Zarach' Baal' Tharagh' / Osirion « Split (2003) »

Voici une souillure oblitérée Symbolic Prod qui offrira substance aux plus scandaleux et nonchalants retardataires de découvrir, ou de redécouvrir pour les fétichistes métalloïdes les plus chevronnés, deux groupes de nos provinces qu’il n’est plus hardiment nécessaire de présenter ; Cela d’autant que, bien au delà du très orthodoxe concept de split, les parties respectives de Zarach’ Baal’ Tharagh’ & d’Osirion relèvent bien plus de compilations que de simples démos.

En sa qualité de vétéran, c’est fort naturellement la noire ignominie de Yutz qui catapulte les premières mitrailles d’un glaviot se présageant déjà, pour l’auditoire chaste, comme digne du siège cérébral le plus insupportable et douloureux.
Produire une compilation réellement exhaustive de Zarach’ Baal’ Tharagh’ serait bien hasardeux, voire impossible, en ces jours où, entamant les prémices de ce qui me semble être le quatrième stade de sa crasse mutation, la bête s’apprête à déféquer « Tribal », son quarantième ( !!!!!!) opus en date, mais, n’y aspirant point, cette première partie nous crache à la gueule, pour commencer, huit tracks issus des démos IV & V… Foutrique introspection sonique vers mes premières piétés… Vers un Art Noir où [alors que la capitale de pandémonium n’avait pas encore ouvert ses enceintes au feeling très rock’n’roll / Punk qui scella les ZBT 25 « 11 Untitled Tracks » ou ZBT 16 « Kneeling Or Die » pour ne citer qu’eux, et, qu’elle commençait tout juste à se laisser ensorceler par les charmes nauséeux d’un Dark Ambiant infecte, difforme et rustique] tout n’était qu’une ordurière sentine de riffs torves à en lobotomiser les pires représentant de la scène Sud Américaine… de solos complètement flingués et plus convulsifs, emportés, que ne pourrait jamais l’être un grand brûlé que l’on soulagerait avec des cataplasmes de chaux vive… de percussions farouches, rustres, d’une mécanique aussi minimaliste que les souvenir d’une malade d’Elsheimer qui, une pompe dans chaque bras & couverte de foutre, se réveillerait, au petit matin, dans les chiottes d’une boite à partouzes… de vocaux plus dégueulés que le furent les glaires verdâtres de la petite Regan aux visages des pères Karras & Merrin… Si au terme de ces huit tentatives de dépucelages arbitraires il vous reste des bribes de tympans et que les cervelles y étant reliées ne se sont pas dissoutes, vous découvrirez « Pandemonium » & « Chapter 666 », deux tracks inédit qui, d’une trempe encore plus méphitique que ses prédécesseurs, clôturent cette première partie ; Tracks qui, il me semble, furent par la suite réédités sur le split Z’B’T’ / Stigma Diabolicum auto produit par Luc Mertz, à ne pas confondre avec le Cd-r DVD box anciennement parut chez nos camarades de Foedus Aeternus Distro / Prod / Zine…

La partie Osirion, quand à elle, balaye l’ensemble de la période pré « Har Sabbat », la horde savoyarde ayant beaucoup moins de méfaits à son actif, vous vous en doutez… Ainsi, les trois premiers tracks renvoient directement à « An Opus For Lucifer » [demo 2002] ; Trois tracks, dont le fameux « Elric’s Curse » renvoyant directement à l’icône achromique et damnée de Michael Morcoock, qui, encore à l’époque menés par le martèlement barbare d’une boite à rythmes, déploient un Black Metal raw, harsh et obscur semblant désireux de perpétuer une certaine tradition Old School en ce qu’ils mêlent influences très heavy façon Hellhammer / Celtic Frost, Venom, Tormetor & cie, à la fureur sanguinaire des plus ineffables bestiaires scandinaves type Immortal ou Mayhem, qui marquèrent le début des 90ies au fer rouge. Je n’avais jusqu’alors jamais eu l’occasion d'ouïr les tracks les plus fondateurs du groupe et, je dois dire que je me surprend à les trouver beaucoup plus personnels que ceux qui marqueront « Evil Made History », seconde démo sortie en 2003 ; Seconde démo dont, d’ailleurs, les trois tracks suivant sont extraits. Si en l’espace d’une année l’arrivée d’un véritable batteur à incontestablement exalté le potentiel d’agression du groupe, faisant franchir à son Art Noir un palier non négligeable, je note néanmoins une très importante recrudescence d’influences très suédoises que je ne peux définitivement plus voir en peinture à force de consanguinité suffisante et qui, de fait, m’empêchent de pleinement apprécier la patte Old School qui, sus-citée, demeure palpable… Une affaire de goût je suppose. Summum de mon aversion : Une reprise de « The Secrets Of The Black Arts » de Dark Funeral, au demeurant brillamment exécutée bien que, selon moi, la reprise d’Impaled Nazarene figurant sur le premier album soit plus jouissive, audacieuse et originale. Enfin, cette rondelle fleuve [plus de soixante dix minutes tout de même !!] s’achève sur deux prises live qui témoignent d’une énergie, motivation et puissance non négligeable on stage, avec tout ce que cela implique en terme d’aléas, de chutes de sons, de pains… Le terroir BM dans son plus simple, fédérateur et cru appareil.
Huit tracks bruts dévoilant une entité qui, quatre ans durant, sembla se chercher avant d’atteindre une consécration propre via son premier glaviot d’envergure en somme.

Pour refermer cet article, je le répète, voici une pièce à posséder pour toutes les amibes qui auraient pris le train en route ou, tout simplement pour les plus maniaques collectionneurs.

Contact :
Z’B’T’
Luc Mertz
24 Rue De Bordeaux
57970 Yutz
Gaule

OSIRION
http://osirion.fr.st/ 

SYMBOLIC PROD
symbolicbruno@wanadoo.fr

Sperm.S.