ZBT Space Ritual « Dust of Gods (2004) »

Nul doutes que pour les maniaques et fanatiques de tout ordres qui parcourent avec une frénétique assiduité les pages de RU et, à qui je transmet au passage tout mes respects, les initiales que sont ZBT, diminutives de Zarach’ Baal’ Tharagh ne sont pas d’illustres inconnues! Les plus psychotiques et vifs d’esprit ne devraient pas tarder à ressentir l’innommable ressurgir inexorablement en eux ! Il s’agit en effet là de l’un des innombrable chapitre de l’œuvre immense du très maléfique et énigmatique Luc Mertz capturé musicalement en 1990 et complété vocalement en avril 2004.

Que les inconditionnels ne s’attendent néanmoins pas à quelque chose de semblable à ce qu’ils ont déjà eu l’occasion de découvrir dans les noires déjections et offrandes passées de ce terroriste sonore entièrement dévoué à la folie démesurée de l’art noir !

Comme son appellation le laisse présager, ce projet qu’est ZBT Space Ritual n’est pas à proprement parler identifiable au Raw Black épileptique, furieux, acide, nauséeux, incisif et primaire, comme le serait la progéniture impie d’un Abruptum violé par Beherit, auquel nous a habitué Zarach’ Baal’ Tharagh ; Il n’est pas non plus réellement question de l’ambiant cauchemardesque, vertigineux et pervers inhérent à l’excellent Stigma Diabolicum. Nous nous situons ici plus que jamais à la croisée des deux genres pour ce « Dust Of Gods » qui, à mon sens parviens à enfanter une substance musicale que l’on pourrait qualifier de « Raw Ambiant ».
Pour être plus explicite et objectif, cette entité est née du désir d’explorer ce qu’il serait possible de créer dans des sphères artistiquement Raw et insanes si le divin instrument de destruction massive et de torture auditive qu’est la guitare n’existait pas ; Ce qu’il serait possible de vomir dans l’underground dans ces conditions et qui serait capable d’égaler le tumulte chaotique et l’aura sulfureusement viciée du Metal Extrême et plus particulièrement du Black Metal.

Voilà comment est né ce qui pourrait aisément être le pire cauchemar du très suave et sirupeux Angizia ou, le fruit de la régression technique d’un Profanum à l’agonie et défoncé aux neuroleptiques !!

Dés les premiers instants, l’on ressent en « Black God’s Shadow », le track qui ouvre ce bal damné, la patte de Luc Mertz, l’identité de son spectre de part en part de notre être comme si, bien au delà du son, celui ci avait réussit à capturer la noire atmosphère de la forge subversive d’où il exhume et façonne le visage effrayant de ses œuvres. Les premiers hurlements de souffrance ne tardent pas à nous plonger dans un abîme sabbatique sans nom d’où jaillit rapidement le souffle concassé et foutriquement clinique des percussions naissantes. Ce mass murder rythmique totalement déshumanisé, semblable à ce que serait le pilonnage massif d’un autiste adepte d’Ildjarn et armé d’un machette rouillée sur le crâne vide et immature de je ne sais quel poseur opportuniste local, donne rapidement le ton avant…. Avant le choc, c’est à dire avant qu’un clavier torturé, malsain à souhait et copieusement burné ne vienne remplacer les guitares et leur fuzz conventionnel sur le sombre trône leur revenant habituellement de droit. C’est à ce stade précis que l’on adore ou que l’on déteste, que l’on ressent en sa divine chibre un barreau turgescent ou que l’on sent monter en sa gorge la brûlure inhérente à une bile désireuse de laisser un témoignage de dégoût sur le sol terrestre. Il n’y a point de juste milieu et, à titre personnel ; je me suis laissé sans peine envoûter jusqu’à la maudition par ce tourment tant cette alchimie totalement inhabituelle et unique s’avère malsaine, vectrice d’une terreur ancestrale, porteuse d’une crasse abomination sans nom que l’on ne retrouve que dans les arcanes des vieux et enfouis grimoires écrit dans le sang à la gloire du grand accusateur.

L.M. parvient une fois de plus à entraîner l’auditeur dans un infâme maelström toujours aussi authentique qu’il est dérangeant et fascinant. Ce « Dust Of Gods » malgré une forme différente n’est ni plus ni moins qu’une nouvelle descente aux enfers de vingt minutes ou même les deux interludes très ritualistiques qui la ponctuent n’offrent aucune possibilité d’apaisement !

La mort est au bout du tunnel, dans l’outro intitulée « Black Hole » et qui, il est peu utile de le préciser, porte à merveille son nom !

Il s’agit du premier jet de ce projet et, autant dire que la perspective de me déguster la suite à l’avenir me fout la bave aux lèvres !

GRIM REGARDS & SUPPORT !

Contact :
Luc Mertz
24 rue de Bordeaux
57970 Yutz 

Sperm. S.