oOo « S.T.N Nuclear Generation » (2006)

Déjection misanthropique de son unique créateur, K.W.Y aka Peste, oOo ne veut rien dire. Comme l’intéressé daigne l’expliquer dans son inlay : « This project doesn’t have any name because of my will of nothingness » Tout un programme… Précisons tout de même que ces lourdes déclarations profondément philosophiques côtoient deux clichés narcissiques présents sur le layout, cherchez l’erreur !!! 

Fort heureusement, l’intérêt de « S.T.N Nuclear Generation » ne réside en aucune manière dans le matériel, mais bien dans ce que la galette propagera dès lors que vous l’aurez inséré dans la platine. Car pour une première démo, oOo offre aux maniaques de l’UG un Black Metal froid, et indus, rageur et implacable comme en faisait Mysticum en 1996 (et quelle putain de référence s’il vous plaît !!). Une surprise de taille de la part d’un illustre provocateur virtuel, si vous voyez ce que je veux dire… Mais ne nous avançons pas plus avant dans ces commérages dignes des plus hautes palabres des fora BM et intéressons-nous au principal. 

Dès les premières secondes du morceau originalement (osons le dire) intitulé « Industrial Human Genocide », on se fait broyer les balloches par le poids métallique de la musique de oOo. Boîte à rythme frénétique, inaltérable, elle vous pilonnera la boîte crânienne jusqu’à la fin des 20 minutes que dure la démo, ce grâce à la présence d’un membre session s’occupant exclusivement de la rythmique et des sons additionnels. Habilement agrémentée de percussions indus et sonorités electros discrètes, la programmation reste néanmoins assez simple pour le genre. Mais réflexion faite, c’est ce qui colle le mieux à ces riffs typiquement scandinaves. D’une linéarité plus qu’évidentes, ils n’en séduiront pas moins les nostalgiques dont je fais partie. La troisième force de la démo réside dans des vokills charismatiques d’une rageur presque palpable. Notre ami K.W.Y hurle sa haine à la gueule d’une humanité qu’il promet au génocide total. Les lyrics ne sont certes pas présents dans le livret, mais lorsque l’on fait bien attention au lyrisme de la chose, on finit par réaliser que le principal réside dans les seuls titres. « Satanic epuration !!… Die !!...Genocide !! Hail ! Hail ! Hail !... » Inutile d’aller plus loin, je pense que vous aurez saisi que Peste n’est pas un littéraire, mais qu’importe ! Comme je le disais, la haine demeure ici d’une intimité pernicieuse avec l’auditeur, ce qui pour moi est essentiel.
Mélangez maintenant ces rythmiques en acier trempé, ces guitares froides et ces vokills atrabilaires, vous obtiendrez la musique de oOo, semant ruine et désolation à travers une ambiance moderne et satanique.

Les deux morceaux qui suivent semblent aller de paire si l’on en croit leur intitulé. Un distinguo se doit cependant d’être opéré. Alors que « A City of Kaos Part I » nous sert une insondable excrétion martiale à la gloire de Mars (entre autre, Dieu des batailles dans l’Antiquité), le Part II (« Shining Tower of Despair ») transpire la neurasthénie comme le laisse suggérer le sous-titre. Une sorte d’aperçu avant-après le carnage. Deux morceaux dont leur longueur (respectivement 7 et 6 minutes) n’ôte en rien leur scansion maléfique, bien au contraire ! Le bémol serait, arrivé à ce niveau de la galette, de constater le manque persistant de personnalité. Le plus intéressant vient finalement avec le dernier lambeau de la démo.

Vortex Satan révèle LE visage de oOo, ou plutôt la voie dont on aimerai voir approfondie pour le prochain glaviot. Enfin ! nous pouvons réellement parler d’influences indus ! Les sonorités qui y sont communément rapprochées sont ici clairement mises en avant dans une ambiance moderne et éthéromane. Le talent du monstrueux Blacklodge fait de toute évidence partie de l’inspiration de cette glorification du grand cornu, icône maléfique qui ne fait l’honneur de son apparition uniquement lors de consommation des drogues les plus dures, parait-il… En tout cas, quelque chose me dit que le maître d’œuvre n’a cette fois pas lésiné sur l’acide, nous offrant ainsi le morceau le plus frénétique, le plus furieux, d’un fanatisme exacerbé à en dessouder la culotte de chasteté de la plus retenue des nones du couvent des Ursulines. Trois minutes de pure jouissance bestiale et méphistophélique !!!

C’est donc sur cette excellente impression que ce termine « S.T.N Nuclear Generation », une putain de découverte UG là où personne ne l’attendait. Maintenant, l’avenir nous dira si le géniteur de ce projet sans nom saura éviter le plagiat et évoluer vers des sphères plus personnelles en conservant l’inspiration qui a pu donner naissance au dernier et meilleur morceau du glaviot. Ceux qui semblent séduits par ce que oOo a à leur fournir ont grand intérêt à se sortir les doigts du cul au plus vite, la galette labellisée Foedus Aeternus n’étant limitée qu’à une malheureuse centaine d’exemplaires. Pour ma part, j’attends la suite avec grand intérêt.

Contact :
oOo
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Foedus Aeternus Distro / Prod
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KonRig.