C’est en la fin de l’an de discorde 1993 que le monstre de brutalité qu’est Antaeus commence à pousser ses premiers soupirs.  Conçut et imaginé au départ comme un one-man band par Alex _ le compositeur de Tragos Adein_  , Magus Munkir alias MkM et, Piat alias aka Antaeus ne tardent pas à integrer les rang de l’entité respectivement en tant que vokillist  et, guitariste.

Alex, l’instigateur de ce dessein avait pour tâche d’assurer les parties de basse mais, étant lui même membre de Blut Aus Nord, il dut rendre les armes pour se joindre à l’enregistrement du premier album de ce dernier.

Antaeus se trouva livré à lui même, MkM et Piat prirent les flambeaux, dés lors Haine et Satan devinrent les deux moteurs dominants du groupe ; Antaeus devint l’expression d’une dévotion sans limites envers l’ultime noirceur de par son nihilisme, son chaotisme, sa volonté auto destructrice, la manipulation…

Les deux maîtres d’œuvre de l’époque optèrent , pour s ‘exprimer pleinement dans cette optique, pour un style resté ancré dans ce qui se faisait au début des années 90 ; Période qui symbolisera à jamais une implication plus sérieuse et sincère dans l’UG. 

Antaeus ne tarde pas à répandre les premières effluves de son haleine morbitaire dans les abysses les plus sombres de la scène parisienne puisque toujours en cette noble année 1994 voit le jour un premier enregistrement ; Cette première offrande fut très confidentielle et, l’on peut véritablement parler d’un objet de culte : Les percussions étaient assurées par une boite à rythme tandis que Piat assurait les vokills ; Le nombre d’exemplaires fut limité à l’extrême ; Le son et la qualité de l’ensemble étaient très minimalistes et médiocres…. Bref, un très pur produit de Total UG BM !!!

Renforcés par cette première mise en abîme, le duo ne tarda pas à s’entourer d’un véritable batteur et d’un bassiste : Respectivement Aka Storm  et, Black Priest. Antaeus devint enfin une unité et, de cette sombre copulation naquit une fois de plus la même année  la première véritable démo du groupe ; Demo avec laquelle MkM et ses troupes se rapprocha beaucoup plus de ce qu’il désirait originellement prôner et exposer. C’est véritablement à partir de ce blasphème qu’Antaeus dévint un groupe de True Raw UG BM de par son atmosphère subversive, sulfurique et, la férocité brute et sans concession de son instrumentation.

Cette œuvre permit au groupe de commencer à bénéficier d’une certaine notoriété au sein de l’UG et donc de diffuser sa folie fanatique, sa satanik propaganda manipulatrice, son dégoût pour la condition humaine… Cela en rassemblant un pôle d’adeptes dévoués et pervertis, en donnant de nombreuses interviews…

Parallèlement à cette ascension inéluctable vers les arcanes les plus inavouables du terrorisme spirituel, de l’avilissement et de la perversion de l’être et de ses fragiles encéphales, Antaeus ne se fit pas que des sympathisants. La compétition est une spécificité française et, plutôt que de rester unis pour la survie de la scène, trop nombreux sont ceux qui se livrent un combat sans merci pour des causes souvent similaires… Antaeus ne fit pas exception et n’echappa pas à la coutume et, dés 1996, le kamp de MkM dut essuyer attaques et offensives massives.  

Ce contexte d’agressions, de critiques acerbes et de tensions sur la scène française n’empêcha pas Antaeus de sortir en cette même année 1996 « Supremacist Dawn », sa seconde démo ; Demo dotée d’une qualité médiocre, qui a subit quelques problèmes de distribution du fait d’un boycott massif et, que le groupe a depuis longtemps renié probablement pour rejeter une implication militante antérieure, un passé un peu trop bordelique en terme de changements de line-up, de trahison, de coups bas….   

Impossible d’évoquer les tourments de l’année 1996 sans évoquer l’affiche partagée au Gibus avec Despond, Apocryphal et Flystrike ; Monument de Brutal Black/Death majeur dans l’histoire d’Antaeus puisqu’il marque le fourbe départ de Hheer _le bassiste déjà présent sur « Supremacist Dawn »_ peu de temps avant l’assaut ; Mais, pour l’occasion Set rejoint la division apocalyptique ce qui marque, pour l’avenir, le début d’une collaboration durable . L’alchimie opère et, le groupe offre une prestation courte mais brute, intense, violente et sans fioriture ni artifices théâtraux.

