Blessed In Sin « A tribute to Euronymous » / « Odes Obscures » (1998)

Il est des cultes qui ne meurent jamais. En témoigne cette tape sortie en 1998 et qui célébra en son temps les cinq premières années d’activités de Blessed In Sin dans les abysses da la très hermétique scène Toulonnaise.

Cette pièce maîtresse et légendaire regroupe deux des trois démos officielles du groupe, « Unholy Reh’ » (1994) ayant été occultée.

Les hostilités débutent sur la première face avec « A Tribute To Euronymous ». Il s’agit là de l’enregistrement brut et authentique de la première prestation scénique de Blessed In Sin à Toulon le vingt janvier 1995 aux cotés de Sadist et d’Agressor. « A Tribute To Euronymous » fut originellement pressé à cent exemplaires et, inutile de préciser que sans cette réédition, il aurait aujourd’hui été impossible d’espérer retrouver ces anciens tracks dans les entrailles de l’UG !

Montrons nous donc dignes de recevoir une telle offrande !

Les premiers souffles de la bande nous replongent en des ages tourmentés à la fois synonymes de fin et de commencement pour bien des aspects de la scène mais, où la bête de Black Christ et de OverLord Nasty Metatheos était déjà une entité à part et en marge, un bastion de sincérité et d’intégrité inébranlable fièrement dressé.

L’on y retrouve donc sans peine la très forte personnalité de B.I.S. , encore inchangée à ce jour, avec tout ce qu’elle implique en terme d’atmosphères pesantes, oppressantes, surnaturelles, gorgées de haine, tristesse et nostalgie. « Finis Gloria Dei », l’intro dont la quintessence repose sur une osmose entre la grandiloquence des synthés de Amaobscuradeo et l’organe intemporel de O.L.N.M. est à ce titre sans appel et épurera pour sûr l’auditoire à sa plus substantifique moelle avant les premières déflagrations. L’art noir prend alors sans peine son envol dés les premiers crépitements du très éloquent « Genochristian », pour atteindre les nobles sphères d’une essence métallique séculaire. Par son inimitable feeling musical et lyrique, le duo fraternel et les quatre musiciens de session de l’époque dressent le théâtre obscur d’un viol stylistique d’influences heavy metal harmonieuses, mélodiques et complexes par la rudesse de l’héritage du Black Metal des débuts. Les respect des aïeux et de leurs œuvres passées est une valeur qui se perd en ces ages modernes où les influences changent mais, dans le cas présent, elle est omniprésente et atteint le summum de son authenticité lors de la très virulente et burnée reprise du mythique « Necromancy » de Bathory.

Tout n’est qu’orgie et communion dans l’ombre de ce « A Tribute To Euronymous », la fougue et la fureur des premiers assauts est palpable si bien que l’événement ne tarde pas à prendre la forme d’une cérémonie impie et enfouie où seules les âmes vouées à l’élitisme, à la lutte contre les religions du livre, au renouveau des cultes interdits, sont conviés.

« Purify By Fire » s’achève avec rage, véhémence et, il est déjà temps de retourner cette incroyable relique scellée du feu de Lucifer pour y découvrir un autre chapitre de l’œuvre ; Chapitre empreint d’un autre hommage, cette fois ci un peu plus personnel et intimiste….

« Odes obscures » est la troisième et dernière démo de Blessed In Sin. Cette œuvre préfigurant le splendide « Melancholia » et originellement limitée à deux cent exemplaires contient quatre tracks qui furent enregistrés entre les mois de mai et, d’août 1995, le morceau « En Mon Ame Et conscience » qui fut capturé en 1994 et sur lequel les vokills furent rajoutés en été 1996 et, enfin, « Northern Nightmare (A Tribute To The Kings) » provenant du live du 31 octobre 1995 ayant eu lieu à Toulon.

Envers et contre tous, la croisade se poursuit et, c’est sur les bases d’un line up totalement purifié et revisité dans ses fondements que B.I.S., toujours appuyé par le doigté supraterrestre de Amaobscuroadeo, fait peau neuve et nous délivre ici un opus d’un rare mysticisme.

L’évolution dont fait ici preuve ce noir monolithe de l’UG hexagonal est foutrement imposante pour ne pas dire impressionnante. La richesse harmonique et structurelle des tracks est sans précédent, pour le groupe, dans son labyrinthisme torturé. La fréquence d’ensemble s’impose à moi comme étant plus raw et brute que dans le passé ce qui ne fait que mettre en valeur les phases d’accalmies teintées d’une fibre mélancolique purement émotionnelle.

Il est important de dénoter que les claviers ont enfin su trouver une place à part entière puisqu’il n’est plus simplement question d’intros ou de discrètes nappes d’accompagnement dans les sous bassement des riffs mais, de long breaks greffés dans les entrailles même des morceaux. Cette recrudescence « synthétique » permet assurément d’exploiter une foule de sentiments et d’images symboliques : De la grandeur glaciale de consonances hyperboréennes dévouées à l’ordre noir à des fresques plus décadentes et baroques en passant par la sublime glauque de litanies mortuaires ou, la fierté de mélodies plus païennes, presque épiques…. Ce tumulte occulte digne des errances hérétiques d’un grand alchimiste qui aurait succombé aux tentations d’effroyables et noirs savoir atteint son apogée sur deux titres synthés voix dont un très malsain dédiés aux vices de ce grand homme que fut Gilles De Rais.

Rien n’est à ajouter ! Fantastique 

« Just listen to this melodic Black Metal and know that Blessed In Sin has never been a trand or a short passage contrary to too many inutiles bands”

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Sperm. S.