Pogrom « Apocalyptik Reherseal (2004) »
Beaucoup
semblent connaître ce groupe, dont le nom résonne tel
une provocation ferme et assurée, depuis peu, pourtant, Pogrom
est loin d’être un arriviste dans notre underground hexagonal
puisqu’il affichera l’an prochain une décennie d’activisme
au compteur! C’est en effet en 1995 que l’entité prend forme composée d’Agyar à la guitare et de Otto Von Blutarch à la basse, de prime abord en tant que groupe de RAC. En ces temps reculés, un certain nombre de guitaristes et de batteurs se succèdent sans que le résultat s’avère concluant. Un an plus tard, Pogrom se radicalise en la forme et devient un, groupe de Black Metal. Jusqu’en 1998, les choses n’avancent pas vraiment en raison de problèmes persistants de line up. A compter de cette année, Pogrom immortalise néanmoins un premier track sur la compilation « Glorious Legions II » aujourd’hui sold out via le label Black Art And Mansion aujourd’hui disparut. Deux ans plus tard, un second track prends corps sur une nouvelle compilation ; Il s’agit de « Satanik Battle, Satanik Victory » chez Chaos Prod. En janvier 2001 voit enfin le jour une première démo intitulée « EinenHerbes Gesang » enregistrée par Agyar à la guitare et Otto Von Blutarch aux vokills et à la basse. Dés lors, les carences de line up vont rapidement se régler par l’arrivée de Algeroth en tant que second guitariste et de Trom à la batterie puis, le remplacement en 2002 de Otto Von Blutarch par Herjan au chant et Blaspherion à la basse. A partir de ces nouvelles bases, Pogrom va rapidement capturer sa seconde demo tape intitulée « Apocalyptik Reherseal » mais, ce n’est qu’à partir de janvier 2004 que celle ci va réellement être diffusée en tant que vingtième prod de Forgotten Wisdom. En attendant de pouvoir déguster « Mort Au Peuple », le premier album, voyons donc ce que l’art de ce quintet a dans le falsard. Pogrom se démarque nettement de l’hégémonie contemporaine planant sur les cohortes parisiennes. Véritable vivier superficiel de junkies et drag queen sans réelles convictions ni talent pour certains, puissante plate-forme d’un extrémisme musical malsain, hermétique et sans compromis pour d’autres, il n’en demeure pas moins que la scène parisienne nourrit de fort liens avec un Black Metal d’obédience satanique. Pogrom quand à lui s’auto proclame d’appartenance NS et, de cela en découle, comme bien souvent, une approche stylistique fortement teintée de consonances païennes. Ce « Apocalyptik Reherseal » débute à l’ancienne, c’est à dire sans les embarras et fioritures de la nouvelle vague du BM, par une explosion et, se termine de la même façon sans que l’intensité n’ait faillit un seul instant et, sans avoir eu besoin d’artifices pour relever le niveau. Tout est ici très raw et semble guidé par une rage, une haine incontinente ; Néanmoins, le quintet agrémente son implacable mur sonore de mélodies d’un autre age. Une fois de plus, l’identité éternelle de la scène hexagonale instituée par nos glorieux aînés et encore aujourd’hui inégalable, reprends ses droits. De fait, les riffs d’Agyar et d’Algeroth soutenus par la basse de Blaspherion et transportés par le jeu de batterie très cru et linéaire de Trom atteignent des dimensions une fois de plus paradoxalement solennelles, nobles et nostalgiques. Il n’y a rien de particulièrement novateur ici mais, cette ambivalence torturée me fascinera toujours et, il ne m’en faut pas plus pour ressentir l’authenticité et la verve rustique que je recherche. En parlant de verve, ne négligeons pas les vokills régnant sur cette tape ! Ceux ci sont indéniablement vecteurs de folie furieuse d’autant plus que Herjan est ici soutenu dans sa performance par deux invités de marque dont le talent n’est plus à démontrer à savoir Xaphan du fantastique Seigneur Voland et, Overlord Nasty Metatheos de l’imposant Blessed In Sin ! Le degrés de haine ici atteint du fait de cette osmose écorchée est indescriptible tant il est jouissif ! La textuelle des tracks que sont « Troisième Empire », « Mort Au Peuple », « Tambours De L’ordre Noir » et « Humanité Décadente » en ressort décuplée dans sa hargne et sa symbolique ! Symbolique qui, précisons le au passage, occulte totalement les préceptes qui ont souvent valus à la scène BMNS de se faire qualifier d’humaniste. Il n’est pas question ici de préservation ou de combattre pour la survie d’un peuple, d’une race et, la pérennité du sang mais, d’une glorification de la destruction de masse, de l’annihilation totale et sans remissions, de l’aspect le plus expéditif du génocide. « Apocalyptik Reherseal » se termine par une reprise de « Pestanz » du mythique pilon Germanique qu’est Absurd, emblème de toute une scène. Ce dernier track est très honorable, l’aura belliqueuse de l’originale y est bien retranscrite ; Son élan fédérateur originel y est tout aussi réussit, si bien qu’à la seconde où la dernière saturation pousse son ultime soupir, l’on ne ressent qu’une seule envie : Celle de rembobiner et de repartir à l’assaut. En conclusion cette seconde démo de Pogrom est droite et intègre et, devrait convenir à tout maniaque du genre qui parviendra à surmonter le son chaotique et très underground de l’ensemble. Il est simplement un peu regrettable que cette œuvre soit trop courte… Une démo radicale pour un groupe radical en somme ! Contact : Sperm. S. |