Zaghurim « ClimaXXX & Bondage (2003) »

Un logo réalisé par Zarach (alias si je ne m’abuse, Luc Mertz et rebaptisé pour l’occasion.) ; Un layout qui a bénéficié de toutes les attentions de Korosiv ; Et un artwork et des photos totalement déviants made in Kurgan Khan ! Cela fait déjà beaucoup de maniaques en puissance autour de ce projet.

Mais, lorsque l’on constate de plus que le trio qu’est Zaghurim comporte en ses rangs Eymeric (Krazumpath / Devilish Era…) alias Xul Zaghurim aux vox, Zarach (Zarach Baal Tharagh/ Stigma Diabolicum…) pour les ambiances et, Azazel (Necrofurya / Stanachia…) pour les cordes, samples, ambiances et, la programmation rythmique, cela en dit long sur ce qui nous attends dans les entrailles de cette tape interdite et impie.

Il est difficile après écoute approfondie de savoir par où commencer une review de « ClimaXXX & Bondage » tant cette œuvre est dense, torturée et labyrinthique. Ceux qui sont un minimum accoutumés à la scène extrême de Lorraine pourront peut être y voir un compromis entre certains éminents combos de Black Metal et d’Indus Dark Ambiant de cette région mais, en rester là serait pour sur beaucoup trop réducteur. Zaghurim n’est pas un simple projet de Black Indus mais, s’affirme de façon beaucoup plus vaste en bousculant via son aura unique et originale les conventions et le conformisme.

Pour tenter de commencer objectivement, habituellement les cordes sont généralement les armes les plus massives, destructrices et fondamentales à tout extrémisme musical en matière de Metal. La tendance est inversée dans le cas présent. Les guitares ne sont pas l’ingrédient essentiel sur lequel se développent les hymnes damnés de Zaghurim. Elles sont sous jacentes, parfois absentes et servent d’accompagnement. Il arrive néanmoins qu’elles reprennent le pouvoir, mais, dans ce cas de figure, leur quintessence teinte de part des sonorités saturées étranges, quasi narcotiques ou, de part des arpéges énigmatiques empreints de disharmonies suicidaires.

En fait, l’âme du trio se base beaucoup plus sur une certaine alliance entre percussions, samples et ambiances ; Alliance qui pourra de temps à autres faire penser à la substance de Stigma Diabolicum ou, selon les remarques de Nilfheim à quelques noirceurs dignes de Dead Can Dance (Cela se ressent visiblement via certains plans d’un track tel que « Cyberkrieg ».) mais, qui pour le reste subit des développements et émulations qui semblent voués à ne connaître aucunes limites. Tout est très riche et inspiré :

Les percussions empruntent beaucoup de techniques et touchers différents. Le travail de programmation est vraiment fourni et intéressant et, par la foultitude de sons utilisés, contribue largement à créer une dimension ritualistique solide, lancinante et déshumanisée.

Sur ces bases rythmiques explosent sonorités malsaines, désespérées, abruptes, effrayantes… les adjectifs arrivent vite à manquer. L’on ressent de façon assez forte la présence de ce désaxé prolifique qu’est Luc Mertz. Tout s’enchaîne et tourbillonne avec nihilisme, apocalyptisme et malveillance et, cette nébuleuse cherche sans aucun doute à s’emparer de l’esprit agonisant de l’auditeur pour le pousser à se saisir du premier objet contondant se trouvant à proximité et à abandonner toute vie terrestre.

C’est à en crever la gueule ouvert et dans le dénuement les jours de grande froidaison !

Ceux qui survivraient malgré tout à cette débauche maladive se heurteraient aux vox qui enfoncent le clou. Une fois de plus la variété est au rendez vous mais, reste au service de la même optique : L’oppression et la torture sonore. Xul Zaghurim alterne voix BM conventionnelles, chants plus clairs mais toujours un minimum tourmentés, ou abominations plus indescriptibles qui vous font violence telles les râles d’un être mourant en stade de manque !!

Il est tout aussi difficile de parler explicitement de l’aspect lyrique de Zaghurim. Le concept et les motivations de cette entité restent foutrement hermétiques et, ce ne sont pas des titres tels que « Drink The Wax », « Disaster-Prone » ou « ClimaX In Alcohol Baths » qui apporteront un démentit. Dans tout les cas, il semble évident qu’en vertu de l’appui musical, le lyrisme ne peut être basé sur la beauté, la morale et la bienséance !!!

Je ne suis généralement pas un grand amateur de ce type de réalisation mais, malgré mon statut de profane en la matière, je sais reconnaître lorsque c’est bien fait et intéressant ; C’est ici le cas.

A ne pas mettre en toutes les mains et en particulier celles de notre lubrik webmaster de service (Azaroth) !

Contact :
Zaghurim
C/o Reich Stephane
12, rue R. Schuman
57855 St Privat La Montagne
France

D.U.K.E.
Cidex 1010
39800 Le Fied
France

Sperm.S.