Zarach Baal Tharagh / Stigma Diabolicum
« Split (2003) »

Cette troisième prod. De Foedus Aeternus Distro dévoile les deux facettes les plus inavouables et les plus diamétralement opposées dont peut faire preuve l’esprit torturé d’un seul et unique compositeur.

Worst, l’homme orchestre de ce split demo n’est pas un arriviste au sein de l’underworld puisqu’il semble être actif depuis 1983 et cela de part divers projets dans diverses directions musicales.

Les hostilités commencent avec Zarach Baal Tharagh. De ce projet de Raw BM, je ne sais que peu de choses si ce n’est qu’il a vu le jour en 2000 avec une démo ne portant aucun nom, que cette quête d’une noirceur impénétrable s’est révélée être très prolifique puisque plus d’une dizaine de réalisations toutes plus underground les unes que les autres sont sorties en à peine trois ans. Le mieux, pour se faire une idée de la carrure de ce quatrième volet est de se plonger dedans :

Z.B.T. renoue avec l’essence pure du BM et remonte bien plus loin que l’époque de Mayhem ou autre Darkthrone en des temps où des groupes tels que Beherit privilégiaient le chaos à la construction. Cela tel un art primitif oublié qui reviendrait quelques décennies plus tard hanter le cœur des hommes.

Les guitares, au son supurant de saleté, de vice et d’aversion, sont incroyablement simplistes dans la mesure où les morceaux ne se composent que de deux ou trois riffs et que chaque riffs n’exploitent que deux ou trois accords. Ce toucher se diversifie de temps à autres par l’apport de bases thrashy ou de solos épileptiques qui n’ont rien à envier à ceux d’Euronymous sur « Deathcrush ». Les percussions mécaniques s’expriment bien souvent sur des rythmiques blastées très cliniques dont la résonance est si étouffée et paraît si lointaine qu’elles inspirent un palpitant sur-gavé au speed agonisant entre les côtes et les chairs d’une cage thoracique broyée. Les vokils sont la cerise sur ce gâteau nauséabond et hantent la trame des tracks tels les hurlements agonisants d’un pestiféré gerbant les fluides de ses organes internes et cela qu’ils soient trafiqués ou dans leur plus simple appareil.

Voilà pour la musique ; Au niveau de l’esprit, Z.B.T. reste indécrottablement obscur (les tracks ne portent pas de titres mais sont des chapitres numérotés…) même si quelques indices dans sa discographie laissent entrevoir un concept basé sur les horreurs nocturnes, les cultes cauchemardesques, les abominations des enfers, avec satanisme en toile de fond.

Stigma Diabolicum reprends les flambeaux et là, changement radical de genre puisqu’il s’agit d’Indus Dark Ambiant. Habituellement, je ne suis pas friand de ce style, mais ici la pilule passe remarquablement bien. En fait, l’atmosphère reste la même, seule la forme change. Point besoin d’une période d’acclimatation car certains éléments dans Z.B.T. préparent l’auditeur, cela de part la présence des ambiances entre les morceaux dignes de celles d’Antaeus, ou de part la présence de quelques chapitres purement instrumentaux.

Musicalement S.D. développe son art de façon très rituelle et, il est difficile de ne pas penser aux sorcières maudites d’Aghast. Tout cela sonne de façon très oppressante comme si des monstruosités cachées cherchaient à pénétrer l’esprit de l’auditeur/ cobaye. Le caractère répétitif et distordu des sons, rythmes, incantations et ambiances est très malsain et destabilisant.

Au niveau philosophique, point d’ambiguïté pour Stigma Diabolicum, des titres tels que « 666 » ou « conjuration » parlent d’eux même.

Nous sommes donc à mille lieux de la forme et culture pseudo indus narcotique revendiquée par des fientes telles que Nine Inch Nails ou cette grande pédale de Manson.

Voilà ce qu’il y a à dire pour l’essentiel sur ce split démo à la fois original et très intègre qui dépasse les cinquante minutes et, qui est présenté dans un boîtier Dvd du plus bel effet.

Hard UG Stuff ! Not For The Weaks, only for psychotics pigs !

Contact :
Worst:
c/o Mertz Luc
24 rue de Bordeaux
57 970 Yutz

Foedus Aeternus Distro :
C/o Reich Stephane
12 rue Robert Schuman
57 855 St Privat La Montagne 

Sperm. S.