Sarcofago « Satanic Christ's 1986-1988 »

On ne présente plus Sarcofago tant c’est un groupe cultissime, véritable précurseur de la scène Black/Death/Thrash, ou tout simplement extrême, il à marqué et influencé les esprits au sein de la dite scène jusqu’à en devenir une référence emblématique.

Beaucoup doivent se mordre les couilles de ne pas avoir connus à l’époque cette formation, référence indéniable pour Euronymous et pour bon nombre d’acteur du milieu, ceci étant, c’est donc pour cela que Darkness And Evil Productions, tout en gardant le son original et ce grain si spécifique à la quintessence de Sarcofago, propose une tape limitée à 666 copies, retraçant deux ans de pur agressivité sonore et qui contient les deux premières démos, une Rehearsal et un live.

Démo 1986 « Satanic Lust »

C’est après une courte intro quasi incantatoire que peut se déployer toute la violence crue et aveugle engendrée par un Black/Death/Thrash s’inscrivant dans la veine d’un « Morbid Visions » / « Bestial Devastation » sous amphétamine, ou, au choix d’un Old Slayer période « Raining Blood », saupoudré d’une fuck you & destroy attitude à la Sad Ex et, putassierement soutenu sous perfusion d’acides par de sataniques envolées Heavy / Rock’n’Roll.

Un véritable charnier sonore mis à nu, hanté par la plus infâme et nauséabonde des pourritures dans laquelle la douce effluve de la mort virevolte.

Les présentations avec la bête étant faites, ce sera donc sous couvert d’une production coupée à la machette et rongée par la plus tenace des rouilles que la fragrance maniaco-dépressive de la démo sus-citée pourra prendre toute son ampleur.

Les parties guitares bien Thrashy de Butcher, exécutées en power chords, dégueulent, à elles seules, un fracas apocalyptique qui, lorsqu’il parvient à se stabiliser, suffirait, de part son aura blasphématoire, à invoquer le grand Cornu lui même. Les quelques solo qui parsèment cette œuvre, semblables à de perpétuelles explosions dis-harmoniques, tantôt punk, tantôt quasi rock’n’roll, ne font qu’exacerber les fluides déjà bien dézingués rongeant cette immondice sacrifiée à la gloire du malin. Ichoreuse substance d’où les lignes de basse, tout bonnement charognardes, suintent insidieusement, comme pour éventuellement vicier et corrompre à la racine les quelques éventuels embryons de beauté qui auraient pus s’y glisser.

La batterie de D.D Crazy fracasse les mesures d’une manière et fréquence aussi tenace que répétée ; Aussi hargneux qu’insistant ce matraque est digne d’un continuum que ne saurait à peine égaler la douce besogne de la grande faucheuse s’abattant inlassablement dans les bas fonds d’un centre de soins palliatifs au lendemain d’une épidémie de peste bubonique.

Le massacre est donc total, les survivants inexistants et les corps sans vie se confondent sur une terre maculée de cloaques baveux & fluides corporels divers, tels une crasse sculpture macabre.

Les vociférations d’Antichrist, quand à elles, s’inscrivent dans cette douloureuse lignée foutrement insane et perturbatrice ; Dignes du plus dément des interné psychiatrique, elles semblent être le fruit d’une haine, d’une antipathie immuable, indéfinissable. A leur grain rauque, si typique à l’Art Noir de l’époque, s’ajoutent nombre d’envolées Heavy bien baisée rendant presque physiquement palpable toute l’authenticité d’une période charnière dominée par une volonté d’extrémisme naissante et déjà quasi boulimique.

Pour conclure, ce « Satanic Lust » nous laisse clairement entrevoir les chaotiques prémices de ce qui deviendra une légende.

Démo 1987 « Christ’s Death »

Une année de gestation s’est écoulée pour donner naissance à une seconde bête avide de sang et de chaire fraîche,« Christ’s Death ».

Démo officiant toujours dans le même registre, quoi que dominée, évolution oblige, par un feeling un peu plus brutal, rentre dedans et élaboré, nettement mis en avant par une production un peu moins vigoureuse que précédemment, par un grain un peu plus râpeux voir même encore plus old school dans le fond.

La balance entre instruments est un peu plus approximative si bien que par moments, il arrive qu’un instrument prenne le dessus de façon grossière et notoire, faisant parfois passer l’essence du groupe pour une foire d’empoigne digne du yaourt le plus primitif.

Cela s’explique sans doute par le fait qu’à la différence de « Satanic Lust », qui favorisait un son plus saillant et aigu, les graves sur « Christ’s Death » sont un peu trop mis en avant, créant parfois des d‘ondes de choc aspirant, cassant considérablement la puissance, l’opacité d’ensemble.

