Epheles « Les Anges De La Derniere Scene » (1999)

Epheles a vu le jour en janvier 1997 sous l’impulsion intransigeante de Nephtys (guitare, vokills, synthés et programmation de la boite à rythme), lequel fut suivit quelques mois plus tard par Malphas, son alter ego fraternel, (guitare, vokills et synthétiseur).

De la substantifique moelle de cette sombre alliance est née une première démo intitulée funestement « Dead Nature For Humans Without Tears ». En octobre 1998, un batteur vient grossir les rangs rapidement suivit d’un clavier puis d’un bassiste. A ce stade Malphas, qui a travers cette nouvelle formation, ne trouve plus l’esprit et la motivation nécessaire pour continuer, quitte Epheles.

Quatre mois s’écoulent puis Nephtys se rendant compte de son erreur épure la division et demande à Malphas de réintégrer la bête. C’est ainsi que quelques mois plus tard, la seconde démo intitulée « Les Anges De La Dernière Scène » est capturée par le duo. Plus sombre, plus extrême que la première, elle provient de la douleur et la souffrance renfermée en ces deux âmes torturées ne trouvant d’apaisement qu’au travers du Black Metal.

Ce Mcd commence avec « My Darkest Empress ». Cette ode morbitaire succombant à l’appel ultime et blafard de la grande faucheuse pousse ses premiers souffles de façon douce et voluptueuse mais, indecrottablement glaciale et sombre, via quelques nappes et mélodies synthétiques. Le décor étant ainsi planté, la machine ne tarde pas à se mettre en branle et, à déverser un tonnerre métallique des plus raw reposant sur des riffs nerveux et déchirants, une base rythmique très agressive et concassée et de vokills réellement écorchés, incontrôlés et frénétiques. La haine atteint rapidement son paroxysme, son expression la plus crue et brute mais, Epheles ne semble pas désireux d’en terminer trop rapidement avec la pathétique et hideuse condition qui nous caractérise. Place donc à ce qui est l’un des ingrédient fondamental de l’art du duo, à savoir une lourde, longue et lancinante retombée incantatoire où le synthé reprend ses droits avec majesté, accompagné de rauques et douloureuses complaintes vocales. L’ambiance est pesante et chargée d’amertume et, le retour des cordes, cette fois beaucoup plus heavy et mélancolique nous fait franchir un pas supplémentaire vers le suicide avant la montée en puissance finale qui reprend la quintessence du premier riff.

« L’ombre Du Passé prend rapidement la relève. Il s’agit là du track le plus long de cette rondelle. Une véritable fresque noire à lui seul ! Les pleurs de ceux qui resteront ouvrant l’assaut ne sont qu’un préalable à un déchaînement de structures complexes empreintes de sentiments impitoyables et désespérés. La richesse est le mot d’ordre du fait de l’alternance perpétuellement torturée de phases très raw, brutales et déchirées, d’errances mélodiques on ne peut plus dépouillées dans leur dénuement, de longs breaks synthétiques et spatiaux où règnent avec tristesse l’onirisme de flûtiaux et de claviers, à mi chemin entre le piano et le clavecin, et, de vigoureuses chevauchées rythmiquement modérées et très heavy où la rage ne demande qu’à exploser. Epheles nous offre ici une descente mortuaire et émotionnelle au fond du tombeau avec pour seule enveloppe un linceul rongé par le regret et le dégoût.

Ceux et celles encore indemnes à ce stade ne tarderont pas à se prendre sur le coin de la gueule « Divines Lamentations ». A titre personnel, il s’agit là de mon track préféré de la galette tant il est propice à ensanglanter l’âme de l’auditeur et à caresser les ténèbres. De surcroît, c’est par lui que j’ai connu le groupe en 1999 au détour d’un vieux Innate…. Epheles impose ici définitivement sa base stylistique et sa personnalité propre en confinant les limites du malsain et de la folie. Tout débute de façon fort burnée et vigoureuse, martiale dirais-je presque. Une excellente, très noble et mélancolique osmose entre vokills typiquement Black Metal et, phrasés clairs déstabilisants ne tarde pas à se greffer, la pression monte inexorablement puis, vient l’orgasme et le gigantisme. Cette éjaculation métallique souillera pour sûr les culs tendus et, s’ils ne s’en retournent pas sur le champ à leurs vies fadasses, ils subiront les derniers outrages lors du break qui s’ensuit !

Je n’ai rien à ajouter sur ce track ! Une tuerie !

« Les Chants De La Peine » est une interlude avant la montée en puissance finale. Peu de choses à dire ici. Il s’agit d’une courte plage synthétique on ne peu plus dépressive et majestueuse qui enfonce toujours un peu plus le clou. Il n’y a qu’à écouter puis à presser sur la détente ou, à culbuter le tabouret……

Voici enfin « Ageli Ab Extrema Scaena / Les Anges De La Dernière Scène ». Il est inutile ici de pavoiser des heures, l’essentiel a été énoncé précédemment ! L’heure n’est pas plus à la conciliation et, le spectre de la grande faucheuse est plus présent que jamais ! Il s’agit là du track le plus raw et expéditif de ce Mcd. Il subsiste certes quelques subtilités mais, le moment est définitivement venu de mettre un terme à l’existence de l’auditorat.

Une excellente seconde démo ! Ma conclusion est sans appel :

Grim Regards & Support !

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Epheles
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57430 Sarralbe
France

Sperm. S.