Antaeus se fait de plus en plus determiné, intégre et crédible mais, les détracteurs persistent dans leur véhémence ; Les pressions entraînent une fois de plus tensions et changement de line-up puisque Piat, qui était pourtant l’un des membres fondateurs, se révéle être un infidéle opportuniste et quitte Antaeus après un concert en première partie d’Impaled Nazarene.

La guitare étant vacante, Set _ayant déjà largement prouvé sa dévotion absolue à la cause poursuivie par la horde_ va en devenir le tortionnaire.

Vont s’ensuivre des mouvements de personnel assez tumultueux avec des intégrations plus ou moins temporaires pour enfin aboutir à une certaine stabilité avec l’arrivée d’un bassiste de bon niveau.

De nouveau prêt à reprendre les hostilités, Antaeus va dés 1997 vomir sa haine et sa rancœur sur un certain nombre de compilations ; Le titre « Daemon » va en effet apparaître sur la compil « Metal 13 » et, surtout sur la très massive et cultissime « Encyclopédia Pestilencia » _véritable condensé de violence et d’esprit underground_ enfantée à l’initiative du défunt Velvet Music International/Impure créations. 

1998 marque la naissance du split demo avec les tueurs parisiens  d’Eternal Majesty _L’un des derniers maillons de résistance True BM français que MkM respecte et considére comme sincére, authentique, intègre._

La prestation d’Antaeus se compose ici, outre l’intro, de « Blasphème through Bleeding » et « Whenever I’ll Lay », deux titres live  très raw et brut au son hideux et repulsif quasi inaudible ; Ainsi que « Devotee (psychic) » et « Those With No Eyes », plus accessibles et, dans l’absolu terriblement représentatifs de la quintessence impie, maudite et suppliciée du groupe. 

Dés 1998 le line-up d’Antaeus composé de Set et Thorgon aux guitares, de Storm (Alias Yov également grinder chez Sublime Cadaveric Decomposition) à la batterie et aux fx, de Sagoth à la basse et, de MkM aux vokills bénéficie d’un aplomb durable _Fait non négligeable qui jusque là faisait défaut au groupe_

Cela va indiscutablement permettre de donner de l’ampleur et de l’efficacité à « Rekordin 2000-1 », mini cd à la base destiné à la promotion, puis distribué et strictement limité à 500 exemplaires ; Mcd enfanté avec la collaboration de End All Life _Label culte fermement décidé à rétablir la suprématie du vinyl au sein de la scène BM underground_  et de SpikekulT _Label/distro dirigé par MkM lui même_ .

La durée de la galette est très sommaire puisqu’elle ne contient que deux titres mais, le contenu est tout bonnement jouissif. Antaeus prouve une fois de plus qu’il est capable de retranscrire concrètement ce sans quoi le Raw Black Metal serait vide de sens et stérile : Le malaise.

Antaeus s’érige en défenseur du but initial, trop souvent déformé, trop souvent souillé et dénaturé.

Bien que très courte, cette galette impure est un véritable concept à elle seule puisqu’elle traite très explicitement de ce qui semble être l’un des thèmes de prédilection du groupe : La destruction suicidaire de l’être par la manipulation …

« Rekordin 2000-1 » débute par une intro hautement malsaine aux ambiance morbides, où s’entrechoquent dans un maelström sans fin clameurs souffrantes, soupirs de désespoir, effluves de désolation... Cette accalmie momentanée est la première étape de l’initiation et, est particulièrement propice à la perversion ultime et préparatrice de l’esprit ; Etape préalable à la délivrance face à un état de famine et de vide...

Cette intro laisse très vite entrevoir l’arrivé imminente du premier véritable track : « Inner War »  puisque, au départ quasi sourde, la barbarie instrumentale du groupe prend très vite le dessus pour exploser avec l’arrivée des vokills. C’est au stade de cette seconde étape de l’initiation, dédiée à l’affliction mentale et au vortex maladif de la moralité, que les profanes succombent et, que tout adepte de Ultra Raw Black Metal y trouve orgasmiquement son compte ! Impossible de ne pas se délecter de l’aura infecte du groupe ; de l’incroyable aversion qu’il dégage ; de son intégrité musicale qui pousse le Brutal BM dans ses derniers retranchements, là où les frontières entre Death Metal et Black Metal sont restées minces  ; De son authenticité idéologique exprimée par le texte qui répand déjà à l’époque et, bien avant le premier album, la trademark du groupe : « Cut Your Flesh  And Worship Satan ». 

