Vargsang / Armaggedon
« In Darkness They Will Bleed » / « Armaggedon (The Call of the Antichrist) » (2004)

Un superbe gatefold Split Ep, sobre, obscur mais explicite de fanatisme, en droite provenance des terres allemandes ? Je vous le donne en mille: Voici une nouvelle exaction vinylique commanditée par Undercover Records, fédérant, pour l’occasion et le temps d’un assaut, Vargsang et Armaggedon… Très personnel témoignage d’une certaine unité franco-germanique… 

Si les séquelles de ma dernière cuite ne m’induisent pas en erreur, Vargsang n’avait plus rien enfanté depuis « The Call Of The Nightwolves » et, au vu des sphères dans lesquelles m’immergea le souffre de ce premier album, comme ce fut déjà auparavant le cas avec l’excellent mais, hélas, défunt Graven d‘ailleurs, il me tardait sévèrement de m’imprégner de la suite des hostilités… Et, pour moi qui trouve que la scène teutonique mérite de moins en moins son fondamentaliste titre de bastion de l’Art Noir, [ses plus éminents pontes, Nargaroth en tête de liste, n’étant plus bons qu’à piller, certes avec un mutisme inchangé mais désormais sans la moindre bribe de conviction et de personnalité, les héritages métallurgiques les plus ancestraux] grande fut ma satisfaction de redécouvrir en les entrailles de ce « In Darkness They Will Bleed », reprenant le flambeau là où il avait été déposé, toute l’intransigeance qui fit jadis la gloire de l’underground d’outre-Rhin!

Une structure longue et dépouillée, une aura plus crue que l’haleine de je ne sais quel terroir primitif et plus froide qu’une valse avec la mort, une monotonie ensorcelée, étrangement progressive à la façon du minimalisme savant qui scella la grandeur des premiers Burzum… tout en ce track semble procéder à la création d’un solitaire périple, si contemplatif qu’il en deviendrait presque païen.

Un voyage initiatique vers l’obscurité la plus insondable où toutes lourdeurs hypnotiques se révèlent plus malveillantes que je ne sais quelles sorcelleries barbares qui, invoquées depuis les tréfonds de sous bois noueux, reviendraient hanter les lisières des hameaux perdus les plus superstitieux; Où toutes envolées mid-tempos semblent incarner les terreurs pastorales et peurs séculaires de pieux villageois à nouveau tourmentés par l’innommable; Où toutes explosions blastées seraient autant de nouveaux pas franchit vers le retour d’une nouvelle ère obscure et le déclin d’un règne n’ayant que déjà trop duré. 

Dignes des hallucinations hérétique du plus grand et funeste ordonnateur de cet irréversible crépuscule des hommes, les vocaux sont tout bonnement exceptionnels, résonnant, en un timbre m’inspirant presque les instants les plus rocailleux d’un « Pure Holocaust », tel une sonique, hautaine & incantatoire apparition spectrale.

Un track sans fantaisies somme toute. Une essence pure et rare de nos jours laissant apercevoir un second album d‘ores et déjà monolithique d‘intégrisme... 

Sur la seconde face trône la partie Armaggedon, se situant chronologiquement entre le 4 ways Split « Conquering The World With True Black Metal War » parut chez Ordealis Recs & « Kill Yourself Or Die », premier album du nom. Un peu à la façon du « Nattens Madrigal » d’Ulver, la première écoute de ce « Armaggedon (The Call Of The Antichrist) » me laissa totalement de marbre pour, finalement, se révéler à moi sous un tout autre jour après quelques mois de négligence…

Pas de courbette préalable, de conditionnement introductif ici, l’inflexible duo Grimwald / SSatan balance directement la purée, façon réveil post-anesthésique à la piqûre d’adrénaline éjectée à bout portant & au harpon dans les valseuses, lui aussi pour un long et unique track; Track qui, s’inscrivant dans la droite logique de préservation conservatrice, de devoir de mémoire dirais-je presque, propre au groupe, m’inspirerait quasiment, de façon plus équivoque, modeste et succincte, l’impressionnant « medley » qu’offrit Maniac Butcher à l’occasion du split « Proti Vsem » qui fut partagé aux cotés de Sezarbil & Inferno.

J’entend par là, que, outre un son, un toucher toujours très reconnaissables, et, une fois encore, sans pouvoir à proprement parler de plagiat ou de simple reprise, ce glaviot, à la faveur d’une structure plutôt alambiquée, semble grouiller tel le stupre d’une orgie à laquelle se seraient conviés les spectres des plus éternelles actions d’éclats du BM du début des 90ies… de la rage éclatée d’un Mayhem / Beherit à la grandeur nordique d’un Gorgoroth / Darkthrone, en passant par la noirceur quasi rituelle de Graveland ou la haine embrasée d’un Veles pour ne citer qu‘eux. Comment ne pas également évoquer ce putain de break central qui, annoncé par un cycle acoustique ne faisant que resserrer les liens avec l’essence très rustre et vespérale de Vargsang, ne tarde pas à rebondir sur un riff des plus martial, totalitaire que l’on croirait tout droit sortit d’un « Planet ZOG », pour finalement sombrer en un tourment Black/Thrash qui, digne du «Krverstreb » de Maniac Butcher, a bien faillit me pousser à dépoussiérer ma bonne vieille veste à patches confite au dégueulit… 
Une énième démonstration d’intégrisme, de dévotion, même s’il ne s’agit peut être pas là du meilleur track d’Armaggedon. 

Ma conclusion sera sensiblement la même que celle émise au sujet du Split Ep Armaggedon / Akerbeltz en ce que ces deux groupes ont déjà de la bouteille et, de fait, que la droiture croisée de leurs objectifs & la similarité de leurs conceptions de l’Art Noir contribue à créer une cohérence forte et homogène… De même, rien n’indique que cette pièce soit encore trouvable mais, entre nous, je m’en branle, cette rondelle faisant d’ores et déjà partie de ma collection boulimique… 

Contact :
Undercover Records
Stockhäuserstr. 3a
35638 Leun
Germany

Alex@undercover-records.de
www.undercover-records.de

Sperm. S.