Corpus Christii « Master of... (2002) »

Contrairement à son homologue espagnole paraissant bien pauvre et inhibée dans le domaine de l‘Art Noir, la scène lusitanienne n’a eu de cesse, ces dernières années, de prouver tout son savoir faire en la matière. Trônant en quasi souverain au sein de ce renouveau intransigeant et extrémiste, il serait bien impossible de ne pas évoquer le nom de Corpus Christii qui, outre Morte Incandescente, Genocide Kommando et autres Coldness ou Storm Legion, est probablement le glaviot le plus brillant qu’ai, à ce jour, craché Nocturnus Horrendus à la face du monde.

Dans l’attente d’un futur et intégral dossier bio-discographique de la bête, je m’autorise donc, pour l‘heure, une dissection en règle de cet Ep parut en 2002 entre « The Fire God » & « In League With Black Metal » via Drakkar Production.

Side Raped

Les premiers soubresauts de « Kidnapped, Raped and Murdered (For Satan) » résonnent tels les rumeurs proches et menaçantes d’un obscurantiste départ en campagne: Roulements de caisses martiaux, résurgences de gongs bellicistes aveugles, guitares sous-jacentes préfigurant le trouble dans leur débauche effrénée… l’on se croirait embarqué sur le pont chaotique de je ne sais quelle monstrueuse galère qui, affrétée par les armées impies, remontrait les remous noirs et concentriques des fleuves intra terrestres pour venir, dans le sang, inculquer la parole méphitique du seigneur déchut à notre surface mortifère. Corpus Christii n’ayant pas coutume de s’encroûter dans les préalables aussi inutiles que bienveillant, les choses ne tardent guère à violemment s’envenimer pour quasi immanquablement rappeler, proximité en ligne directe oblige, toute la folie incontinente qui forgea la grandeur du fantastique « The Fire God » sus-cité, en un cloaque où macèrent fiévreusement pesanteurs dissonantes plus rampantes que la lancinante valse d’un incube qui, dans l’ombre des couloirs d’un pensionnat pour jouvencelles, rechercherait un sommeil à souiller… Hypnotiques envolées mid-tempos en speed pickings plus intenses et saillantes que l’innocente rupture d’un immaculé hymen arbitrairement happé de son havre de félicité pour assouvir le vît mécréant… Et, déflagrations irascibles, désagrégées et vipérines, aux consonances blastées plus nébuleuses que l’ultime vertige morbide de la chair sacrificielle qui, désormais corrompue, passerait lentement à trépas.

Une cafardeuse agonie, une intense répugnance, un cadavérique stupre & une hallucinée obstination… que sais-je encore… dans la plus intime tradition des préalables forfaits, pour une mégalithique face primale justifiant déjà, elle seule, l’acquisition de la rondelle.

Side Pierced

Qu’ajouter de plus au sujet du « Piercing The Eyes Of The Necro-Whore » hantant les affres de cette seconde face, si ce n’est qu’une fois encore vous ne devrez redouter rien d’autre que du pur Corpus Christii ?!?! Drapé d’un Black Metal intégriste mais pas forcément aussi orthodoxe qu’il n’y paraît, en ce que, riche en terroir, il n’en demeure pas moins gravé d’une patte très moderne, presque Emperor-esque dirais-je, ce track n’est prétexte qu’à la fulmination de trombes de riffs taillés dans la masse à en condamner l’héritage d’un « Battle In The North » d’Immortal à l’oubli, de pickings plus forcenés et personnels que ne le seront jamais ceux des suffisantes gammes du médiocre Dark Funeral… D’un déluge rythmique qui, certes galvanisé par une boîte à rythmes si primaire qu‘elle confinerait presque les frontières du Grind, mais, ayant, de toute évidence, été pensé sous l’emprise d’absolus, incurables et inquisiteurs désirs d’annihilation, a de quoi renvoyer au placard bon nombre de pseudo langues de putes… De halos de synthétiseurs glaciaux, obscurs et indomptables s’élevant en des sphères très rituelles, si introspectives que l’on effleure parfois un certain avant-gardisme néanmoins toujours très subversif… Et, de vocaux prosélytes qui, rongés par une haine semblant insondable tant la dimension pénétrative de son haleine est viscérale, scandent une textuelle que l’on devine aisément hideuse au vu d’une certaine et crue mention plébiscitant les défloraisons infantiles arbitraires… 

Je crois qu’à l’heure où j’achève cet article, je viens enfin de trouver l’alter ego sonique de la foutrique trilogie des Ilsa… Killer Ep entièrement dédié à la bestialité sexuelle la plus bassement humaine. 

Contact :
http://www.corpuschristii.com/ 

Sperm. S.