S’ensuit, quasiment sans le moindre répit, « Seventh Ceremony », allégorie parfaite des rituels de la chair se mariant aux rêves bouillonnants avec fureur dans les profondeurs intraveineuses de l’être. Cette seconde atrocité _très proche des méfaits les plus bruts et crus de la scène australienne_  est évidemment dans la lignée de la précédente et renforce le sentiment qu’Antaeus n’est pas et, ne sera probablement jamais disposé à s’extirper de l’extrémisme le plus sombre de notre noble underground : Les vokills ne font une fois de plus preuve d’aucune miséricorde, ils  sanctifient la chute de l’homme immonde et de sa faiblesse en alternant avec violence et brillance intonations Death et BM ; Les cordes qui tendent en chaque riff à propager le chaos possèdent un son à la fois massif, puissant, et, empreint d’un primitivisme rustique ; Les percussions  sont en accord avec tout cela et atteignent parfois un tel niveau de pilonnage qu’elles ont souvent values à Antaeus une étiquette Grind/Black.

Cette Suicide Propaganda sonore se termine comme elle a débutée : dans l’oppression et la souffrance, mais le dénouement est ici salvateur ; Cette outro est l’étape suprême, elle est le dernier palier à franchir pour rejoindre le cercle des initiés.                

Ce Mcd va rapidement produire l’effet escompté et divers kamps ne vont pas tarder à s’intéresser de prés à MkM et à sa cohorte sanguinaire  _y compris certains journaux spécialisés orduriers qui ne seront pas nommés en ces pages pour ne pas salir le nom de ce site_ . L aura morbide d Antaeus va très vite séduire Killjoy au point d obtenir un contrat pour trois albums jusqu en 2003 sur Baphomet Records.

Sous l’étendard de cette nouvelle collaboration ne tarde pas à voir le jour en 2001 un premier album intitulé « Cut Your Flesh And Worship Satan ».

Cette première tuerie officielle qui à probablement provoquée des séquelles incurables chez tout auditeur non préparé se veut être selon MkM « la version brute de son offrande initiale » ; Elle est l’expression musicale la plus absolue de la devise inaltérable d’Antaeus et de certaines coutumes mutilantes qui ont bâtit une partie de sa réputation  _L’artwork originel représente d’ailleurs un torse lacéré dévoilant les mystères de ses chairs_.

C.Y.F.A.W.S incarne un visage extrêmement brut et minimal du groupe. Cet album traduit en effet dans sa conception un chaotisme insondable et, dans son processus de création une très grande diversité. Les amateurs et adeptes de longues dates ne s’y tromperons pas : C.Y.F.A.W.S. renferme des titres représentant différentes époques et divers intervenants et changements de line-up.

Il n’en demeure pas moins qu’il reste une excellente opportunité pour (re)découvrir le parcours et une certaine partie du répertoire du groupe :

Ainsi les hostilités débutent par les dévastateurs « Inner War » et « Seventh Ceremony » déjà présents sur « Recordin 2000-1 »  lesquels sont d’ailleurs une excellente entrée en matière puisque le premier de ces deux track contient explicitement le message que la horde veut ici faire passer.

Les derniers soubresauts de l’outro de « Seventh Ceremony » servent d’introduction à « Devotee » puis s’ensuit, après un sample ultra saturé et sentencieux,  « Those With No Eyes ». Ces deux titre renvoient à l’époque du split démo partagé avec Eternal Majesty et, même si il y a ici peu de différences avec le contenu du Mcd de 1999, la production se fait un peu plus obscure, le son des guitares est beaucoup moins massif, plus crade, les consonances vocales sont sensiblement différentes, moins écorchées, mais elles restent nettement attachées au Black/Death ; A l’image des riffs, la batterie se fait un peu moins brutale et cassée dans son martèlement, elle s’inscrit dans un style beaucoup plus linéaire et rapide…

Ponctués de samples introductifs sadiques plus ou moins longs, « Specimen 23 », « Bleeding Blasphemy » et, « Nihil Chaos », les trois tracks suivants n’ont de cesse de transcender l’esprit pervertit de l’auditeur dans un pilage qui mêle avec plus de diversité plans purement Black/Death et, atmosphères, touchers beaucoup plus proche du BM traditionnel ; La violence est ici beaucoup moins radicalisée même si l’approche antimélodique et l’identité chaotique d’Antaeus restent intactes.

« Daemon » _probablement l’un des blasphème les plus connus d’Antaeus_ ferme la marche dans une version live post-nucléaire totalement délurée et vicelarde déjà éditée sur la cassette « Live 999 » ; Illustration parfaite de la violence crue, satanique et déshumanisée qui guide le groupe ; Démonstration  exemplaire d’une brutalité live malsaine et impitoyable.

