Lucifugum « Sigma Egoism » (2002)
Je
pense qu’il est inutile de présenter cette cohorte Ukrainienne
que beaucoup ont, pendant longtemps et de façon fort simpliste,
qualifiée de « petit frères » de Nokturnal
Mortum, beaucoup d’entre vous ont probablement déjà collés
une oreille même discrète sur l’un de leur album. Pour ma part, je dois dire que, malgré mon engouement des premières heures, ce groupe a un peu perdu de son importance à mes yeux. « On The Sortilage Of Christianity » m’avait tout bonnement conquis de part son obscurantisme vertigineux, mystique, sa grandiloquence symphonique psychotique, sa densité labyrinthique on ne peut plus torturée, de même que la réédition en format Cd des démos « Path Of Wolf » et « Fire For Hatred For Sky » (comment aurait il put en être autrement sachant que le groupe s’est payé le luxe des services de Knatz Varggoth en guest » !?!?!?!). « And The Wheel Keep Crunching », sortit chez D.U.K.E. (Hailz & Support) n’était pas mal non plus dans un genre plus heavy Pagan Black dépouillé de tout symphonisme mais, préfigurant un virage radical qui n’allait plus du tout me convenir sur le très fade et tiedasses « On Hook To Piece ». Une évolution quelque peu étrange qui justifie à elle seule que je n’ai porté que très peu d’attention aux nombreuses démos sorties par la suite. Il ne fait aucun doute que sans Bal’A’Myth, (Hum…. Disparition plutôt saugrenue et antinomique eu égard aux préceptes qui étaient censés forger l’idéologie de Lucifugum jusqu’alors…. Passons….) le loup ukrainien ne sera plus jamais aussi sanguinaire qu’auparavant…. D’ailleurs, puisque l’on parle précisément de l’âme déchue qui fût l’objet de tout les hommages aux lendemains du très narcotique cinq octobre 2002, cette démo tape, sortie chez le label ukrainien Propaganda, lui est dédiée. Il m’est impossible à ce stade de savoir de quelle époque date cet enregistrement, son line up etc…. ne comprenant pas un traître mot aux arcanes épineuses du cyrillique (tout le monde ne s’appelle pas Nilfheim….) mais, ce qui est sur est qu’il dévoile majoritairement un Lucifugum bien plus virulent et sulfureux que ce que j’ai eu l’occasion d’entendre ces dernières années car, diantre ( !!!), le premier track ne fait pas dans le détail et vous explose à la tronche sans préavis ! Au programme, un Black Metal rapide, blasté et tourmenté, doté de forts relents empruntant à une certaine patte stylistique Death Metal ( ?!?!), le tout dirigé par une voix écorchée et malveillante au possible. La surprise est de taille et, laisse augurer le meilleur pour la suite des opérations ; Néanmoins, il ne tarde pas à se dégager l’impression désagréable que la bête ne sait plus vraiment dans quelle direction, dans quelle sémantique se tourner car, le second track, bien que toujours tumultueux, se développe dans une optique beaucoup plus thrashisante. S’ensuit alors une interlude reprenant la quintessence, la symbolique et toute la force démesurée de certains chants propagandaires d’époque laquelle sert d’ouverture à un track tout en lourdeur qui, gorgé de synthés et autres apports sonores, dégage une atmosphère plus lancinante et posée dans la droite lignée du dernier album. Cette formule est reprise sur l’hymne suivant mais, de façon nettement plus heavy et péchue avant de faire place aux deux derniers morceaux de la première face qui opèrent une nouvelle fois une rupture en approfondissant la virulence épileptique et très Death du premier morceau. Le temps du traditionnel changement de face et, l’on assiste à une reprise de pouvoir d’ancestrales et virulentes influences thrash toujours alliées à l’épileptisme typique du Black Metal, ce qui reste bien évidemment très efficace et jouissif mais, qui est rapidement mis en déroute par un décidément inévitable retour aux touches légèrement Death Metal largement évoquées précédemment. Enfin, tout se termine sur la noirceur de l’indémodable marche funèbre de qui l’on sait, précédée d’ailleurs d’une longue phase de percussions assurément dispensables. Un beau bordel en somme…. Plutôt confus et déconcertant. Ce « Stigma Egoism », ultime hommage, regorge d’idées intéressantes, d’atmosphères sombres et malsaines mais, malheureusement, pas de façon constante si bien qu’une certaine lassitude est parfois palpable. Lucifugum ne parviens pas à captiver autant que dans le passé et, semble ici privilégier un remplissage gratuit, fade et compulsif ce qui ne peut qu’engendrer un rendu parfois très bâtard et indigeste. Certes nous sommes, bien évidemment, encore très loin de l’hideux Carnival In Coal et autres adeptes de mixtures bordeliques. Peut être n’ais je pas su comprendre le sens profond de cette œuvre mais, je recommande néanmoins aux adeptes des premières heures la plus grande prudence….. Contact : Sperm. S. |