Armaggedon « True, Frost & Evil (2002) »
Si
l’on fait abstraction d’un certain groupe de Death israélien et,
d’un Combo Teutonique plus orienté Black Metal portant tout deux
le même nom, nom il faut bien l’admettre, légèrement
usé et clichesque, l’Armaggedon présenté ici même
provient quand à lui de notre bonne vielle Gaule profonde. Si je ne m’abuse, cette entité misanthropique bouillonnant d’une haine insondable a vue le jour en 2000 et, a rapidement capturée, sous forme de one man band, une première démo intitulée « Satan Master ». Cette démo tape qu’est « True, Frost And Evil » est, quand à elle, le second affront d’Armaggedon à la face détestable de ce monde puant et, marque l’arrivée d’un certain SSatan derrière le micro. C’est sans la moindre équivoque que, indiscutablement déçus et dépités par la tournure qu’a prit la scène dite « extrême » actuelle, cette entité s’en remet corps et âme aux lois impitoyables et nobles de l’underground avec tout ce que cela implique en terme d’élitisme, de sacrifice et de rejet. La phase d’écoute parle d’elle même en révélant un Raw Black nerveux et malsain dans la plus grande tradition du combat originel. Armaggedon ne cache pas le culte et le respect qu’il voue à la scène norvégienne de la première moitié des année quatre vingt dix, aux substantifiques et noires œuvres sacrées qui y furent enfantées dans la douleur mais, aussi plus spirituellement à toute la contre culture effroyable qu’elle a représentée et qui semble malheureusement en ces jours sombres vouée à l’oubli le plus total… L’on retrouve ainsi sans grande surprise en ce condensé de cruauté la froide ultra violence et le vertige sépulcral qui, bien avant un certain suicide artistique et idéologique vomitivement teinté de hip hop technoide, ont transubstantés les premiers assauts du vrai Mayhem ; Le spectre mélodique grandiose et impérial de nostalgie qui a fait toute la gloire du fantastique « Under The Sign Of Hell » de Gorgoroth et qui rend encore aujourd’hui cet album incontournable et éternel malgré l’aptitude du groupe à sombrer toujours plus bas dans l’autosuffisance de ses acquis ; Le fantôme glacial, hautain et supérieur du Vikernes de l’époque faste, prestigieuse et hermétique de l’underground scandinave qui, de part son talent écorché vif inimitable, propulsa la quintessence d’un certain Burzum dans les plus hautes et impalpables arcanes du Panthéon de l’art noir ; La sulfureuse, malsaine et sabbatique folie obscurantiste du Darkthrone époque « A Blaze In The Northern Sky » ou « Under A Funeral Moon » etc… etc…. Néanmoins, se cantonner uniquement à l’essence originelle des plus haut dignitaires norvégiens ne saurait suffire dans le cas Armaggedon car, non seulement celui ci parvient un minimum à se préserver une identité propre et forte mais, l’on peut également y déceler quelques influences plus obscures telles que Beherit (Chose particulièrement flagrante sur un track en particulier qui débute de façon rappelant étrangement un certain « The Gate Of Nanna »…) ou Graveland ancienne époque (Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si sur « Glory To The Ancient Gods », Split partagé avec Epuration Satanique et Necroplasma, Armaggedon reprend le fantastique « Through Of The Occult Veil »). Vous l’aurez compris, la furie développée par ce duo est intransigeante, dénuée de toute compromission et, en conséquence à réserver à une minorité. Il est important de préserver ce genre d’œuvre loin de la médiocrité de la scène trend et de ses plus fervents adeptes, d’autant plus que le fond est tout aussi percutant que la forme ! En témoigne l’artwork à lui seul qui, visiblement depuis la première démo, mêle et entremêle symboliques sataniques, païennes et national socialistes. Cette optique pourra sembler totalement bâtarde, hideuse et antinomique pour certains, il n’en demeure pas moins que selon les principaux intéressés, cette alliance de sémantiques n’est pas destinée à prôner une unification NS satanisme mais, à expliciter ce qu’est le Black Metal ; Que débarrassé d’un certain voile biblique il ne peut y avoir de contradiction dans la mesure où subsiste un tronc commun dévoué à la lutte contre le judéo-christianisme ; Que le national socialisme a toujours été présent dans le Black Metal et, que ce dernier est un ensemble de choses inhérentes aux autres…. Voici une vision des choses qui en fera, pour sûr, gerber de dégoût plus d’un mais, qui est défendable et qui, d’ailleurs me rappelles étroitement les propos de Styx, le maître d’œuvre de Cairn…. Voici donc pour conclure une démo qui n’apporte pas particulièrement de nouveautés et d’innovations au genre et, qui est loin de prétendre à cela mais qui, exécutée avec tripes, convictions et sincérité est incontestablement de très bonne facture. Fortement recommandable à tout les maniaques pour qui le mot élitisme signifie encore quelque chose ! Contact : Sperm. S. |