Nihil / Necromant
« Manipulation et Châtiment du Dernier Juste »
/ « Le Dernier Drap de Dieu » (2005)
Décidément, 2005
aura été une année plus que féconde, orgiaque
et sybaritique pour nos amis de la team D.U.K.E. [Label gaulois, pour
celles et ceux qui viendraient de s’éveiller d’un long sommeil
léthargique, comptabilisant probablement autant de sympathisants
chez les lobby straight-edge & puritains, dans le clergé,
chez les chiennes de garde, au conseil du culte musulman, chez les
partisans d’une décadence fine et intellectualisée etc…
que de fautes de goût dans son dernier et ultime catalogue en
date….], comme l’atteste cette hermétique Split tape parue
quelque part entre le très porcif second glaviot d’Antechristus,
la nouvelle éjac’ faciale d’acide sulfurique estampillée
The End 666, l’hypnotique premier album d’Ensamhet et la réédition
de l’ichoreux étron fondamentaliste qu’est le « Pacta
Conventa Doemoniorum » de The Beast, pour ne citer qu’eux…
Point question donc, ici, de ce pseudo Metal ethnique, consensuel et diplomate, pourtant ô combien communautariste dans le concept, m’ayant si souvent fait gerber de mépris sur les catalogues Holy Records, mais plutôt d’une folie créatrice pure en ce qu’elle a de plus impulsive et primaire. De la tradition introductrice inhérente au genre, Nihil n’en a cure, bouleversant les prévisibles conventions au profit d’un premier track, certes instrumental, mais on ne peut plus explicite quand à l’essence brute de la suite des hostilités. Plus alambiqué que la gnôle de mirabelle qu’en vertu d’une ancestrale tradition familiale l’on eu coutume de diluer, à raison de deux trois gouttes par goulées, dans mon biberon pour calmer des ardeurs déjà dévorantes, « Kampfen Und Sterben » suppure d’un souffre semblant autant se réclamer des vertiges tourbillonnants et abyssaux d’un « The Mystical Beast Of Rebellion » de Blut Aus Nord, que de ces mélodies éternelles, aussi tragiques que conquérantes, propres au Kristallnacht de la plus faste période ; Paraissant autant emprunter aux dégénérescences hybrides et d’une psychotique vélocité, d’une forcenée technicité d’Axis Of Perdition, qu’à la noblesse hypnotique et barbare du Graveland de l’actuelle époque païenne ; Semblant autant se revendiquer des abandons contemplatifs d’un Xasthur au plus maladif de ses états, que du fanatisme régressif de feu Judas Iscariot…. En ce contexte de discorde au pouvoir de submersion déjà impressionnant, la survenance des vokills, dés le second track, enfonce le clou en un timbre rauque, fantomatique et oppressant qui, comble de la magistrale leçon de subversion, scande de toute évidence des lyrics en français là où bon nombre de pseudos patriotes de le scène gauloise continuent à user de la langue des rosbif ou, pire encore, à abuser des dialectes scandinaves…
Outre le changement de nationalité,
cette seconde partie nous convie également à un changement
de style vers des sphères beaucoup moins tumultueuses, plus
posées, moins audacieuses, plus régressives et conservatrices
et donc, en deux mots, moins modernes, plus païennes. Rien ne semble venir perturber cette monotone, insistante, maladive et douloureuse mise en abîme hormis le très bordelique, impromptu et approximatif « Destin Funeste », troisième track, dont beaucoup d’autres chroniqueurs avant moi, tant au niveau sonore que stylistique, ont déjà soulignés la présence quelque peu surprenante, contestable et injustifiée… Pour conclure, je dirais sans détours que, une fois encore, D.U.K.E. signe, comme à sa plus grande et inflexible habitude, une très authentique et burnée prod, mais, force est d’admettre que dans l’éternelle dualité France / Algérie, la balance penche ici, une fois n’étant pas coutume, en faveur de cette dernière. Contact : Sperm. S. |