Animus Herelis «Mater Tenebrarum » (2002)

Aaaaarrgghh!! Je me souviens encore de „Demain Sera Le Chaos“, premier jet obscur de Animus Herilis! Une véritable incitation au voyage vers le malsain ! Un recueil d’images symboliquement cadavériques où l’on festoyait sans vergogne à la table du grand accusateur des mets tantôt succulents, tantôt infectes composés de charognes, de crapauds, de chairs de pendus et, d’un sang crasse et noirâtre en guise de vin ! Un cérémonial impie où l’hérétique prend un plaisir tout particulier à soumettre l’hostie « sacrée », symbolisant le corps et le sang du bâtard dénommé « Christ », à des outrages blasphématoires au cours desquels une rave noire remplace la blanche hostie et, où l’on prend en bouche ce saint sacrement avant de le rejeter de tout son dégoût sur le sol !

Voici désormais la seconde offense de la meute. Cette démo tape a été capturée durant l’hiver 2001/2002 puis propagée la même année sur les noires terres de notre Gaule via la collaboration de Drakkar Productions que l’on ne présente plus.

Comment m’aurait il été possible d’échapper à ce sombre maléfice, cette macabre affliction et, de ne pas me perdre dans ses éternels tourments ?!! Comme le scandent de forts séculaires écrits : « Lorsque Belzébuth connaît charnellement quelques de ses disciples, ils souffrent une extrême douleur, ils crient et sortent de l’acte tout sanglants ! ».

C’est donc en tant que prophète auprès des hommes qu’il m’incombe de vous exposer les fondements de cette nouvelle litanie et, le True Satanik Black Metal y étant affilié. 

Les premières pages de ce noir grimoire qu’est « Mater Tenebrarum » sont marquées en lettres de sang du sceau de « Les esclaves De La Croix ». Ce premier track dévoile un combo toujours aussi peu désireux de faire dans le détail. Point d’intro obsolète, de mise en scène ! Le trio composé de Daalberith, Nisroch et Dagon vomit ici de façon directe et froide son Raw Black. Les riffs sont de la vieille école, c’est à dire épurés à outrance et parfois agrémentés de speed pickings assassins et aiguisés ; Les percussions sont très violentes, linéaires et constantes et, les vokills entièrement dévoués à la souillure de la fiente ecclésiastique et des ses mensonges, sont abruptes, écorchés et sadiquement distants. 

Le track au nom énigmatique qu’est « Le Mort Joyeux » emboîte rapidement le pas. Les premiers souffles de ce second hymne sont très harsh, syncopés, presque thrashysant puis, via une mélodie damnée on ne peut plus épileptique, la frénésie inhérente à Animus Herilis atteint rapidement sa vitesse de croisière. S’ensuit un déluge blasté ultra raw de temps à autres entrecoupé de breaks beaucoup plus lancinants où la double grosse caisse reprend ses droits souverains de façon on ne peut plus hypnotique. A noter que l’usage de notre divin dialecte francophone a toujours été une particularité de Dagon et, à ce stade rien n’a changé puisque «Le Mort Joyeux » emprunte fièrement et macabrement à l’œuvre de Charles Baudelaire. 

S’ensuit « L’ombre Majestueuse », track o combien allégorique, à la gloire de la grande faucheuse et de toute sa symbolique synonyme de délivrance et de sommeil éternel. Pour accompagner son auditorat au creux boueux et méphitique de la tombe, Animus Herilis nous livre ici une substance on ne peut plus sombre, mortuaire et emplie de décrépitude. Cette procession funéraire s’ouvre sur une trame très modérée autant d’un point de vue rythmique qu’au niveau des apports mélodiques foutrement désespérés. La pression monte peu à peu pour en arriver à une explosion où la haine atteint son firmament. La mort est une délivrance mais la souffrance est un passage incontournable. 

Avec « Corpus Christii », l’on en reviens au blasphème originel, à ce dégoût primaire mais justifié et approprié à l’égard des vomitives religions du livre et, ici plus particulièrement du christianisme. Il s’agit là d’une incitation à renier cette hideuse et hypocrite emprise qui ravage encore de nos jours nos campagnes ; A conspuer l’autocratie du soit disant divin et, à redorer le trône de l’ange déchut. Hormis pour l’intro très atypique de ce track qui a d’ailleurs value à mon camarde Nilfheim quelques légères régurgitations de je ne sais plus quelles liqueurs de moines trappistes, « Corpus Christii » prend très vite et avec une vigueur sans failles son envol vers des sphères cauchemardesques n’ayant plus rien de terrestres ; Le foutre du grand cornu suinte de façon sulfureuse sans discontinuer ! Le règne est proche et, cet excellent track est là pour l’annoncer. 

Enfin, ce second assaut se termine sur « Sadomatic Rites ». Il s’agit là d’une reprise de Beherit dont l’original se situe dans une période plus lourde que celle supersonique des débuts. Bien que je considère l’art antique de ce culte finlandais comme inégalable, cette reprise tue et, est des plus efficace. Ce track pue d’un souffre que l’on ne trouve que dans les plus vertigineuses profondeurs tandis que, une certaine alternance vokills typiquement Black Metal et complaintes féminines donne une aura purement sadique à ce chapitre, conformément à son appellation originelle ! 

Voici donc une excellente démo tape dotée d’une dévotion sans bornes même si, je dois bien l’admettre, je préfère le premier opus. A noter que ce second assaut fut réédité par Korosiv Prod & Distro en 2003 avec pour bonus une reprise de Mercyful Fate.

Contact :
Saunier Stephane
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Sperm. S.