Que l’on aime ou que l’on déteste Antaeus, il ne fait aucun doute que ce joyau dédiée à tout freakz qui se respecte est vraisemblablement l’une des œuvre les plus sincère, bestiale et dévouée à la cause qui ait été vomie sur notre hexagone.

Cette première coopération et ce premier album permet à Antaeus de commencer à se faire un nom aux USA, d’entrer en contact et de collaborer avec un certains nombre de légions américaines. Le groupe s’érige comme une plate-forme de soutient en Europe à l’égard de groupes tels que Demoncy ou Thornspawn et inversement.                                                                         
Hélas, Antaeus comprends très vite qu’il ne faut pas en attendre de trop de la part du jeune label Baphomet Records. Antaeus n’obtient pas le soutiens espéré autant en terme de promotion, que de distribution… Le groupe quitte donc les rangs du kamp de Killjoy pour rejoindre ceux de Osmose Prods. Par cet acte, une fois de plus, une partie de notre UG hexagonal sombre dans une obsolescence conflictuelle tumultueuse ; Opposition grotesque qui ( même si Osmose compte dans ses prods des merdes telles que anorexia nervosa…) reviendrais  à qualifier de pollueurs commerciaux des groupes tels que Blasphemy, Profanatica, Angel Corpse, Arkhon Infaustus, Sadistik Exécution…  Une fois de plus, cela n’entachera pas la quête et les activités d’Antaeus. Aimer se faire haïr et bâtir sa puissance sur cette haine est une force de caractère !                                                                                        

Ainsi, la horde va participer à la compilation Ep  «SPK Kommando »  avec le titre « Blood War III ». Il est quasiment inutile de préciser que le commanditaire de cette noble pièce de terrorisme et de satanik propaganda n’est autre que Spikekult. Dans cet élan Antaeus va également enregistrer quelques titres pour figurer sur un Split partagé avec Necrofagia.

Parallèlement à ces apparitions sporadiques, Antaeus prépare dans l’ombre son second méfait déjà annoncé comme repoussant les limites de la violence et toujours très fortement attaché à l’art de vivre qu’est le satanisme.
C’est finalement en 2002 que « De Principii Evangelikum » éclate sournoisement à la face du monde.
Une seule et unique écoute de cette rondelle démoniaque suffit pour réaliser à quel point les diverses rumeurs alléchantes qui circulaient à son sujet, les diverses informations délivrées au compte goutte disaient vrai ! Ce second album est un monument de férocité bâtit sur un gouffre sans fonds de subversion ! A l’image d’une des ancienne réalisation du groupe, cette œuvre aurait parfaitement pu être baptisée « Satanik Audio Violence » ! Ce constat s’impose en tout points.
D’un point de vue conceptuel et idéologique, « D.P.E. » va beaucoup plus loin que son prédécesseur : La où « C.Y.F.A.W.S. » s’exprimait de façon très brute, était un hommage sanglant, certes dévoué mais très impulsif, ce nouvel opus traduit une dévotion sans limites ni failles, un fanatisme total pour le culte. La comparaison des artwork  offre un parfait exemple de cette radicalisation : Il représente un détail de Notre Dame d’où se détache les formes d’une nonne. Cette dernière subtilité se veut être une allégorie de fanatisme et de dévotion, ces deux termes étant ici évidemment deux moteurs conceptuels étroitement liés. De plus, les tons, bien qu’assez sombres, inspirent une hémoglobine des plus fraîche et profonde, ce qui ne relève pas non plus du pur hasard tant cette teinte est symbole de violence, de force, de sacrifice de soit ; Elle est également un lien cohérent avec « C.Y.F.A.W.S » ou d’autres réalisations…         

 L’aspect lyrique s’inscrit évidemment dans cette logique. L’utilisation pour cet album de termes de la sémantique religieuse renforce très nettement cet aspect d’adoration blasphématoire, aspect qui pour « C.Y.F.A.W.S. » ne résidait que dans le mot « Worship » du titre. Ainsi par exemple « Wormz on Day VI » traite de la création divine, « X nave Kathedral » et « Xristik Throne » s’en prennent aux icônes… De plus, les textes ne sont pas laissés pour compte et figurent dans le packaging (Ce qui n’était malheureusement pas le cas pour le premier album …), l’on peut dés lors pleinement apprécier la brutalité scripturale de MkM et découvrir que le gospel satanique affilié à Antaeus réside en une négation absolue des valeurs actuelles ; Valeurs étroitement liées en tout lieux au système social. 

