
Concernant l'artwork, ce dernier semble être né d'une rhétorique des plus abouties en présentant une cover à la symbolique puissante et étrange dont le "Gold oder blut" résonne comme une alliance, dans la pureté, entre deux milieux (sataniste et nationaliste) très différents de part l'idéologie. Cet élément se retrouve d'ailleurs particulièrement dans la musique qui mêle mélodies augustes et que cris écorchés sans tomber pour autant dans un hétérogène décalé. Cependant, attention au amalgames, car il serait stupide de méprendre la portée réelle de ce genre de mise en scène à interpréter avec précautions. L'assaut commence donc avec "Winternacht", une intro atmosphérique laissant place à un discours sentencieux prononcé en allemand. Suit très rapidement "Geisteskranke Traume", la première attaque massive du groupe bombardant l'auditeur de riffs acérés, au son cru, surplombés d'une artillerie sauvage rappelant avec aisance toute la nostalgie d'une certaine époque où les choses furent accomplies avec rigueur et virtuosité. L'ensemble conserve même les quelques dérapages du guitariste qui étaient déjà présents sur le split; autant de petites imperfections témoignant de la fougue exacerbée du musicien animé par une fureur incendiaire annihilant toute raison sur son passage. L'assaut se maintient ainsi jusqu'à l'arrivée du premier riff "ulverien" de "Dunkler herrscher", titre d'une excellence rare ou s'enchaînent blasts beats martiaux, rythmes païens, saturations incisives et sons clairs. Les paroles sont hurlées et Engels prend bien soin de dissuader l'adversaire de toute contre-attaque envisageable en réitérant certains avertissements vocaux épris de spontanéité et de haine. "Verdammung", le 4ème track, déplace quant à lui le décor et tourne les regards vers l'esprit ancestral des forêts païennes. Un morceau beaucoup plus nostalgique, structuré sur des tempos lents et droits évoquant toute l' authenticité d'une marche sylvestre. Mais une fois de plus le rythme ne tarde pas à s'emporter et les cris de guerres de Engels se mettent à fuser tel une nuée de flèches trempées dans le sang de camarades tombés dans l'honneur et la fierté. Un véritable élan guerrier guide ce titre qui pourrait trouver sa place aux côtés d'un Graveland bien qu'il en diffère énormément par la forme, mais non par l'essence. Déferle ensuite "Klange des kampfes" un morceau mettant en avant l'usage de la guitare bass, mais faisant pâle mine au milieu des autres étant décidément d'une rare qualité. Bref, le feeling se maintient sur une gamme de riffs plus typée Absurd (folklore oblige), tout en demeurant respectable et personnel. Et c'est dans cette atmosphère de bataille que notre écoute est guidée vers l'apothéose finale de Gold oder blut: "Deutsche sonnenwende". "Deutsche sonnenwende" est La tuerie de l'album, un de ces morceaux mythiques qui constituent à eux seuls une raison suffisante pour acheter l'ensemble de l’œuvre dont ils font partis. Débutant sur une arpège libérée de toute influence spirituelle, il donne le coup de grâce en faisant appel à l'âme des morts allemands tombés en 39-45 au nom de la grandeur du 3ème empire teuton. Tous les atouts du groupe sont de la partie: montés en intensité fulgurantes, riffs galvanisés dont l'aura de pureté est une atteinte portée à toutes sociétés abâtardies par l'esprit et la morale du désert; le tout surplombé de rythmes d'une détermination déroutante. Un titre à l'essence authentique, proche de la perfection, menant incontestablement Barad dür au valhalla du black metal. En maniant avec élitisme un chant à mettre K.O Hendrik moebius lui même, Engels fait une fois de plus honneur à sa patrie. Une fois la bataille terminée, la musique reprend son ton initial en concluant sur le passage d'une sombre oeuvre cinématographique (dont j'ignore le nom) figurant aussi sur l'intro du "Destruction ritual" de Krieg. En bref, ce "Gold oder blut" porte en lui tous les signes d'une formation ayant quelque chose à dire et un combat à mener. Bien qu'il y demeure quelques erreurs de synchronisation entre les différents musiciens (imperfections qui apportent, je le trouve, un petit côté "terroir", très jouissif, à l'ensemble), les motivations sont belle et bien là revêtant la forme d'une aura créatrice qui, je l'espère, ne perdra jamais en intensité. Quant au reste, tout est dit, Barad dür mêle avec ingéniosité l'esprit de fierté nationale à la haine pure du black metal traditionnel, un mélange savant et homogène qui ne laisse présager que du bon pour le futur du groupe. HEIL BARAD DUR !!! No Fukking Contact. A.M.S.G. |