Armaggedon / Akerbeltz « Split (2003) »
J’ai déjà, dans
le passé, via mes dissections des excellents “Perished And
Forgotten” de Graven et “Call of The Nightwolves” de Vargsang, ou,
plus récemment, concernant le fantastique 4 ways split Ad Hominem
/ Eternity / Funeral Winds / Leviathan, pour ne citer qu’eux, eu l’occasion
de vous vanter les mérites du label Germanique Undercover Records…
et, voici qu’en ce jour, je découvre ce split Ep datant de
2003, réunissant notre Armaggedon national et, l’espagnol Akerbeltz…
action d’éclat respectable une fois de plus…
« 88 Norsk Arisk », second track de cette première face, se révèle quand à lui et, dans sa globalité, beaucoup moins fougueux rythmiquement parlant mais, la haine, le dégoût, l’aversion, et, l’antipathie demeurent, empruntant des sphères plus épiques. L’on pense au départ à la majesté d’un Desolation Triumphalis ou, d’un Satanic Warmaster, mais, l’élan solennel ne tarde pas à dériver vers quelque chose de plus obscur, malveillant et noir, à l’image de je ne sais quel rituel souterrain qui préfigurerait le retour d’un terrorisme incendiaire sauvage. Si plus aucune lueur ne semble aujourd’hui irradier les cieux nordiques, c’est toujours pour moi un vif plaisir d’en ressentir un souvenir aussi fort, ne serait-ce que le temps d’un intégriste hommage.
Au chapitre des hostilités, un long et unique track intitulé « Solemn March Towards The Holocaust », qui, exalté par une fréquence rythmique très lourde, parfois épique et, un son qui, à la fois délicieusement rehearsal, pue le terroir le plus authentique, et qui, massivement glacial n’est pas sans rappeler le spectre du Immortal de la grande époque, s’insufflera en vos esprits tel la plus hallucinatoire transe shamanique. Contexte favorable au déploiement de guitares qui, d’une lancinance n’étant pas sans inspirer les oppressantes lourdeurs d’un « Under A Funeral Moon » croisé « Diabolical Fullmoon Mysticism », ou, d’un souffre haletant comme sur le solo final digne de ceux d’un « Battle In The North », semblent transpirer des sorcelleries les plus clandestines, des cultes les plus vespéraux ; De vocaux indécrottablement spectraux, lointains, si obscurs qu’ils en deviendraient presque incantatoires, n’étant pas, une fois de plus, sans rappeler ce que fut la bête d’Abbath & Demonaz. Notons également la présence de nappes de synthétiseurs, à mon sens judicieuses et réussies en ce qu’elles restent fantomatiques, en retrait, participant ainsi bien plus à la création d’une aura occulte, hermétique, qu’à l’étalage de je ne sais quel onanisme esthétique sans saveur façon Maleficentia… Au final, malgré la forme quelque peu différente que donnent ce deux groupes à leurs Arts Noirs, les influences tendent à se recouper, ce qui contribue paradoxalement à un ensemble fanatique homogène, solide. A l’heure actuelle, hormis dans les tréfonds de quelques obscures distros, je pense que se procurer cette galette ne doit pas être une mince affaire, alors, si à tout hasard vous en croisez le nom, vous savez ce qu’il vous reste à faire. Un très correct split Ep pour tout puriste qui se respecte. Contact : Sperm. S. |