Plague « Visions of the Twilight » (2004)

De ses premiers pas séculaires jusqu’à nos sombres jours contemporains, je dois bien admettre que je me suis considérablement désintéressé de la cohorte belge qu’est Enthroned, trouvant bien moins d’intérêt en un « Carnage In World Beyond », parfaitement bien exécuté et effroyable en live au demeurant, qu’en le fantastique « Toward The Skull Throne Of Satan »… Une incontestable affaire de goût comme à l’accoutumée….

Néanmoins, ces dernières années ont marquée l’avènement de quelques noirs projets parallèles des plus mémorables. Je me souviens encore du Mcd « Fixed By The Devil » de The Beast pour avoir eu l’occasion d’y coller une oreille brève mais hautement attentive ! Une orgie impie et crasseuse burnée à outrance ! Un copieux retour aux sources vers une scène ancestrale que de plus en plus d’arrivistes bafouent de part leurs vœux de déliquescentes harmonies, leurs espoirs mélodiques ; Une scène où trônaient fièrement des monstruosités telles que Beherit et autres Blasphemy et, dont le simple souvenir suffit pour faire passer nombre de combos actuels autoproclamés Raw Black pour de vulgaires fiottes en ballerines !

C’est donc en cette morne soirée, que, le corps meurtri par moult menus chaotiques excès mais l’esprit encore et toujours assoiffé de violence, je brave une fois de plus la mort cérébrale pour vous présenter, non sans plaisir, Plague !

Passés les crépitement propres à ce type de support toujours aussi ineffables et envoûtants, le préalable de ce 7 Ep made in D.U.K.E. (Aaaaargghh Hail & Support !!!) s’avère on ne peut plus bref, concis mais impose le ton ! Hum… point de volatiles poussant je ne sais quelle nuptiale sérénade, point de grandiloquence orchestrale caviar, point de sample clichesque à la mort moi le nœud…. Mais un son informe tel le râle de l’ange déchut qui, dans sa chute divinement traîtresse, injecte à l’auditorat une noirceur faisandée, une crasse aversion.

Ce vertige incantatoire achevé, la haine originelle ainsi invoquée, le substantifique trio qu’est Plague, tel une bonne demi douzaine de tireurs embusqués balayant au MG 42 la joie et la liesse des Journées Mondiales de la Jeunesse, donne sans plus attendre l’assaut !

Tout comme pour The Beast, l’on ressent le désir flagrant d’en revenir à une fibre Old School, à l’impureté originelle comme pour rompre une fois de plus avec le corruption culturelle ambiante mais, de façon sensiblement distincte, notamment de part des influences notoires bien moins chaotiques, incontrôlées et remontant encore plus loin dans l’arbre généalogique de l’Art Noir.

Le jeu de cordes de Ghoul, jouissant d’un son délectablement lourd et grumeleux semblable à celui des monolithiques Venom ou Celtic Frost de la grande époque, est très rustique. Son simplisme quasi fanatique est empli de maléfices qui ne sont pas sans inspirer la fougue des trois premiers Bathory et l’obscurantisme damné du grand Darkthrone pour exemple ! L’aura se dégageant de ce maelström, de son concassage de tous les instants entre frénésie barbare typiquement Raw Black et lourdeurs plus oppressantes propres au Death des premières heures ou parfois très Heavy est telle qu’elle confére l’impression que cette rondelle à été forgée plus d’une décennie auparavant !

Les percussions exécutées par Nihil ne sont pas en reste en ce que, toutes aussi impitoyables, elles ne s’encombrent pas de détails mièvres et couillus…. Point d’exercices de style pour une frappe malgré tout chirurgicale sachant donner tout leur sens aux structures des riffs. Les blasts sont à en désanusser sa sainteté papale elle-même, les ralentissements sont tous autant qu’ils sont d’incisives mises en abîmes, et certaines envolées très catchy feront, pour sûr, headbanger, rotteuse à la main, tout les True Ones ne rechignant pas une certaine insolence Thrashisante !

Enfin, au sommet de cet Art noble, Nornagest tel un prêcheur maudit siége avec hargne et verve ! Le timbre de son organe, très froid et me rappelant souvent la verve hautaine d’un Fenriz au mieux de sa forme, ainsi que l’articulation très efficace des lyrikz se fondent parfaitement à cette substance subversive et sulfureuse.

Le souffre, le dégoût et la haine se situent aux fondements même des quatre tracks de ce « Visions Of The Twilight », de cet ébat impie dont l’on ressort aussi apaisé que meurtri ! Une excellente galette qui provoquera autant le rejet des adeptes de Gay Vampiric Metal qu’elle suscitera plaisir et jouissance chez les maniaques désabusés par les tournures actuelles de la scène dite extrême ! Un Ep pressé par le Grand Cornu lui-même !

Soulignons que cet opus vinyliquement pressé à cinq cent copies est également disponible en tape strictement limitée à cent exemplaires ! Act Fast !

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Plague :
nartvind@hotmail.com

D.U.K.E.
Rue De L’oratoire
Cidex 1010
39800 Le Fied
France 

Sperm. S.