The Beast « Pacta Conventa Doemoniorum » (2004)

Comme je l’ai déjà écrit auparavant, si je ne suis aujourd’hui plus du tout preneur de la substance métallurgique d’Enthroned devenue, à mon sens le plus strict, un peu trop irréprochable, esthétique et surfaite, certains side projects de ses membres, plus particulièrement ceux de Nornagest, en ce qu’ils suppurent de cette crasse éculée, de ce souffre barbare, de cette noirceur hermétique et de cette violence animale que je recherche insatiablement, sont, en revanche, loin de me laisser indifférents.        

J’ai déjà eu, en 2004, l’opportunité de vous vanter les mérites de Plague ayant craché à la tronche de l’underground un « Visions Of The Twilight » jouissivement nihiliste, totalitaire, et, Old School à en pousser Zemial à copuler avec Darkthrone, le temps m’est désormais venu, en cette délicieuse et évocatrice journée nationale de lutte contre la lèpre, d’évoquer The Beast.

Il est possible que la plupart d’entre vous ne connaissent de cette entité que le Ep « Fixed By The Devil » parut, si je ne m’abuse, en 2002 chez Nigra Mortis Records, sachez donc que, bien antérieurement, ont vues le jour deux premières démos tapes, à savoir « Pacta Conventa Doemoniorum » en 1996, puis « Him » deux ans plus tard, et que, vous l’aurez de fait compris, la présente tape, estampillée D.U.K.E. au fer rouge et tirée à 500 exemplaires, n’est autre qu’une réédition du fondateur glaviot.

Selon les propres termes de Nornagest, The Beast [bien que cet opus soit l’œuvre d’un duo et que, par la suite, la bête s’adjoindra les services d’un troisième maniaque] se veut retranscrire sa vision propre et personnelle du satanisme ; Satanisme qui, envisagé selon la forme la plus noire et décadente qui soit, se fonde sur la glorification de tout ce qui lui est plaisir, de tout ce qui, à l’inverse, ne suscitera que dégoût et répulsion à la plèbe la plus pure et bienséante… et, il vous suffira d’introduire cette putain de tape dans la poubelle vous servant de lecteur, ne serait ce qu’une fraction de seconde, pour que ce sombre dessein se révèle à vous de façon quasi physiquement palpable.

Le préalable initiatique qu’est « Preludium » relève, à lui seul, d’une immersion cérémonielle si asphyxiante, maladive et endoctrinée, qu’il suffirait à pousser le (les ??!?) taré(s) liquéfié(s) du bulbe de Dapnom à se jeter dans les bras du pardon catholique avant le suicide… Et, sur les cendres de ce crasse rituel vaporeux où le dogme de l’eucharistie, outre sa pompeuse symbolique séculaire, aurait enfin été compris au sens strictement cannibale du terme, retentit une essence infiniment plus pénétrante, manipulatrice et dangereuse que celle que nous servent actuellement bien des brebis fondamentalistes métalloïdes ; Essence qui, à la fois majoritairement éthérée et étrangement dense, semble défier les lois de la pesanteur la plus insupportable et oppressante, distillant des riffs cramoisis, improbables, gavés de larsens ulcérés, dans le sillage direct des plus écœurants miasmes d’Abruptum, et, dont la seule écoute un peu trop soumise ou incrédule aboutira à rayer le nom de l’être faible du livre de vie, à le laisser choir vers l’étang de feu et de souffre, à le conduire vers sa seconde mort…  Essence sachant néanmoins, de façon d’autant plus agressive qu’elle est généralement aussi fortuite qu’imprévisible, exploser en une folie épileptique absolue qui, l’effort de production, digne d’une éjac’ faciale d’acide chlorhydrique, aidant, ne sera pas sans rappeler aux plus flingués d’entre vous les ancestraux spectres sanguinaires de Von, Blasphemy Conqueror ou Beherit, lesquels, à nouveau intronisés, se concasseraient, ici, en un stupre furieux et acharné digne des tourments éternels des lâches, renégats, dépravés, assassins, impurs, sorciers, idolâtres, et autres hommes vertueux de mensonges, macérant aux cotés du Diable, leur séducteur, de la bête et du faux prophète en les affres de la Géhenne précitée…

Les vokills, à l’image de ce maelström fanatique, sont spectraux, lointains, décharnés et froids comme la mort, se révélant aussi introspectivement possédés qu’une âme qui, cerclée d’abîmes aux confins du royaume impie, se laisserait charmer par les cohortes de bestiaires hideux qui, y croupissant, l’exhorteraient à la fraternité, aussi hypnotiques que la contemplations de ces gouffres assouvis qui s’embraseraient alors de tourbillons enflammés et, de cris déchirants exhalant une joie insupportable… 

Somme toute, si vous et vos compagnons avez reniés dieu… si vous avez adorés le prince des démons sous la forme d’une chèvre noire hideuse et contrefaite… si vous l’avez invoqués… si vous avez réclamés son aide, alors procurez vous cette tape ou, retournez au Père-Lachaise vous palucher le gland avec quelques goth-sluts imbuvables autour de je ne sais quelle folklorique littérature passionnée de basse fosse…
  

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D.U.K.E.
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39800 Le Fied
France 

Sperm. S.