Aripa Satanei « Porphyrie » (1999/2003)
Aripa
Satanei est un énième projet indus d’Alban Blaising
lui même géniteur de l’excellent Puanteur de Charnier.
Cette mystérieuse démo tape se nomme « Porphyrie ». Sortie sous la Bile Noire productions, son propre label, elle est particulièrement captivante et parsemée d’influences très diverses tout en gardant une ligne directrice solide et profondément déroutante. La face A (1999) est divisée en sept actes, elle tourmente mentalement et psychologiquement les âmes des auditeurs avec une subtilité des plus recherchée et complexe. L’univers d’Aripa Satanei mêle les plaisirs charnels à la douleur, au sadisme et à la déviance sous des formes bien particulières mais qu’il est difficile de répertorier. Dès l’écoute de Porphyrie tous nos sens sont en éveil et il nous est permis d’interpréter à notre guise son rendu. Pour ma part ce dit rendu instrumental fait naître des sentiments profonds, inavouables qui vivent au plus profond de mon être. Les claviers sont absolument changeants et, peuvent passer de sonorités assez joviales à des nappes malsaines voir cafardeuses. Ce décalage traumatise totalement l’auditorium et le plonge dans un monde où se heurte la joie et la haine, le bien-être et la souffrance. Une authentique hallucination narcotique. Les beats à la BàR sonnent majoritairement d’une manière typiquement indus, exactement comme je les aime, froids, secs et insondables. Mais, dans la plupart des cas, ces bases rythmiques posées savent également se mêler parfaitement avec les diverses variations stylistiques abordées et émulées, touchant parfois à des arcanes quasi technoïdes, new wave, death / grind ou même trip-hop. Quand au chant, il relève de la démence tourmentée d’un individu qui est à l’affût du moindre coït. Tantôt guttural, tantôt typé black, cela donne du relief et beaucoup de puissance à la démo. La véritable śuvre d’un déséquilibré … La guitare est imposante, rapide par moment, sans faille puis plus lente, plus calme. En bref, elle s’adapte aux envies les plus sadiques de ce cher Alban. La face B, elle, comme à l’image de ceux de la démo de Cairn, pénètrent des sphères beaucoup plus abstraites, déconstruites, quasi anti-musicales dirais je. Il s’agit de bonus datant de 2003. L’artwork met en scène une jeune dévochka des plus entreprenantes, assise sur un corps maculé de croûtes, elle tient d’une main ferme et déterminée une verge grandissime complètement pourrie. A l’aide d’un couteau, elle coupe en deux le membre de son partenaire avec fougue. On peut constater sur la partie interne de la pochette, une charmante branlette espagnole totalement nécrosée … humm … Et enfin, pour la dernière partie, la jeune demoiselle lèche goulûment tantôt le couteau, tantôt le phallus décomposé … une merveille ! Pour conclure le tout, cette démo tape est le genre de petit bijou à vous filer un orgasme mental dans les délais les plus brefs. Le genre de projet qui vous retourne la cervelle mais qu’il faut néanmoins conseiller à des esprits aussi déséquilibrés qu’ouverts. La Bile Noire prod. Latex Kult |