Musicalement, l’artillerie lourde à évidemment été utilisée pour appuyer cette rage face à cet état de fait détestable et là, c’est la claque qui, si elle ne tue pas les auditeurs les plus avertis les rends forcément plus fort !!!! 
La progression d’Antaeus est proprement effrayante et colossale et cela, autant au niveau de la maîtrise technique, de la dextérité que de l’efficacité, de la recherche du chaos et de la tension. Le toucher et le feeling général se fait aussi précis et vicieux que la morsure du scalpel.
Cela n’est pas sans rappeler la dernière monstruosité d’Arkhon Infaustus  même si les styles restent très differents...

Les cordes se diversifient et laissent transparaître des influences qui laissent une place beaucoup plus larges au DM que sur les précédentes réalisations  _le premier riff de l’album qui est également repris à titre d’outro fait par exemple clairement penser à certains plans que l’on peut trouver chez les groupes Brutal Death de Floride_ ; Elles exploitent également des domaines jusque là inexplorés par le groupe notamment par une utilisation plus importante de palm-mute, de speed picking… ce qui crée indiscutablement une aura musicale beaucoup plus contemporaine et moins basique et simpliste qu’auparavant. Les riffs se déployant d’une façon beaucoup plus succincte et moins en longueur, le rythme d’ensemble reste évidement très soutenu mais, en même temps se développe d’une façon beaucoup plus concassé et moins linéaire que par le passé ce qui permet à Antaeus de franchir un échelon de brutalité supplémentaire dans son art : Les blast beats de Yov, qui plus que jamais laissent entrevoir son goût prononcé pour le martèlement grind et l’annihilation de cymbales,  sont perpétuellement ponctuées de roulements primaires et crus ce qui produit l’effet d’un hachoir clinique et sans merci. Les vokills n’échappent pas à cette effroyable mutation et, sur ce point il est difficile de ne pas faire un léger rapprochement avec ce que l’on peut entendre sur « Filth Catalyst » d’AI : Les intonations des phrasés qui ponctuent « D.P.E. » sont beaucoup moins criardes et beaucoup plus sadiques, déterminées et fermes que dans le passé ; Cela tant au niveau des consonances DM que BM. Chaque parole cérémonieuse ici proférée produit l’effet déchirant, et meurtrier d’un coup de lame vif et précis. Enfin, le dernier détail qui a son importance concerne les samples : Ces derniers qui sont l’œuvre de Yov et qui constituent aujourd’hui une spécificité d’Antaeus sont ici aussi bien présents et, toujours aussi malsain mais, à la différence de « C.Y.F.W.A.S », ils sont beaucoup moins nombreux et longs. Cette seconde offrande de Brutal Satanik Black Death Killer ne fait qu’imposer un peu plus la suprématie et la qualité grandissante du groupe et, prouve contre toute attente que la signature avec Osmose à été plus que profitable, que malgré ses multiples détracteurs, Antaeus s’érige tel un inébranlable bastion de résistance au beau milieu d’une scène corrompue.

En cette noble et même année 2002 sort en collaboration avec le très jeune Label Nancéen Pâleur Mortelle Productions un split mlp strictement limité à 350 exemplaires regroupant Antaeus et le groupe français Aosoth. L’art d’Antaeus regroupé sous l’appellation « Wrath Of the Evangelikum » dévoile quatres titres capturés live à Paris le 21 mai 2001 et donc, avant la sortie du second album. Même si « Inner War », « Blood War III », „Seventh Ceremony“ et, “Devotee” ne seront pas inconnus de ceux qui n’ont pas découverts Antaeus avec “D.P.E” puisqu’ils renvoient au passé de la horde, ils restent une excellente occasion de déguster la violence pure et le pouvoir subversif du groupe en public ; Cela avec une qualité sonore bien plus massive et audible que sur les précédents assauts live du groupe. 

A noter que l’artwork est dans la continuité de celui qu’ entretient Antaeus sur le second album, le même créateur en étant également responsable. Sous la dénomination « Within the Angles of the Path of The Left », Aosoth délivre trois titres d’un True BM Old Vein emplit de haine, aversion, violence, noirceur…  Aosoth n’est pas là pour innover et, développer moult menu figures de style arty et pompeuses, sa démarche est sincère, authentique, très conservatrice . Ce split, sans être ce qui se fait de plus inoubliable reste malgré tout une bonne pièce de Raw BM : On ne se lasse pas du martelage sectaire, malsain et sans répit d’Antaeus et, l’on prends plaisir à découvrir une nouvelle cohorte qui reste pour le moment obscure mais qui devrait assurément faire couler de l’encre à l’avenir et apporter sa contribution à la préservation du BM hexagonal.

Contact :
Antaeus

6 bis Avenue de Saint Germain
78600 - Maisons Laffitte
FRANCE

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AntaeuS@multimania.com

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