Le tout reste cependant très convenable à hideusement savourer et, la démence qui s’en dégage demeure identique au « Satanic Lust » ; Une purge sonique digne de la folie d’un antique Sadistik Exekution chargé ras la gueule, en pleine crise de testostérone.

Au terme de cette deuxième démo, il s’avère encore une fois -malgré une légère amputation sonore- que Sarcofago maîtrise son art d’une manière très personnelle et, pour l’époque totalement unique, voire novatrice, visionnaire.

Le satanisme, les orgies, la défonce sex drug and rock n’ roll la plus titanesque et, le nihilisme le plus autodestructeur restant, de surcroît, les préoccupations primales de la bête, il coule de source que cette œuvre est réservée aux plus avertis et fin gourmet du genre, car assez inaccessible, pour ne pas dire hermétique, elle ne saura satisfaire les pulsions pédantes des amateurs inconditionnel de bonnes productions ou de Metal extrême caviar des familles.

Rehearsal 1988

Deux ans après la première démo, c’est au tour d’une Rehearsal enregistré en 1988 de faire surface des abîmes crasseux de l’UG.

Le moins que l’on puisse dire au terme de ces trois track, c’est que Sarcofago nous avait habitué à bien mieux et à bien plus jouissif.

En sommes, la production plus qu’apocalyptique, broie complètement la substance de leur art si bien qu’il est aussi difficile de discerner l’ensemble de l’instrumentation et ses nuances, que de jouer de la gratte après avoir passé ses doigts au travers d’un mixeur. Je suis généralement preneur des bonnes vieilles reh’ mal chiées mais, dans le cas présent que dire ? Lorsque qu’après le calme –somme toute très relatif dans le cas Sarcofago, je le concéde- arrive la tempête et, que le temps est au laminage intensif, les organes de la batterie s’effacent totalement au profit de la gratte, si ce n’est pas la globalité ; Lorsque les vokills font leur apparition, lorsqu’ils le peuvent, sur ce front ayant piètre allure, ils saturent totalement l’espace et pompent l’afflux sonore plus goulûment que pourrait le faire une pute albanaise à qui l’on collerait un flingue sur la tempe… etc... Il est de fait très fastidieux de reconnaître au premier abord, et lorsque que l’on aurait pas suivit le début, l’essence des tracks, y compris le mythique « Sex, Drink And Metal » à l’écoute duquel je ne peux habituellement jamais me retenir d’endosser ma veste à patches confite au dégueuli !

Pour conclure, la présence de cette rehearsal, n’ayant pas pour vocation à faire office de démo officielle, dans les entrailles de cette réédition, et du fait de sa qualité plus que douteuse, relève à mon goût du coup de marketing de trop, du remplissage inutile. A croire que certains voudraient nous faire bouffer n’importe quoi sous prétexte d’œuvre culte…

Live In 1988

Arrrrrrrrrgh(!!), en guise de mise en bière la Side B nous offre six sacrifices live bien brutaux et sacrement couillus!!!!

La production, comme tout live UG, est graveleuse mais reste accessible malgré tout et, les pertes de sons ne sont pas excessivement importantes en comparaison du rendu total.

Le carnage est absolu et, entre deux riffs, arrosés au Jack Daniels ou à la Kronenbourg frelatée, ces Satan’s Warriors déversent toute la violence d’un Sarcofago in vino….héhé.

Un « Satanas », ou un « Nightmare » -présent sur Satanic Lust- joués sous crack ou cocaïne, complètement déjantés façon vieux Death Grind garage enfanté dans la poussière et la gerbe croupie ; Des vokills gutturaux, insolents / insultants dégueulées sous l’emprise d’un ecstasy à s’en crucifier la guiche au pistolet à clous, ponctués par des envolées foutrement thrash / heavy dignes du sacrifice rituel de dizaine de porcelets ; Des riffs agencés punk / Rock’n’Roll desservis au LSD façon The Exploited période « Punk’s Not Dead », malmenés par des tempo digne des plus glaviotteux Impetigo…

Le tout est méchamment efficace est d’une spontanéité impressionnante, à en tirer de la tombe une mére Théresa avide de foutrine !

Après d’intenses écoutes il en ressort que « Satanic Christ’s » est une tape très appréciable pour tout ceux qui n’ont pas oubliés ce que Old School signifie. Une bonne initiative donc de la part de Darkness And Evil Prod que, hormis une légère et un peu trop téméraire faute de goût, tout bon maniaque de Black/Death/Thrash saupoudré de folie Heavy Metal devrait se procurer sur le champ. Bien sur si tu t’appelles Ehjeh et que tu aimes la branlette romantico-esthétique, mieux vaut te rabattre sur une merde type maleficentia.

A SE PROCCURER PAR LA FORCE S'IL LE FAUT !!!

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DARKNESS AND EVIL PRODUCTIONS
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Verrukoze-Urethra