Zarach Baal Tharagh « Doomsday (2004) »

Rares sont les personnes qui avec le temps ne rentrent pas dans le rang, préférant abandonner un passé « honteux” pour se terrer tranquillement au chaud dans un pavillon asceptisé avec un meuble fadasse propice à la procréation, l’immonde progéniture, un clébard, une bagnole, un boulot minable sans oublier un médiocre devoir conjugal qui ne se bonifie pas avec le temps ! Il reste néanmoins bien au dessus de ce triste spectacle incompréhensiblement humain, d’irréductibles metalheads chez qui la flamme brûle toujours un peu plus avec le temps.

Avec presque un quart de siècle de passion dévorante pour l’art noir à son compteur, Luc Mertz tient aujourd’hui plus du maniaque jurassique, mais o combien authentique, que des ridicules néo skateurs sataniques du dimanche qui polluent régulièrement le milieu du Metal et les concerts pour y exhiber leurs tronches prépubéres, leurs baggys et leurs accessoires « true evil » en toc achetés au magasin de farce et attrape du coin !

La scène trend a malheureusement de l’avenir mais, Luc Mertz n’en a cure et continue sa quête personnelle en marge de tout cliché et de toute tendance ! En témoigne ce début d’année 2004 qui marque (déjà !!!!!!) l’avènement d’une nouvelle démo de Zarach Baal Tharagh ; La quatorzième du nom !!!!!!!!

Aaaarggh ! Cette entité est tellement prolifique qu’elle ne nous laisse même pas le temps de ressentir un quelconque manque avant de nous gerber copieusement une nouvelle œuvre sur le coin de la gueule et, par Baphomet, ce « Doomsday » est une fois de plus doté d’une telle carrure que son écoute ne peut que vous pousser à vous dégorger le poireau sauvagement sur l’artwork et le layout !

Cette nouvelle relique exhumée du royaume de la nuit éternelle est une fois de plus parvenue à perpétuer la quintessence barbare de Zarach Baal Tharagh tout en se renouvelant et donc en me surprenant. Pour être devenu un inconditionnel de cette chose, je pense pouvoir affirmer sans éprouver la crainte de me tromper que le seul but de ce projet est de créer des titres toujours plus crades, glauques et malsains dans leur substance. Attention nettement plus louable que celle de groupes tels que Marduk dont le seul objectif avéré est aujourd’hui de repousser toujours plus loin les frontières de la connerie épileptique sans âme ! C’est en cela qu’il m’est parfois arrivé de qualifier la bête « d’Ildjarn français » même si les styles ne sont pas tout à fait comparables et que cela à le don de foutre Herr Nilfheim dans des états d’indignation inouïs. (et oui, l’on ne touche pas impunément à son objet de culte scandinave !!!!).

Pour en revenir à Z.B.T., le fuzz des guitares est donc toujours aussi atroce, le jeu est toujours aussi nerveux et dis harmonieux, la boite à rythmes n’a pas dérivée de son ultra minimalisme originel et, les vokills sont plus démentiels, pervertis et possédés que jamais.

Cependant, Luc Mertz ne s’arrête pas en si bon chemin ! Z.B.T. n’a jamais négligé quelques apports indus et dark ambiant sporadiques. Cela se cantonnait néanmoins et, dans la plupart des cas à quelques intros ou interludes. Ici, ces apports prennent une place plus importante que dans le passé (du moins par rapport aux démos que je possède…), se mêlant bien souvent à la rude instrumentation du Raw Black Metal, prenant parfois l’avantage dessus. Cela nous ramène à l’époque de Black Sheep, projet qui tenta une osmose parfaite et fusionnelle entre les deux genres.

Le rendu est bien difficile à décrire. Les atmosphères sont d’une oppression insoutenable, le malaise est omniprésent, cela même si le commanditaire de cette débauche raccourcit quelque peu les propos par rapport aux œuvres précédentes en ne proposant ici que trois titres intitulés « All Soul’s Day », « Doomsday » et « God’s Slave ».

Toute l’ambivalence de l’artiste est ici pleinement dévoilée ! Ces deux styles ne véhiculent pas tout à fait les mêmes sentiments et émotions mais, ces deux extrêmes peuvent tout à fait s’accorder dans leur violence conceptuelle et leur malaise inhérent. Par cette mixture abrupte et vertigineuse, aux limites de la schizophrénie, Luc Mertz met en scène le tableau hideux et repoussant d’une copulation impie et sulfureuse entre Stigma Diabolicum et Zarach Baal Tharagh.

Cela ne va, une fois de plus, pas plaire à tout le monde mais, ce quatorzième opus n’en demeure pas moins ultime et extrême !

Avis aux vrais maniaques ! Les petites natures quand à elles feraient mieux, pour leur propre bien, de passer leur chemin la queue entre les jambes et en rasant les murs !

MUSIK FOR NEVROSED SICKOS !!

Unknown Records 2003
No Fucking Contact !

Sperm.S.