Deathchurch « Crushing The Dreams of Benevolence » (2003)

Putain! Là où certaines structures et corporations ont depuis longtemps trahit le mouvement pour d’abjectes intérêts mercantiles et, en conséquence au profit de la prostitution musicale et culturelle qui en découle, le label Portugais Hellwar Productions ne semble décidément pas prêt à rendre les armes et à se reconvertir dans la délicate et sirupeuse dentelle pour balloches de sexagénaires et autres talcs pour imberbes et déliquescents cul de trendies !

J’avais déjà pris plaisir, en nos nobles pages, à décortiquer avec un sadisme peu commun certaines œuvres coulées avec convictions dans ces crasse et extrêmes forges de la péninsule telles que, entre autres, « Deathly Pale » de Bael ou, le Split Inner Helvete / Sterkvind et, voici en ce jour que Dust (alias Devotion Unto Sacrificial Torture pour les fanatiques…) tenancier des guitares et des vokills au sein de Deathchurch me fait parvenir ce « Crushing The Dreams Of Benevolence » !

Diantre ( !) quelle pantagruélique claque dans la gueule !

La première démo tape fut pour moi une excellente surprise démontrant malgré son caractère résolument modeste, notamment via sa prod’ on ne peut plus douteuse, que l’underground du pays du soleil levant recelait plus que jamais d’un extrémisme incontinent, d’une noire dévotion aux cultes impies et, d’un vertige inhumain et immoral des plus aigu ; « Vomit Upon…. » dévoilait un trio de maniaques obscurantistes se refusant envers et contre tous à se détourner de leur intransigeante ligne de conduite via une déjection immonde, criminelle et disgracieuse d’un Black/Death copieusement burné à en faire pâlir certains….

Cette troisième démo ne fait que renforcer mon respect à l’égard de ce gang de Tokyo ! L’authenticité primitive de Deathchurch reste indecrottablement sauve mais, le groupe a incontestablement mûrit, donnant ainsi plus de relief à son matraquage bouillonnant, à sa véhémence subversive, mettant plus en valeur son aura que dans le passé de part une production plus puissante et audible sachant néanmoins rester crue et raw !

Ce condensé de mépris intensif débute de façon appropriée par une intro intitulée « Fuck You All ». Je retrouve rapidement, au travers de ce crachat visqueux à la gloire du génocide du bipède, toute l’aura sulfureuse m’ayant convaincue jusqu’alors. Un vertige sanguinaire et oppresseur de saturations pestiférées et autres larsens perçants guidés par une batterie discrète annonçant l’explosion rapide de « Raping The Holiness » le premier track. 

Cet hymne dépeignant la pureté révolue d’un paradis réduit en cendres où ne trône plus, au firmament du divin, qu’une carcasse fumante et putride débute dans la grande tradition du laminage supersonique. Des riffs colossaux de simplisme où la basse de Necrocunt produit l’effet de milliers de vers grouillants dans une charogne sans nom, une batterie dirigée par un DxOxOxM ne trouvant satisfaction que dans le chaos et, les vokills auto-destructeurs, manipulateurs et écorchés de DUST… Tout y est ! Néanmoins, Deathchurch insiste bien plus que dans le passé sur les changements de rythmes, les variations entre les hautes et basses fréquences….. Ainsi de part des pachydermies quasi suicidaires, les montées en puissance, les débourrages frénétiques qui s’ensuivent, puis les rechutes etc…. permettent de décupler pour ce track le potentiel barbare de la horde ; Chose essentielle pour ne pas finir, comme Marduk, dans les sphères de la linéarité décérébrée. 

« Black Cum Suffocation » s’ensuit de façon beaucoup moins contrastée et recherchée en alternant des blasts intensifs et avides avec un certain feeling thrashy qui démontre, à mon plus grand plaisir, que certains conservent encore des influences saines ! Plus basique et un peu moins intéressant à l’écoute, il s’agit tout de même d’une pure exécution sommaire qui, dans sa brièveté illustre bien la mort brutale et sans rémission des créatures angéliques auparavant à la solde du créateur, aujourd’hui souillées par la méphitique substance du cornu et, succombant dans la souffrance en mettant au monde d’atroces progénitures ! 

A ce blitzkrieg sonore succéde « Ritual Of Bloodletting ». Dans une lourdeur extrême à mi chemin entre le Death Metal Old School d’un bon vieux Autopsy et le Doom dans ce qu’il a de plus crédible, ce track pousse ses premiers souffles en parfait accord avec la dimension lancinante, hallucinée et malveillante qu’implique son appellation. Au fur et à mesure que le sang du sacrifié abreuve les terres désolées des enfers, leurs entrailles concentriques bouillonnent inexorablement jusqu’à éruption ultime matérialisée par un déchaînement qui renoue avec le relief judicieux institué sur le premier track. Des blasts chaotiques, entrecoupés de mid tempos tumultueux, harsh au possible et, de certains breaks repoussant tant leur lourdeur est nauséabonde et suicidaire, le tout mené par l’organe dérangé de DUST plus hargneux et ravagé que jamais. 

Enfin, cette tape féroce s’achève sur « I Am The Impure Pain » dédié corps et âme à la scarification, ses bienfaits, et, à l’autodestruction au nom du grand accusateur…. Il s’agit probablement du chapitre le plus ultime, barbare, infecte, haineux et dégénéré de ce « Crushing The Dreams Of Benevolence »…. Au vu de ce qui a été dit précédemment, je vous laisse imaginer l’effroyable résultat.

Une tape de maniaque que seuls les maniaques en puissance seront aptes à comprendre !

SUPPORT ! 

« At The Decimated Age Of Barbed Wire, Every Dream Of Benevolence Must Be Eliminated”

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Deathchurch666@hotmail.com

Sperm. S.