Capricornus « Kein Blut Soll Verunreignit Werden » (1995)

En ces jours sombres et, mis à part pour les insignifiants êtres qui pullulent dans le mouvement uniquement pour le „fun“ et sans réelles convictions, est il encore vraiment utile de présenter le noir curriculum vitae de Herr Capricornus?!?!?!

Qui au cours de ses obscures pérégrinations n’a jamais effleuré avec fascination la maléfique quintessence païenne et démoniaque des premiers assauts mythiques de Graveland ? Qui ne s’est pas un jour laissé pénétrer en profondeur par les odes dédiées à la gloire du paganisme renaissant d’un bon vieux Thor’s Hammer de derrière les fagots ?!?!? Enfin en cette heure où quelques mois après la sortie du déjà culte split avec Der Sturmer, « Alone Against All », le tout premier album de Capricornus, viens tout juste d’embraser l’underground d’un feu purificateur, quoi de mieux qu’un certain retour aux sources pour approfondir le culte guerrier, belliqueux et sans merci que tout puriste se doit de vouer à la bête de l’Est ?!!!!

« Kein Blut Soll Verunreignit Werden » est la première déjection ayant vue le jour sous la bannière Capricornus, les prémices radicales d’un maléfice qui ne fera que de s’étendre, dans l’ombre boisée des monts hantés d’Azel, avec les ages pour finalement s’imposer tel un tyran sur les contrées mystiques et ravagées de l’Europe de l’Est ! Cette œuvre nous replonge en juillet 1995 dans les arcanes druidiques de l’Isengard Studio, la grande forge de Rob Darken dont l’aura antique a bien souvent marquée l’avènement de grandioses et majestueux chapitres de Heathen War Metal. Cette démo originelle ne tarde pas à être représséé à trois cent exemplaires sous la direction de Wolftower Recs. Pour ma part la version se trouvant actuellement entre mes mains sadiques et déterminées est également une réédition mais, celle ci à l’initiative de Warspirit Rex et, datant de 2003.

Sur ce premier jet, Capricornus dévoile une conception du NSBM très rapide et brutale ; Aussi radicale dans la forme que dans le fond, en somme ; Quelque chose de relativement différent de ce qui se fait habituellement dans cette ramification du mouvement où, de longues et tortueuses fresques épiques et surnaturelles sont plutôt les principaux mots d’ordre.

En accord avec sa façon crue et rustique d’exprimer son art sur ce « Kein Blut Soll Verunreignit Werden », la production n’est foutrement pas easy listening et, nécessite un effort de l’auditeur. Il faut tendre l’oreille avec attention et respect. De fait, ceux qui ne jurent que par la production fadasse du dernier Destinity n’y comprendront absolument rien tandis que les fins gourmets adeptes de Raw BM y découvriront sincérité et profondeur.

Les êtres capables de discernement, conspuant la morale bienséante ambiante, pourront déguster des riffs simplistes, minimalistes, exécutés de façon on ne peut plus supersonique mais, dotés d’un étrange et impalpable tranchant mélodique en demi teinte. Quelque chose de glacial et de sournois qui, ravagé par une haine nostalgique incurable et séculaire, n’aspire qu’à vous happer dans la folie de nuits hivernales d’où nul ne revient. En cette trame fuyante, le mysticisme est omniprésent et explose en tout instant très largement mis en avant par des nappes de clavier dont l’essence discrète de premier abord s’avère rapidement fascinante lorsque l’on s’y familiarise. Là se trouve toute la substance du talent : Parvenir en un mode d’expression, par définition stylistiquement dépouillé, à enfanter une forte impression de profondeur et de richesse ! Paradoxe perturbant, abrupte et, en conséquence purement jouissif !

Raw Black Metal oblige, les percussions n’offrent que peu de trêves à la fréquence rythmique de l’ensemble. Il semble qu’il s’agisse ici d’une boite à rythme mais, cela n’est en rien un handicap dans l’optique Capricornus, le but étant l’annihilation de masse de tout adversaire. Ajoutons qu’au vu du potentiel limité de batteur dont a parfois fait preuve Herr Capricornus dans Graveland, ce choix fut peut être le plus judicieux.

Enfin, la cerise sur le gâteau : Les vokills ! Ici aussi pas nécessairement en accord avec le conventions incontournables du genre mais, fantastiques dans le contexte et la haine effroyablement déterminée qu’ils dégagent. Le timbre de ces morbides véhémences lyriques m’inspire un peu celui de Athalwolf de Wolfnacht de part leur aspect guttural, froid, distant et hautain, chose qui est particulièrement appropriée à la déclaration totalitaire de l’idéologie affiliée à Capricornus. A noter au passage que les paroles de « In Stahlgewittern » ont étés écrites par JFN d’Absurd dans sa langue nationale ce qui, mêlé au spectre de Herr Capricornus, est tout bonnement magistral !

Magistral : Le terme est lâché et, je ne vois que celui ci pour caractériser cette excellente démo tape !

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Sperm. S.