin
est une formation issue de la scène Américaine et, plus
particulièrement originaire de Knoxville dans le Tennessee. Elle
a été crée en 1998 par Jamie Bailey (Cinerary, Liturgy)
en qualité de vocaliste \ bassiste, par le guitariste Mike Bailey
et par le batteur Chad Walls (Pustulated / Enter Self). Ce trio enfante une demo en 1999 -demo ayant reçu un très bon accueil au sein des structures locales- avant de rapidement donner naissance à leur premier album, « Instruments Of Torture », un an après. Notons qu’après après la vacation de Chad Walls, Henning Paulsen, batteur dans Resection, a intégré les rangs. Il est difficile dans le cas présent de trancher de manière réellement chirurgicale pour étiqueter au mieux le style dans lequel officie Brodequin. D'un point de vu strictement personnel je qualifierais Brodequin simplement comme étant un combo de Brutal Death, dévoilant, de temps à autres, quelques minimes bribe sulfureuses propres au Grind le plus primaire et sauvage. Je trouve que la thématique qu'utilise ce combo est très intéressante car elle transgresse de façon relativement libre et personnelle les pesants, surgelés, préconçus et récurrents troncs communs du genre. Dans le lyrisme de Brodequin, tout semble, en effet, graviter autour des moyens de torture utilisés durant la période du moyen âge. Au premier abord, l’artwork de la pochette et, le nom « Instruments Of Torture » sont bel et bien ce qui pourrait qualifier au mieux la musique de ces Yankees : Une mise à mort cruelle, brutale et puissante, le tout sans aucune forme de procès, de pitié ou de mansuétude; Et, le constat est sans équivoque, très vite, l’on ne tarde pas, bien avant l’intégral engloutissement de la galette, à comprendre que Brodequin, paré d’une production délicieusement raw et poisseuse, conchiant avec insolence l’hégémonie conformiste de la majeure partie des productions estampillées Tampa Bay, fait amplement honneur au mouvement Death en terme de brutalité, de robustesse, cela sans aucuns artifices, exercices de styles et donc, sans pour autant renier une certaine fibre Old School aujourd’hui en voie d’extinction. La guitare, semblant avoir été plombée au pétrole lourd, déploie un continuum de riffs plus syncopés que le feu d’un peloton d’exécution dominé par une bonne demi douzaine de fusils mitrailleurs, concassé de palm-mutes plus harsch que les craquements d’une charogne démantibulée cédant sous l’écartèlement. Les passages plus modérés n’en demeurent pas moins barbares et offrirons aux tympans lapidés de l’auditoire autant de perspectives d’échappatoire qu’un troupeau de Hutus contraignant une fillette Tutsi à goûter aux joies d’un gang bang cannibalesque !! Concernant le jeu de Jamie Bailey, soulignons néanmoins, peut être à cause de la production parfois un peu faible de ce « Instruments Of Torture », qu'il n'est que trop peu présent, ce qui ampute, façon avortement artisanal au fin fond de la Creuse du XIIIé siècle, considérablement le reste de l'instrumentation de la profondeur cramoisie et tuméfiée qu'un jeu de basse, se voulant consistant, apporte habituellement à ce type de glaviot sulfureux. A l'inverse, c'est je trouve, la frappe de Henning Paulsen, véritable maniaque, qui procure à ce power trio, une force toute singulière; Ceci pas tant pour son aptitude psychotique à marteler intensivement les organes agonisants de son drum-kit, exercice n’étant aujourd’hui que trop commun et répandu, que pour sa faculté à contenir parfaitement bien, mais avec hargne, son jeu lors de passage mid tempo pour finalement, à nouveau, en l'espace d'une demi seconde, ré exploser furieusement avec une ardeur dévastatrice digne d’un sanibroyeur qui essayerait, patinant, gargouillant et crépitant, d’ingurgiter la carcasse de je ne sais quelle imbuvable obèse s’étant, perpétuelle digestion oblige, endormit sur le trône… Quant aux vocalises, semblable aux râles régurgités d’un hérétique supplicié qui sentirait le pal le plus inquisiteur repousser son petit déjeuner de la veille, vomirait une occlusion intestinale en guise de dernier soupir, que dire si ce n'est qu'elles me rappellent celles d'un Prostitute Disfigurement, agencées d'une manière un peu moins saillantes mais avec une dose de crudité bien plus authentique et infecte!!! Brodequin est donc en définitif une formation impressionnante, assez originale thématiquement parlant, même si sa prétention n’est absolument pas de révolutionner le genre. Support or die !!!! Contact : Verrukose Urethra |