Orthanc / Nordum
« 7 ans de reflexion » / « Vengeance Humaine » (2004)

Crénons ! Je m’étais déjà pris une généreuse latte dans les roustons en recevant « United By The Runes », excellent Split Tape dévoilant un Eihwaz plus auguste, noble et inquisiteur que jamais et, un Searing Skull tout aussi fantastique dans sa quintessence glaciale et païenne ! Achtung ! Voici que Korosiv Distro Prod récidive de façon tout aussi pro et intègre en sortant concomitamment de ses forges encore fumantes cet autre Split tape réunissant Orthanc et Nodum !

La marche triomphante débute avec Orthanc, entité qui m’était jusqu’alors totalement inconnue.

Bien Qu’il s’agisse ici de sa première véritable démo, ce groupe empruntant le nom de la tour où trône Saroumane dans l’œuvre de Tolkien et, s’élevant au milieu de la plaine fortifiée d’Isengard, à la limite Sud des Monts Brumeux et, prés de la rivière Isen, est loin d’être un nouveau venu sur la scène. En effet Orthanc s’est fondé début 1995 sous l’impulsion du Maréchal Glaurung et de Adanedhel mais, après avoir donné naissance à une dizaine de morceaux et exécuté deux concerts, le groupe se sépare prématurément en 1997. Il faudra alors sept ans au Maréchal Glaurung pour se décider à reformer la bête désormais appuyée d’un membre de Valsblut aux cordes. D’où le nom de cette démo composée d’anciens morceaux réenregistrés, strictement limitée à 732 exemplaires et, également disponible sur format Mcd chez Musique et Tradition.

L’énigmatique intro qu’est « Tour De Garde » est des pus spartiate mais, sa sombre et authentique alchimie laisse clairement entrevoir que la musique d’Orthanc va regorger de froideur, de nostalgie, mais aussi d’une haine insondable et haute en symboles ; Présomption que « The Dark Crusade » vient rapidement confirmer.
Un jeu de cordes simpliste, certes, mais résolument conquérant qui, de part une opposition forte et de tout les instants entre la violence combative la plus sulfureuse et, la nostalgie la plus fédératrice et glaciale, emprunte incontestablement à la sémantique païenne de l’art noir ; Des percussions ne sombrant pas dans les excès et préférant le plus clair du temps adopter la quintessence lancinante d’une frappe martiale privilégiant la double caisse plutôt que l’épilepsie des blast-beats ; Et, des vokills écorchés, sacrifiés sur le champ d’honneur, accordant, soulignons le avec fierté, une place d’importance à notre prodigieuse langue française, chose de plus en plus rare actuellement ; Surtout lorsque le phrasé est audible !

Tout cela contribue, vous l’aurez comprit, à créer une essence très pure et noble qui n’est pas sans rappeler, à son échelle encore modeste, certains hauts dignitaires de notre scène hexagonale qui au travers des ages ont fait toute notre fierté. Ce n’est en conséquence pas un hasard si Orthanc dédie cet enregistrement à la scène française du début des années 90s, s’il nous offre, aux cotés d’une reprise de « La Rose Et Le Marbre » de In Articulo Mortis (totalement inconnu au bataillon pour ma part…) une fantastique et vocalement démentielle version de « A Srtife… A Victory » de Kristallnacht et si, entre quelques autres participants, Over Lord Nasty Methateos, du cultissime et sublime Blessed In Sin, pose quelques lignes de chant privilégiées.

Suite à cette très intègre et revigorante découverte, que je ne manquerais pas de suivre de prés à l’avenir, une entité qui m’est beaucoup plus familière reprend le flambeau et, c’est avec un plaisir des plus avide et peu commun que je découvre ces quatre nouveaux tracks de Nordum ; Plaisir que je ne peux néanmoins préserver d’une certaine amertume puisque ce nouvel opus enregistré par Sheriald Nordum en août 2003 marque la fin définitive de ce monolithe cryogénique qui m’avait tant troué le cul au fil du temps et, de ses réalisations. Accueillons en conséquence cette ultime révérence avec respect et dévotion car, ce « Vengeance Humaine » nous dévoile l’œuvre la plus aboutie, solide et robuste que la bête ait enfantée jusqu’alors.

Appuyé par une prod énorme sachant néanmoins conserver l’aura raw et glaciale de Nordum, c’est à un véritable déluge de haine et de froideur que nous avons ici droit.

Que ce soit sur « Ombrage », « Enfant De Putain » ou, « Le Seigneur M’a Trahit », les riffs sont tout bonnement massifs, de véritables avalanches d’un givre assassin transpirant de nostalgie, de dégoût ou de rage primitive pure ; Les percussions calées à la perfection et avec une volonté claire de relief sont écrasantes et, chaque frappe résonne tel un pilon déshumanisé ne désirant que répandre mort et chaos sous sa détermination implacable ; L’organe vocal semble retranscrire des souffrances lointaines étouffées dans un blizzard sans nom et, cela autant pour les vokills suppliciés et perçants que concernant certains essais en chants clairs distants et très réussis ; Enfin, les quelques synthés ajouté exacerbent le tout tant ils sont hyperboréens et désespérés.

Cette agonie sonore se termine avec une nouvelle version du « Le Déclic Du Mal » à l’écoute de laquelle je ne peux m’empêcher de me remémorer l’excellente tape du même nom et, me dire que, comme à l’accoutumée, Nordum parviens à surprendre son auditorat le plus fidèle…. Espérons que de ces cendres naîtra une nouvelle entité toute aussi authentique !

En somme, voici donc une excellente tape indispensable à mon sens, autant pour s’abreuver du fantastique testament de Nordum, que pour découvrir Orthanc sur lequel il faudra, pour sûr, compter à l’avenir. Une tuerie une fois de plus enfantée à l’initiative de K.D.P. ! Hail & Support !

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Sperm. S.