Xeöhl « Un Genre De Noir » (2007)
Pas
l'ombre d'un site web ?!? Aucune page débusquée chez
Metal Archive ?????!!!!!? Je fut presque tenté de bondir, beuglant,
de ma paillasse, et, non sans au préalable m'être révérencieusement
cogné une canette, le chibre tout en turgescence dressé,
de balancer une salve d'applaudissements... lorsque je découvris,
douche froide, l'existence d'un MyShit déjà bien garni
d'antimatières de tout ordres.Si pour la chimère hermétique il vous faudra aller voir ailleurs, ne comptez pas pour autant sur ce type de tourbière pour vous fournir informations pertinentes quand au groupe hébergé, tant et si bien que pour introduire ce billet je me contenterais de préciser que Xeohl s'articule selon le trio gaulois Second Spirit [Guitares], Le Pisithanate [Vocaux / Basse] & E.M.P. [Batterie], que ce « Un Genre De Noir » paraît faire office de première démo en règles, avant de passer au gros des hostilités. Torturé, abyssal, mais on ne peut plus chatoyant,
pour ne pas dire psychédélique, et résolument
tourné vars l'abstraction, l'artwork de la cover, que d'emblée
l'on devine étroitement corollaire au nom de l'opus, donc
fort logiquement à son contenu, invite à la dissidence.
A la lueur de cette vision ressurgit la très [très]
mauvaise pioche que fut pour moi le « Imaginary Sonicscape »
de Sigh mais, mes platines d'ores et déjà mises en
branle, « Le Hurlevent Du Vent Pire » n'eut
qu'à esquisser ses premiers feulement pour que je saisisse
avoir affaire à entité moderne mais déliée
des imbuvables fantaisies pédantes en actuel essor ... à
aura fidèle aux arcanes de l'Art Noir mais prompt à
y apporter sa pierre. Panégyriste scrupuleux d'une contemporaine
exaltation sonique propice à distiller troubles multiples,
Xeohl tend, en d'amples structures alambiquées, à
fusionner fondamentalisme scandinave séculaire et discordes
moribondes propre à la fange neurasthénique du Black
Metal. Denses mais spectraux, les vocaux ne peuvent que couronner
ce glacial vertige de tout les instants, déclamant [soulignons
le avec ferveur] une originale, et très riche en jeux de
mots, textuelle exclusivement française. D'abord sourdes sonorités industrielles muées en battements ésotériques exaltant les bourdonnements d'un sordide arpège, classique mais, selon un angle de perception global, digne d'un Kobal sous influence chimique qui aurait déporté les sorcelleries de dame Darvulia en d'apocalyptiques entrailles urbaines, « L'art[r]iste Dans La Mort » devient subitement fureur aveugle, laissant envisager d'inavouables introspections en matière de matraquage... Avant, contre toute attente, de choir sous le poids d'une étouffante pesanteur, puis, d'y déployer une tenace érosion, comme puisée à même le maudit estuaire où les plus maladifs flots de Xasthur se jetteraient dans l'océan de souffrance d'un Forgotten Tomb. Mais, selon tout vraisemblance, le moment étant encore prématuré pour abandonner le cercle auditoire à un absolu enfer léthargique, l'achèvement de ce second track voit ressurgir les vocaux, renaître des percussions plus denses, vigoureuses, moins improbables et fragiles bien que toujours modérées, et, un jeu de cordes reprenant du corps, galvanisé par la double caisse... ... Sursaut parfaitement idoine, somme toute, à la jonction avec un « Tourbillon, Tourbe Sillon » qui, comme le laisse suggérer sa durée plus courte que la moyenne établie par ses congénères, se révèle être le track le plus radical de la rondelle. Qu'il s'agisse [en une certaine défiance entretenue eu égard des structures d'usages] d'épileptiques disharmonies à la fois filiformes, tonalement fuyantes, et, tranchantes, rythmiquement vives... ou, de mises en bières mélodieusement glaciales, toutes autant porteuses de la clinique inhumanité de notre ére moderne que des douleurs nostalgiques d'âges révolus... Xeohl semble partager les convictions qui menèrent Blut Aus Nord à fomenter le titanesque « The Mystical Beast Of Rebellion », adhérer aux inspirations drainant les fluides d'un Lurker Of Chalice. L'essence brute du Black Metal ainsi glorifiée à fin de renaissance, de nouveau souffre, de survivance ré-adaptée à l'hostilité ambiante, l'heure n'est plus aux lamentations et, de facto, si le trio ne renie pas pour autant ses dépouillées servitudes de part une pachydermie finale, c'est ici plus dans l'ombre scrofuleuse des Black Legions ou, sous l'aile occulte d'un Darvulia, qu'il faut s'en aller lorgner. Si, via des consonances et constructions rythmiques préliminaires intimement proches de l'un des riffs-piliers du premier track, « Six Lances Figées Dans La Torpeur » peut suggérer l'essoufflement créatif, les prémices d'une faille redondante, c'est sans, bien précipitamment, compter sur une radicale dégénérescence hyperboréenne semblant, en ligne directe, se revendiquer du fantastique « En Vind Av Sorg » introduisant le « Panzerfaust » de qui l'on sait, ou, d'une certaine façon de part certaines subtilités dans les chutes de riffs, s'inspirer des premières apostasies d'Emperor. Beaucoup plus brute, Old Vein, que la norme jusque là alambiquée par le groupe, ce passéisme ardent va inexorablement se fondre en un antalgique maelström hanté d'acides agonies proches d'Abyssic Hate, rampantes damnations dignes des vieux Mütiilation, nauséeux vertiges que l'on croirait droit exhumés de « March To The Black Holocaust » et, une touche narcotique quelque peu typée Reverence nouvelle période de part l'omniscience d'une basse voguant entre deux eaux. Alors que ses prédécesseurs imposent une norme échelonnée entre cinq et sept minutes, « Meurtri Par Les Crocs Glaçants De La Nuit Ou Le Noir Absolu » s'infuse, à l'image de son baroque nominatif, sur prés de douze minutes, comme pour enfin totalement ouvrir les vannes de l'effroyable le plus atavique aux confins de dimensions sans fond. Véritable bubon synthétique de toute la noirâtre personnalité de Xeohl, il me serait difficile d'en dégager une perception méticuleuse sans prendre le risque de ruminer les substantifiques entrailles des tracks pré-disséqués. Sentiment de vaporeuse décorporation, sensation
disloquée de repaires physiques en perte, conviction d'être
mort mais conscient dans un corps immatériel, impression
de lancinante mais intense errance, frénétiques introspections
existentielles... « Un Genre De Noir » confine
au mystique de la N.D.E. , à la différence que ses
derniers souffles ne laissent entrevoir aucune lumière au
bout du tunnel.
Xeohl : E.M.P. : Sperm. S. |