Zarach' Baal' Tharagh' / Ond Aand
« Démo XVIII / Rehears'Hell 200 (2004) »

En contraste avec l’extrême prolixité ayant marquée 2003 (Putain!!!! Dix huit démo en une seule et unique année !!!! Je ne suis même pas sûr que nos kamarades de Cavaticus appuyés de tout l’effort de guerre propre au RU Korp puissent eux même nous asséner une déferlante aussi massive !!!!!!!), 2004 se révèle, quand à lui et conformément à ce que me confiait Luc il y a peu, beaucoup moins dense. Il n’en demeure pas moins que Zarach’ Baal’ Tharagh’ n’est pas prêt de rendre les armes ! L’excellent vingtième opus noblement intitulé « D.U.K.E. », dont les mérites sont vantés à même nos pages, démontrait clairement que la bête n’avait rien perdu de son atrocité et, ce Split Cd-r ayant explosé il y a peu dans nos impénétrables sphères ne viens pas démentir à cet inébranlable état de fait !

Ond Aand ouvre la marche de cette macabre procession. Après bien des semaines de mystère au cours desquelles ce nom vint me hanter de façon récurrente dans nombre de correspondances, autant dire qu’il me tardait de pouvoir concrètement imprimer dans mon esprit la patte de ce groupe parisien et, par là, me faire une idée de ce qu’il avait dans le ventre ! C’est désormais chose faite et, le moins que l’on puisse dire est que, fut-ce le temps d’une offensive, Zarach’ Baal’ Tharagh’ a une fois de plus su s’entourer d’un consistant allié tant il suinte d’une forte personnalité, d’une solide originalité.

Cette œuvre dégage une aura très particulière en ce que semblant se situer, au-delà de tout carcan vraiment précis, à la croisée de nombreuses substances métallurgiques elle se décline à la fois de façon extrêmement brute, épurée, artisanale et primaire et, de manière paradoxalement résolument dense, labyrinthique et riche.

Un maelström torturé offrant un ressentit difficilement exprimable par de simple mots où de part de longues et alambiquées structures très variables rythmiquement, délicieusement mises en valeur par une trame sonore minimaliste et crue, s’entrechoquent toute la puissante épilepsie, la lancinante froideur et la frénésie haineuse propre au Raw Black ; Toute la fédératrice majesté et la poignante nostalgie d’influences ancrées dans une certaine essence Pagan Metal s’abandonnant parfois à d’intimistes retombées accoustiques ; Toute l'accablante lourdeur, la dépressive ténacité et la pachydermique oppression du Doom Death dans ce qu’il a de plus underground ; Et, un très étrange, intemporel et chaotique feeling que certains fins gourmets ont à fort juste titre identifiés au plus hypnotique des Heavy époque seventies…. L’ensemble soutenu par des vokills cultivant une ambivalence manifeste et judicieuse entre un timbre BM effroyablement écorché, emplit de tourments innommables et, plus sporadiquement un grain plus typique au Death Metal (malheureusement un peu trop en retrait).

Le terme « tumulte » prend ici tout son sens, via ces trois tracks qui malgré leurs visages très changeants réussissent la prouesse de rester inébranlablement homogènes. A mille lieux de certains combos répulsifs et indigestes au possible, Ond Aand parviens à proposer quelque chose se détachant du tronc commun, notamment parisien (!), et se révèle ainsi à moi comme l’une des découvertes les plus notable de cette année 2004 !

Alors que le track «Actual Dimension Of Creeping Sickness » s’achève lentement en une profusion de douleur, une toute autre litanie, emplie d’une insondable et étouffante pestilence, prend rapidement corps avec l’avènement de la redoutable partie Zarach’ Baal’ Tharagh’ !

L’initié prendra ici place à la tablée du banquet démoniaque et y dégustera pour commencer deux nouveaux tracks (« Dead For All » & « Human Shit »). Les âmes prudes et chastes aujourd’hui anéanties et en peine pour avoir dans le passé tentées l’expérience se souviennent pour sûr encore de cet atroce et fameux tourbillonnement de riffs crasseux, joués en boucle et d’un minimalisme pénétrant de sincérité ; De cette démente et hallucinée programmation rythmique d’un fantomatique retentissement à l’image d’une cohorte de marteaux battant avidement le fer dans les forges brûlantes de Pandémonium. Et, cette voix, cet organe ravagé, révulsé, écorché perçant la membrane auditive tel les cris de souffrance d’un damné se faisant enfler le rectum à sec et au verre pilé par le Prince Noir lui-même délaissant pour l’occasion la dépouille éternellement agonisante d’un Judas Iscariote prisonnier des glaces mortifiant le dernier affluant du morne cercle concentrique ! Rien n’a changé, l’Art de Luc Mertz tel un crachat fielleux se refusant de sécher reste toujours aussi authentique !

S’ensuit, pour celles et ceux n’ayant pas encore sombrés, une reprise de « War » de Bathory qui, il me semble, figure déjà sur la compilation « A Tribute To The Old School Spirit » coproduite par La Horde Noire et Korosiv Distro Prod (Hail & Support To Them !!!). Bien loin des nombreux tracas commerciaux souillant la mémoire de cette légende, Z’B’T’ nous offre ici un véritable condensé d’ultra violence, de haine antique et fait revivre, dans un hommage à en faire pâlir celui du monstrueux Revenge, un Quorthon sous amphétamines !

Enfin la Mort viendra, de son souffle glacial, embrasser l’auditoire au cœur de l’outro clôturant cette mémorable galette en un vertige paraissant puiser son potentiel d’aversion dans la quintessence du désormais défunt Stigma Diabolicum.

Rien à redire pour ce split Cd-r qui est l’occasion, pour Ond Aand, de découvrir une talentueuse nouvelle recrue de notre UG et, pour Z’B’T’, de plonger encore plus loin dans le cauchemar auditif le plus absolu !

GRIM REGARDS & SUPPORT !

Contact :
Ond Aand
ond_and@yahoo.fr

Z’B’T’
Mertz Luc
24 Rue de Bordeaux
57970 Yutz
France

Sperm. S.