Black Sheep « Thedeadsongzarachballtharaghstigmadiabolicum (2002) »
Gloire
! Voici qu’en ce noble jour j’ai enfin le privilège et le fétide
plaisir de foutre mes oreilles, et par là de damner une fois
de plus mes tympans, sur cette noire déjection originellement
vomie avec tripes et boyaux en 2002 et rééditée
visiblement sur format Cd-r en cette noble et de meilleures augures
année 2004. J’ai déjà eu plusieurs fois l’occasion de parler de Black Sheep en long en large et en travers en nos pages dans certaines chroniques passées. Pour comprendre les fondements de cet obscur projet, il faut remonter quelques années auparavant, avant la parution d’au moins une bonne vingtaine de démos et, l’évolution artistique évidente qu’elles ont exposées au cours des ages notamment et, entre autres sur le fantastique « Doomsday » , le quatorzième chapitre nocturne et cauchemardesque du périple Zarach’ Baal Tharagh. En ces temps reculés qui virent naître puis progressivement germer Black Sheep, l’objectif fut de fusionner la folie furieuse incontrôlée, corrosive et percutante de ce qu’est le Raw Black par excellence dans sa substance la plus radicale et, la démence vertigineuse, hypnotique, vile et nocive du Dark Ambiant dans tout ce qu’il a de plus effroyable, manipulateur et suicidaire. Le nom de cette démo parle de lui même : Fondre en une seule et même œuvre le potentiel destructif et nauséeux de Zarach’ Baal’ Tharagh et l’abandon glauque, malsain et repoussant de Stigma Diabolicum, les deux extrêmes dans leur plus impure définition, « les deux facettes différentes de mister hyde » selon leur géniteur commun. Pari ô combien difficile puisque autant dans la forme qu’en le fond, ces deux trames stylistiques sont bien différentes malgré la subsistance d’un tronc commun de noirceur indubitable et d’effets indecrottablement meurtriers pour le cerveau et l’âme. Ce « The Deadsongofzarachballtharaghstigmadiabolicum » débute de façon traditionnelle pour ceux, celles qui ont déjà pris la peine de s’intéresser un minimum à l’œuvre et en particulier aux méphitiques litanies enfantées à la gloire des inavouables décadences prospérant dans les entrailles de la cathédrale impie de pandémonium. En ces premiers instants règne un savoir faire résolument Raw Black typiquement identifiable pour les plus fin gourmets : Des riffs monolithiques dotés d’une monotonie ultra violente mis en valeur dans leur sauvagerie toute primitive et épurée par une saturation abominablement grouillante et grumeleuse ; Une programmation rythmique indecrottablement disloquée, désagrégée dans sa répétitivité malveillante et vicelarde qui semble avoir été effectuée avec le hachoir favori de Charles Manson ; Et, cette voix hantée, aussi fascinante qu’elle est repoussante de part son grain infecte, viscéral, vomitif et sépulcral ! Somme toute et, jusque là, hormis la présence de profonds et rustiques samples de cloches venant faire office en quelque sort de cymbales et, ainsi appuyer encore plus sur l’aura hautement faisandée de l’ensemble, rien de bien nouveau dans le feeling cru et rude de Luc Mertz ; Simplement une substance dérangée et atroce comme seule la putrescence amniotique du bas ventre d’une succube rongée par une gangrène sans nom peux renfermer ! Puis arrive le premier break qui apporte les premiers tons d’une démarche beaucoup moins classique avec l’apparition de sonorités effroyablement distordues que je ne parviens encore pas à identifier !! Les émanations mortuaires de ce qu’il reste des nobles saturations d’une guitare couplée à une bonne demi douzaine de distos et de phazers conçus par Lucifuge Rofocale lui même ? Ou lente agonie d’un vieux piano électrique cramoisis par des années de haine et d’hallucinations auditives ?! Difficile à déterminer mais, toujours est il que c’est à ce stade des trois ou quatre premières minutes que l’on ressent plus ce fameux désir de fusion évoqué quelques dizaines de lignes plus haut. L’artillerie Raw Black Metal se remet en route sans la moindre pitié appuyée par les réminiscences insistantes mais toujours très simplistes de ce premier apport ; Puis surviennent d’autres breaks où l’on peut retrouver quelques crasses traces de certains tumultes sonores tourbillonnants d’un bon vieux Stigma Diabolicum etc…etc… Ce cycle se répète sans fin durant ce long et unique titre avoisinant les vingt quatre minutes ! Un cercle vicieux qui se subit jusqu’à ce que mort s’ensuive ! Une incantation morbitaire tantôt frénétique, tantôt lancinante pour ne pas dire ritualistique en l’honneur de l’ange déchut qui défia le ciel ! Malgré tout, cette fusion n’ est pas à la hauteur des résultats escomptés. Un échec selon le maître du temple lui même. Cela reste tout relatif à mon sens. Certes il faudra encore attendre quelques années pour atteindre le degré de démence auditive du « Doomsday » précité et, certes, il s’agit plus dans le cas Black Sheep d’un Raw Black entrecoupé de breaks Dark Ambiant mais, le résultat reste intéressant de part les sentiments glauques, effrayants et malsains qu’il peut faire naître en l’auditeur. Raw, Insane & Hellish Black Art Raped In The Abyss ! Si vous voulez mourir moins con(nes)s, empoignez une plume, un parchemin et, écrivez à l’adresse suivante : Contact : Sperm. S. |