Emit « The Dark Bleeding » (2003)

En provenance du consanguin étron insulaire chié du trou du cul du monde qu’est l’Angleterre, Emit est le projet introspectif et autarcique d’un certain Unknown I, qui ne sera pas inconnu aux déséquilibrés ayant déjà daignés risquer leurs tympans à l'audience de Sick & Ante Cryst ou, se lobotomiser à la lecture d’Anti-Art Manifesto Zine. Né en 1998 du désir d’enfanter une essence sonore ésotérique en accord avec les traditions orthodoxes d’une doctrine satanique guidée par les instincts les plus stricts, Emit fut envisagé comme un exutoire cathartique, une soupape purgative face aux multiples barrières et interdits du conditionnement social, avec en trame de fond une volonté avouée de rechercher un impact tangible sur la personnalité auditive, de physiquement lui procurer les émotions d’une expérience transgressant tout paramètres moraux concevables, toutes servitudes. Sur ce credo, Emit va enfanter les démos « Torture Session » [1998], « The Mysterious Unknown » [2000], « Bolgenmod » [2001], « Solipsistic Culmination » [2002], « Unknown Presence Whisper » [2002], et « The Dungeon Miklosvar » [2003], split avec l’anglais Nebiros, avant d’en arriver à cette tape parue la même année chez le psychopathe Total Holocaust Records.

Ayant, dans un premier temps, embrassé les strictes sphères d’un Black Metal raw, insalubre et chanci, Unknown I a rapidement compris que ce genre, ne semblant plus, aujourd’hui, privilégier qu’un non-esthétisme très arty au détriment de toute signification plus profonde, ne lui permettrais pas, sous bien des attraits, de totalement poursuivre son dessein… N’attendez donc rien d’autre de ce « The Dark Bleeding » qu’un amas rituel informe et apatride, d’autant que les quatre tracks qu’il contient ont été capturés dans la grande tradition Emit : Sans filets, en totale et pulsionnelle improvisation.

Il ne faut pas plus d’une fraction de seconde à « The Pain Of Bleeding » pour imposer une tourbe de sonorités exorbitantes qui, écartelées, grumeleuses, et biliaires telles les convulsions de je ne sais quel rectum infernal déféquant à la lisière des dimensions intermédiaires les âmes recalées du purgatoire… aussi nocives et viciées qu’une insalubre fausse couche de paysanne Ukrainienne aux lendemain du désastre de Tchernobyl… et, plus efflanquées qu’un cortège de « gueules cassées » de retour du front de la grande guerre… nous mettent face à une folie que ne renieraient pas Dust ou Stigma Diabolicum. Beaucoup de précieuses, à ce stade, quitteront probablement les rangs et, ce sera juste à temps pour échapper à l’arrivée d’un mur d’immondice à mi-chemin entre distorsions squameuses à en anesthésier un monomaniaque obsédé de harsh noise, et décharges de hurlements fiévreusement traumatiques, irrépressiblement névrosés… L’on pense à Stalaggh et, ce n’est d’ailleurs pas un hasard si un split Ep entre ce dernier et Emit aurait dut voir le jour… 

Propulsé par ce qui pourrait être la plus expérimentale manifestation auditive de l’implosion cérébrale d’un plongeur qui aurait oublié de décompresser avant de remonter à la surface du système de refroidissement d’un réacteur nucléaire consommant une fission, « Dead Before Death » fait son entrée de façon très synthétiquement éthérée, avant de rapidement sombrer dans un atroce tonnerre de saturations ; Trouble disloqué semblant être l’œuvre de deux guitares antagonistes, entre grasses et poisseuses pesanteurs gavées au phaser, plus glutineuses que le serait le goitre d’un sac à chiasse obèse type Guy Carlier répudiant la phase ultime d’une tenace occlusion intestinale, et, frénétiques éruptions suraiguës chiées à l’harmoniseur, plus paniquées et spasmodiques qu’une innocente larve qui après une « fausse-route » tenterait de combattre une attaque cérébrale zélée… Et, lorsque les dégénérescences vocales de Unknown I fendent sporadiquement cet air saturé de vice, c’est, au final, une atroce et insoutenable illustration non-musicale des plus inavouables schizonévroses qui prend forme.

« Communications With Shadows », à l’image de son appellation, s’inscrit dans le même sillage de part une exacerbée ambivalence entre glauques mises en bières écartelées au floyd faisant presque office de pulsations rythmiques au sein d’une œuvre dépouillée de toutes percussions [choix étrange dans un contexte se voulant ritualistique et manipulateur…] et, envolées écorchées vives inspirant un continuum de solos du « Hell Awaits » de Slayer qui auraient été samplés à l’envers, superposés, puis passés au ralentit ; Entre embryons de riffs digne d’un minimaliste Death Metal éthylique joué sur une sept corde chewing-gumesque, et improbables descentes de manches à la lime à bois… Tout ici ramène l’auditeur à l’héritage laissé jadis par Abruptum…

… Abruptum dont l’influence se fait encore plus flagrante sur le scabreux et cauchemardesque « Unknown I (greets me again) » refermant cette nauséeuse tape ; Flagrante certes, mais ne relevant pas pour autant du plagiat, car Emit se dévoile encore moins musical et plus impulsif que ce grand ponte s’étant, au crépuscule de son inégalable règne, suicidé d’une façon plus qu’insensée, douteuse, avec son nullissime Mcd « De Profundis Mors Vas Cousumet ». Toute théorisation & grammaire musicale bassement humaine, tout mode opératoire tangiblement explicable et toute volonté d’harmonie se trouve donc, ici, passée à la chausse trappe et, il en découle une ignominie digne d’un grand cérémonial impie en four crématoire accompagnée des trompettes de l’apocalypse qui, pour l’occasion, se seraient faites Bc Rich désaccordées…

Nul doute au vu de l’état dans le quel on ressort de ce « The Dark Bleeding », bien qu’en la matière Stalaagh ou les déjections les plus flinguées de Luc Mertz conservent tout mes suffrages et, que l’adjonction de percussions m’aurait semblée judicieuse, que les objectifs de son commanditaire se trouvent honorés.

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Sperm. S.