Peste Noire « Macabre Transcendance... (2002) »

Dans le passé révélé via l’excellent Split partagé avec le bestiaire gaulois Sombre Chemin sur lequel nous reviendrons en temps voulus, il n’en fallut pas plus pour imposer quasi instantanément Peste Noire dans notre underground de part un Art Noir de très haute volée et, déjà diantrement personnel.

Ce « Macabre Transcendance… » est le second méfait de la bête, capturé durant l’hiver 2001 / 2002 et, meurtrièrement propagé par Drakkar Production la même année.

De part un effort de production Raw, d’une nauséabonde crasse, mais effroyablement audible pour l’initié, qui s’imposera à l’ouïe avec autant de finesse que les effluves d’une fosse commune interdite fraîchement exhumée à l’odorat, Peste Noire, à mille lieux des déplorables artifices de certains acteurs de l’ombre jusqu’au-boutistes et sans âme, dresse avec un feeling d’une belliqueuse solennité le théâtre d’un morne départ en campagne. L’on ne peut qu’instantanément ressentir la sincérité d’une œuvre sulfureuse enfantée dans la clandestinité et n’ayant pas vocation à en sortir.

Prémices solide et des meilleures augures rapidement corroborés par « Le Mort Joyeux » où l’on retrouve un artisanat resté inflexible, transpirant à la fois d’une folie assassine, d’une intrinsèque crudité et, d’errances oniriques hypnotiquement alambiquées ; Noire et riche semence semblant perler des rouilles dévorantes d’un panzer abandonné au cœur des brumes nocives et sanguinaires d’un ligne de front où ne siégerait plus que l’ombre saillante de la faucheuse incarnée, puisant à mon plus grand plaisir son lyrisme sacrifié, sa verve intestine en le sublime et fantastique « Les Fleur Du Mal » de Baudelaire.

Redoublant de hargne et détermination, comme syphilitiquement éjaculé d’un canon de batterie anti-aérienne, s’impose sans égards pour la moralité, la compassion, « 666 Millions D’esclaves Et De Déchets » ; Titre ô combien approprié au déferlement haletant d’impulsions aussi tranchantes qu’un tonnerre d’éclats d’obus à la perpétuelle charnière entre nervosité épileptique des plus primaire, simpliste et, rechutes plus maladives, lancinantes, effleurant la nostalgie païenne du genre, à grands renforts d’arpéges, solos artisanaux mais maîtrisés, très heavy et copieusement burnés. Aussi sublime que nauséeux, talentueux qu’amateuriste, fédérateur que dangereux, ce track est un monument où l’expression textuelle des pensées élitistes sataniques et malsaines de Feu Cruel, dans leur incroyable et damné écorchement, confirme l’appartenance gauloise de Peste Noire.

« Spleen » ne sera pas inconnu à celles et ceux s’étant appropriés en son époque le Split évoqué au début de cette chronique puisque ce track y trônait déjà. Les influences Baudelairiennes, après maintes interprétations et adaptations au sein de l’Art Noir, se révèlent aujourd’hui bien usées et pénibles, Peste Noire parvient néanmoins une fois de plus, et avec brillance, à tirer son épingle du jeu pour offrir une viscérale et poignante descente aux enfers, outrepassant de loin les frontières de la dépression et du désespoir et, tout simplement érigée à l’image de son appellation. Une fois encore, les vocaux méritent les honneurs tant ils transcendent la trame émotionnelle ver des degrés de souffrance rares.

Enfin, introduit par un sample suintant d’une grandeur teutonique d’un autre age, « J’éjaculerais Sur Vos Décombres Fumants » clôture les hostilités en parfaite adéquation avec la virulence aveugle nourrissant les viandes du duo Feu Cruel / Neige. Bien au delà de la facile et décérébrée étiquette NS collée à tort sur le groupe, c’est bien un déferlement de haine pure et généralisée qui tend ici à mettre à Mort l’auditoire ; Une frappe sans distinction à la gloire de tout les maux et fléaux susceptibles d’affecter et détruire l’espèce et ses élans sociétaires.

En somme, suprême et titanesque, cette démo tape est, comme le dirait l’ami Kurgan, « l‘une des dix / douze meilleure chose que l’Art Noir hexagonal n’ait jamais produit. »

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Sperm. S.