Encore et toujours, la scène du Nord Est de la Gaule s’érige tel un insondable vivier en matière de Black Metal ! En témoigne ce bestiaire sanguinaire étroitement affilié au très obscur label Lorrain Pâleur Mortelle Prod déjà évoqué dans le passé en nos pages.

Baël a vu le jour en 1998, dés lors, pas moins de six démos tape ont été enfantées ainsi, en 2002, qu’un Cd-r promo strictement limité à 60 exemplaire et intitulé « Deathly Pale » (la version tape de cette œuvre étant chroniquée ici même). Rapidement, cette galette va alors susciter l’intérêt tout particulier de certains labels, ce qui va aboutir à la réalisation du Ep « Le Règne Du Sang » chez Satans Millenium Recs à la fin de la même année, à une coopération avec Sombre Records lequel va offrir à la bête une participation sur le quadruple split Ep « Black Metal Endsieg III » et produire une live tape strictement limitée à 200 copies.

Suite à cette noire effervescence Die Unaussprechlichen Kulten Editions va collaborer en 2003 à la sortie de ce « Bleeding For Him » en format Mcd.

Conchiant (à juste titre) une bonne partie de la scène actuelle autoproclamée Black Metal, Baël n’encombre pas son Raw Black d’obédience fanatiquement satanique de détails mièvres et couillus et ce Mcd s’avère être un percutant témoignage de haine pure, de dégoût glorifiant la quintessence du grand cornu et la positivité de tout ce qui peut engendrer la décadence, le déclin puis la chute de notre espèce !

En témoigne « L’offrande », track d’ouverture qui tel une frappe thermonucléaire passe littéralement à la trappe toutes les conventions introductives en vigueur.

Dés les premiers instants, le nerf de la guerre réside en une annihilation sonore absolue, en un maelström manipulateur dénué de toute issue bénéfique !

Les riffs déféqués par Akhaeus, appuyés par un grain sonore aussi énorme que glacial, sont tous autant qu’ils sont les pierres enchevêtrées d’un écrasant mur sonore ! Cet élixir cauchemardesque sursaturé, pensé et distillé de manière fort traditionnelle mais au demeurant toujours aussi efficace, nous happe dans la furie d’un combat de tout les instants opposant l’atrocité sulfureuse d’accords minimalistes au possibles, rappelant une fois de plus le Graveland des premières heures, et constructions plus mélodiques infectés d’effroyables tragédies, d’émotions maudites.

Les percussions exécutées par un certain J. toutes aussi damnées suppurent d’un tel potentiel d’agression qu’elles semblent être l’oeuvre du seigneur guerrier le plus éminent des légions infernales ! Oublions la basique rapidité spatiale dont beaucoup trop de groupes font aujourd’hui preuve ! Le drum kit, dans son supplice nous délivre ici un véritable condensé de barbarie, un matraquage dénué de toute pitié qui redonne toutes ses lettres de noblesses au terme « brutalité » et cela qu’il s’agisse des incontournables blasts ou de fréquences rythmiques plus modérées !

Enfin, les vokills d’Aguares, vomis en français ou en anglais, sont à eux seuls tout un programme tant ils inspirent l’œuvre d’un maniaque désaxé en stade terminal de démence schizophrène ! Grand est le malaise ; L’on y ressent toute la haine obscurantiste du personnage, son absolue dévotion au culte, exacerbées par un timbre déchiré porteur d’une aura dépressive, angoissée proche des plus grands représentants des Black Légions…

En somme, ce n’est pas pour rien que lorsque l’ami Kurgan évoque le cas Baël il affirme, je cite : « Un des rare groupes au monde arrivant à concilier de la sorte les atmosphères les plus malsaines et la violence la plus apocalyptique !!! (…) Avec Baël, nous sommes au bord du précipice s’ouvrant sur les gouffres abyssaux de la folie et des tourments de l’âme humaine !! (…) ». Il suffit de se prendre en particulier le très désespéré « Ma Destruction » clôturant ce Mcd pour corroborer ces propos !!!!

Je crois que tout est désormais dit ! SUPPORT OR DIE !  

Contact :
BAËL
c/o P.M.P
9 Rue De Brest
54180 Heillecourt
France

Sperm. S.