Epheles « L'ombre de la Croix » (2001)
Bon
nombre de lunes se sont succédées depuis la sublime
sortie de « Les Anges De La Dernière Scène »,
synonyme en son temps et, pour le cercle d’initiés constituants
l’auditorat d’Epheles, d’incitation au suicide collectif. Cette seconde démo restera à jamais inscrite dans le noir grimoire de la haine et de la subversion, cela du fait d’un Black Metal authentique, grandiose et gorgé de vécu, lourdement armé de tout les arguments requis pour vous pousser à déchirer vos éphémères viandes et laisser s’y répandre le mortel nectar de la délivrance. L’heure n’est point à la conciliation ou à la prostitution si bien qu’il est une fois de plus question de faire honneur à l’art qui nous mobilise tous en ces pages. Le Black Metal n’est mort que pour ceux qui n’y croient plus ! Ce n’est pas le cas d’Epheles qui reprend exactement les choses là où il les avait laissé sur le précédent opus ; Cela d’ailleurs sur les bases d’un structure d’ensemble étroitement semblable à celle de « Les Anges De La Dernière Scène ». « Winds Of Despair » fait office d’ouverture pour cette troisième démo et, il ne faut que peu d’instants pour imposer une fois de plus l’aura véhiculée par l’osmose Nephtys / Malphas. Le temps de laisser s’écouler une légère et dépouillée mise en bouche rendant hommage, de part quelques samples et claviers, à la noble morsure hivernale et, voilà qu’il faut déjà s’incliner devant une explosion quasi incontinente de haine et de tristesse qui, de surcroît, a sérieusement gagné en consistance depuis la précédente déjection. L’évolution du processus de création, des arrangements et, du mode d’exécution est nette. Les riffs ont clairement gagné en intensité de part un jeu bien plus massif, « technique » et maîtrisé ce qui, appuyé par les apports mélodiques d’une seconde guitare bien plus présente que dans le passé, offre un rendu solide et inébranlable. La programmation de la boite à rythme est toujours aussi variée et puissante mais, sonne ici de façon beaucoup plus naturelle comme le ferait une batterie organique. Les vokills semblant provenir d’innommables abysses sont plus profonds que jamais et, tout en clamant des lyrics toujours aussi symboliques sont bien souvent mis en valeur, dans leur intransigeance et noirceur, par des claviers à la richesse exacerbée. Ce premier track mettra tout le monde d’accord et, laisse instantanément présager que les trois tracks qui s’ensuivent vont être source de jouissances peu communes ! S’ensuit « Crucis Umbra » ou, tout simplement la quintessence absolue de l’insanité moribonde de ce Mcd. Ce très long track est une incitation au voyage à lui seul autant de part sa durée avoisinant le quart d’heure que de part sa structure complexe et labyrinthique. L’on pense un peu au gigantisme de « L ‘ombre Du Passé » sur « Les Anges De La Dernière Scène ». Pour nous dépeindre les obscurs maléfices et viles hérésies rodant à l’ombre de la croix, Epheles emprunte ici beaucoup à l’héritage stylistique scandinave tout en conservant néanmoins son identité propre. Tout est là, en un concassage intensif, abrupte et lancinant d’instants de pure furie denses et frénétiques, de rechutes vigoureuses parfois très harsh, souvent épiques mais, systématiquement belliqueuses et combattives et, de mises en abîme hypnotiques, intimistes et incantatoires où viennent se greffer arpéges acoustiques, pianos mélancoliques, synthés augustes et grandeur du verbe latin. Ce « Crucis Umbra » s’avère au final bien vicelard et malveillant et, nul doute que sa vocation est d’exercer une emprise sur l’auditeur pour mieux lui forcer la main et, ainsi le pousser à écourter son inutilité terrestre. « L’ange Aux Yeux Morts » reprend la tradition de l’interlude instrumentale instituée sur la précédente démo. Une fois de plus, la peine et la souffrance sera pour ceux et celles qui resteront ; Epheles de son coté semble déjà avoir transgressé les limites entre la vie et la mort et offre ici une sombre et viscérale oraison funèbre entièrement bâtie sur une harmonie de claviers pour mieux accompagner le passage à trépas des êtres qui ne voudront plus subir. Viens enfin « Les Livres De Sang », le dernier track de cet imposant « L’ombre De La Croix » et, de surcroît le plus raw de ce dernier. La base rythmique y est virulente, sulfureuse et, les rares accalmies totalement démentielles n’œuvrent qu’à la célébration d’une macabre destinée vouée à atteindre son plus pur paroxysme dans l’oubli. L’on ressent sans la moindre peine toute la haine, la rage et le désespoir si caractéristiques au genre ; Ces sentiments violents que trop peu parviennent à accepter suppurent de toutes les pores de la trame sonore de ce dernier blasphème et, leur écoute ne peut que pousser à la perdition. En conclusion, cette entité
du Nord Est de la Gaule nous délivre une fois de plus une excellente
et envoûtante démo. Verdict sans grande surprise…. Contact : Sperm. S. |