Zarach' Baal' Tharagh' « Minimal Bastard Art (2005) »
« Si
tu es à la recherche de technique musicale, alors n’écoutes
jamais cette démo. Détruis la et surtout oublies si
tu le peux. Minimal Bastard Art a été improvisé
à partir de deux accords, le tout composé, enregistré
et mixé en trois heures sur quatre pistes cassette. Pour ce
trente-sixième chapitre, Zarach’ Baal’ Tharagh’ a cherché
à repousser toujours plus loin les frontières du simplisme
afin de sonner primaire, dépouillé, pur et borné…
Cela uniquement parce que ça lui plait. Vous voilà donc
prévenus ! » Au vu de ces quelques phrases du maître garnissant le dépouillé booklet de cet énième chapitre, il est temps pour les plus jeunes d’entre vous d’aller soigneusement se laver les chicots, gentiment se vidanger la nouille et, docilement se mettre au plumard en attendant de se faire border par je ne sais quel géniteur un peu trop aimant, car, si les errances du troisième et dernier cycle en date de Z’B’T’ luisent d’une insoutenable verve hallucinogène & narcotique, il n’est pas rare que Luc Mertz se laisse aller, le temps d’une brève parenthèse, à un cru & insane retour aux premiers fondements du blasphème. Tout le monde se souviendra, je pense, avec un plaisir foutrique des Z’B’T’ 16 « Kneeling Or Die », Z’B’T’ 22 « Apocalypse » ou, Z’B’T’ 25 « 11 Untitled Tracks » pour ne citer qu’eux, et si tel est le cas, accueillera ainsi, d’un œil famélique, ce « Minimal Bastard Art » à l’appellation déjà plus qu’explicite… En une transe aliénée digne d’un G.G. Allin qui, chargé ras la gueule de X-Mas et les veines bouillonnantes de chimique dans les affres d’un concert clandestin revendiqué Murder Junkies, Drug Whore ou autre Scumfucks, offrirait à sa pétée du casque audience, paré d’une tenue d’Adam décharnée à en faire tourner de l’œil tout rescapé d’un camp de la mort qui se respecte, sa conception coprophage toute personnelle du rite de l’extrême onction en l’honneur de je ne sais quels démiurges métallurgiques, la bête vomit ici une régression aussi osée que magistrale à laquelle seuls celles & ceux ne s’étant pas forgés une culture extrême sur les bancs de leur lycée en lisant Hard Rock Magazine entre deux concerts de Eths & emo-core, pourront s’hasarder sans risquer le rejet. A l’heure où Darkthrone semble subir les tourments d’une crise d’adolescence tardive, ne sachant plus de quelles paraboles user pour justifier leur impuissante désaffection pour le BM, c’est avec une insolente spontanéité que Z’B’T’ défie ici la pesanteur rituelle des plus rampants et croupis instants d’un « A Blaze In The Northern Sky » ou « Under A Funeral Moon », faisant presque revivre la discorde obscurantiste d’une époque perdue à la façon du plus neuroleptique des Craft, mais, la concassant néanmoins d’un répétitif minimalisme qui, plus proche d’une fuck you attitude typiquement Punk que du dogmatisme propre à l’Art Noir, paraît fortement s’en remettre à la folie qui put faire le renom des Stooges ou MC5… Impossible, pour ma part, de ne pas également penser, bien que trop gaucho-humaniste certes, à ce que purent enfanter les Beruriers Noirs ; Les Beruriers Noirs des premières heures, de la fin des 70ies/début 80ies évidemment, qui, bien avant leur période hideusement festive, macéraient dans le malaise & la dépression chronique comme en témoignèrent des tracks tels que « Le Noir Les Horreurs », « Lobotomie », « Macadam Massacre », « Manifeste », « Nada » & cie, confinant presque les frontières du rock industriel le plus froid…. En ces jours où le mythique Holocausto Vengeance, depuis déjà des lustres travestit sous le nom de DJ Gamma, doit probablement désespérément continuer à rechercher son doux Rénato dans la moiteur de je ne sais quels club gay, Z’B’T’ brûle de cette violence aveugle, de cette agression animale qui fera aux tympans des amibes esthètes un peu trop fines-gueules un effet digne de ce que pourrait augurer un coup de pelle judicieusement collé dans la tronche du rachitique Chris Nebrada, ayant fait toute la gloire de glaviots tels que « The Oath Of The Black Blood » ou « Messe Des Morts ». Bien que j’aurais tout autant pus évoquer Impaled Nazarene, le spectre de Beherit plane indiscutablement sur les huit tracks de cette rondelle ; Spectre semblant perpétuellement vaciller sous les coups de boutoirs d’influences une fois de plus très Punk que n’auraient pas renié le The Exploited de « Punk’s Not Dead », « Live At The Whitehouse » & cie… Les vocaux, quand à eux exceptionnels, trônent au sommet de cette crasse orgie, croupissant en un timbre certes écorché mais moins incontrôlé qu’à l’accoutumée, plus rauque, presque sentencieux, comme éructé d’un mégaphone dans les entrailles chaotiques d’une guerre civile. Notons la présence de phrasés clairs très cliniques, froids et réussis… une première il me semble. Il n’y a plus rien à ajouter. Luc Mertz n’a pas besoin de poser juvénilement devant une timide souillure urbaine anti-flics pour déféquer un miasme insurgé & sulfureux. Si la copulation Black / Punk ne te rebutes pas : Get It Or Stay A Cock Sucker ! Contact : Sperm. S. |