Armaggedon « The Wrath Of The Black Empire (2003) »
En
2003, une fois de plus des tréfonds d’un néant des plus
underground, intemporel et élitiste, le spectre sulfureux d’Armaggedon,
bien décidé à ne jamais déposer les armes,
est de retour, emboîtant le pas, via cette troisième
véritable démo, à l’initiative passée
et louable de Ordo Obscuri Domini et, cette fois avec le soutient
des maniaques portugais de Hell War Productions ! « The Wrath Of The Black Empire » est probablement à ma connaissance la démo tape la plus consistante et massive qu’Armaggedon ait vomit à ce jour, si bien qu’encore relativement éloignée, en terme de maturité et de perfection, de la monumentale assise et du surpuissant potentiel d’agression inhérent au premier album sortit il y a peu, l’on sent tout de même légèrement se profiler la quintessence du fantastique « Kill Yourself… Or Die »… Il suffira simplement d’une dernière démo pour parachever l’effort de guerre avant le carnage total sur le champ d’acier…. Une courte mise en bouche particulièrement appropriée à un track d’ouverture tel que « Under The Banner Of Viktory » nous happe rapidement dans le savoir faire caractéristiquement rustique de la horde ! La colère belliqueuse des seigneurs de guerre ayant fait vśux d’allégeance au grand cornu est sans borne ; En l’honneur des plus grandes citadelles intra terrestres et sous leurs directives froidement déterminées les légions impies font fléchir dans le sang les poches de résistance bassement humaines. La puanteur enivrante des fluides jaillissant des crânes réduits en bouillie, des entrailles pourrissant à l’air libre, des femmes et enfants se consumant dans leurs bâtisses fumantes et, des membres arrachés est presque palpable…. Je m’égare dans le lyrisme de ces douces images d’Epinal mais, il n’en demeure pas moins que comme à l’accoutumée, c’est sur ces bases sanguinaires que le Raw Black d’Armaggedon prend son envol et se montre apte, de part une sincérité des plus nostalgique, à ressusciter la substantifique combativité de nos aînés, aujourd’hui pour la plupart déchut. Durant toute la progression de cette tape, où l’on retrouve d’ailleurs les vieux tracks « Daemon’s Supremacy » et « The Ride Of Ancestral War » provenant respectivement des démos « Satan Master » & « True Frost And Evil », Armaggedon, appuyé pour l’occasion de l’irréprochable jeu de batterie d’une certain Bestial, nous déverse un flot en continuel mouvement où s’émulent un primitivisme d’une épileptique crasse et extrême froideur semblant avoir pris corps dans le morne creuset oublié d’une bon vieux Mayhem de derrière les fagots ; De très épiques montées en puissance explosant en des envolées mélodiques des plus augustes et fédératrices que n’aurais pas renié le grand Gorgoroth de l’époque « Under The Sign Of Hell » ; De nombreux concassages mid tempos transpirant d’une intrinsèque insanité qui, dans leur vigueur des plus burnée me rappellent étroitement l’obscurantisme catchy, old school et cru du jeu de corde ineffable de Zephyrous sur les uniques et indétrônables « A Blaze In The Northern Sky » et « Under A Funeral Moon » ; Et, de meurtrières mises en abîmes qui, dans leur noirceur absolue, leur aura oppressante et dénuée de tout sentiment de pitié ou de compassion perpétuent l’héritage de haine immortelle nous ayant été métalliquement laissé pas V. Vikernes bien des âges auparavant. Ajoutons à cette incendiaire alchimie la présence de quelques très païens arpéges acoustiques, d’occasionnels samples et autres claviers hyperboréens à titre de discrètes outros / intros, ainsi qu’une production d’ensemble ayant toujours aussi méphitique mais ayant gagnée en puissance et, vous ressortirez de cette review, à peu de choses prés, fixés quand à la noblesse et l’intégrité dont Armaggedon fait ici preuve via ce « The Wrath Of The Black Empire ». Evidement, à l’image des précédentes, cette tape n’apporte rien au genre, si ce n’est entretenir un honorable devoir de mémoire, mais, elle demeure pas moins une très bonne démo pour tout les die hard ayant prêtés serment au nom de l’ordre noir et plus généralement de la pureté du Black Metal ! No Fukking Kontakt… Sperm. S. |