Nihilistic Kaos / War Blasphemy
« Necro Sad Black Metal » / « The Prophecy of the Apocalypse » (2005)

Ultime témoignage démo-niaque de Nihilistic Kaos avant de pénétrer des sphères plus pros’ sous l’égide de Forgotten Wisdom Prod, je ne cessais plus de me lamenter d’être piteusement passé à côté de ce « Necro Sad Black Metal » originellement parut chez le désormais défunt Korosiv Distro Prod en 2005… Dévorante, mon amertume tenta bien de s’oublier à même l’intimité putride de moites rombières croisées au hasard nocturne de crasses ruelles… de se noyer en l’ivresse frelatée d'ignominieuses tourbes… de s’évaporer avec les remugles névrosées de médecines interdites… mais rien n’y fit, jusqu’au jour où je découvris cette réédition, estampillée War Production, en split tape avec War Blasphemy. Quelques mails et un trade plus tard, me voici donc, la rage aux burnes, en possession de la pièce. 

Annoncé à l’époque tel la toute dernière release du groupe avant sa mise à mort, [suicide qui ne se concrétisera finalement qu’après la sortie, un an plus tard, de l’excellent « Le Homélies du Vice » chroniqué ici même] « Necro Sad Black Metal » semble désireux, au fil de sa progression, de s’affirmer tel une rétrospective.

Hormis concernant « Dead » qui, bien que toujours empli de cet ichoreux élixir palpitant avec sobriété et froideur, confinant toujours un peu plus loin les fonds d’un insondable gouffre de rage, de stupre, de vilenie acariâtre… de ces râles inhumainement mutilés s’exhalant du larynx ravagé de Körös, résonnant tels les chants et clameurs d’une Mort matérialisée… se révèle sous un jour encore in-habituellement lourd, modéré, quasi Rock’n’Roll pour Nihilistic Kaos, les quatre nouveaux tracks introduisant cette tape se situent, qui aurait pu en douter, dans la droite lignée de ses prédécesseurs, et, plus particulièrement de «Alchimie de la douleur - L'Art de la souffrance» dans la façon de penser les structures. Au chapitre des réjouissances donc, un débourrage intensif mais mesuré, une agression archaïque, mais sachant toutefois, malgré ses simpliste fondements et contrairement à bon nombre, jouer de rythmes et subtiles variations pour ne pas tomber dans les piéges du plus incompétent / in-inspiré minimalisme uniforme.

S’ensuit « Ad Honores » qui, pour le coup remarquablement re-mixé, provient de la première démo, du même nom ; Occasion pour moi de me ré-imprégner avec une nostalgie toute particulière, somme toute à la hauteur des aubades damnées transpirant de ce track tout aussi antédiluvien qu’immortel, de cet oppressant fluide dégueulant de souffre qui, quatre ans auparavant, poussa mon bulbe à ébullition ; Occasion pour des cohortes d’irrécupérable autistes d’effleurer avec rancune ce à côté de quoi ils sont passés… toujours aussi authentique malgré un visage plus carré, raffiné.

Egalement re-mixé mais invariablement propulsé comme sous l’influence de je ne sais quelle amphétamine coupée à l’uranium, « Demence » nous ramène à ce qui, en terme de fanatisme, de violence aveugle, fut probablement, du moins à mon goût, la release la plus radicale de N.K , j’ai nommé « Demence & Perversion ». Véritable cadavre-exquis de tout ce qui fit la gloire et grandeur du BM Nordique du début des 90ies avant sa touchante décadence, ce track pourrait presque, à lui seul, invoquer le spectre du Gorgoroth époque « Antichrist ».

Enfin, « Deviant Christ » referme la marche dans une veine similaire. Probablement inédit pour beaucoup, ce soubresaut final ne sera néanmoins pas inconnu de ceux s’étant, dans le passé, intéressés à la « War Compilation » produite en 2004 par The Black Fullmoon Records [RIP] et, alors que ses derniers souffles se font sentir, l’on ne peut s’empêcher, en comparant les diverses dates de compositions et de sorties des sept morceaux hantant cette première face, de constater que, là où beaucoup ont tendance à se prostituer au fil des releases, Körös n’a jamais dévié de sa démarche originelle et, si évolution il y a néanmoins et bien heureusement eu, ce ne fut que pour parachever la logique d’un périple d’une droiture exemplaire. 

Croupissant sur la seconde face, War Blasphemy nous vient du Portugal. Evoluant sur les bases du duo Abraxis War Bringer [Guitare / Basse / Vokills] & Thormenthor [Batterie], ce groupe au patronyme que l’on croirait déféqué de la scène Sud-américaine, d’emblée évocateur du plus rétrograde fondamentalisme, n’en est pas à ses pionnières armes puisque auparavant, virent le jour sous son joug la démo « For The Glory Of The Unpure » [2002], le Ep « The Prophecy Of The Apocalypse » [2003] et, l’album « Satanic Armaggedon » [2004].

Cette partie du split consistant, vous l’aurez déjà compris, en une réédition du glaviot vinylique précité, pour l’occasion agrémentée de quelques bonus-tracks, les Lusitaniens ne proposent ici quasiment rien de nouveau, hormis pour les quelques connards qui, à mon instar, ne les connaissaient jusqu’alors que de nom.

Non sans redoubler d’efforts pour tenter de draper ce qui va s’ensuivre d’un scabreux halo sybarite, d’une grand-guignolesque aura hérétique, le préambule introductif se révèle, comme bien souvent de part un formalisme trop surgelé, superflu au possible… Gageons que les esprits avisés observeront ici prétexte idoine à aller se décapsuler une sainte rotteuse pour mieux se prendre les deux tracks du Ep 2003 à travers la tronche… Car, plus élémentaire que la fiche technique de je ne sais quel Mondo, plus obscur que les doutes d’un grand inquisiteur qui se laisserait pénétrer par l’obscurantisme révulsé de l’une de ses incandescentes victimes, plus crasseux que les vestiaires du gymnase de Cachan après purge des lieux, War Blasphemy se révèle faire parfait écho à l’incontinente folie de son prédécesseur.

Plus technique, alambiqué dans ses structures néanmoins, il n’est pas rare que le duo agrémente l’emprise frénétique de ses influences très Scandinaves de cycles Heavy divers ; Qu’il décline ses minimalistes chutes de pressions en nuances arpégées dissonantes ; Qu’il rebondisse via des impulsions syncopées proches du Death Metal le plus acerbe ; Qu’il transcende ses speed-pickings de tradition vers des sphères mélodiques plus inclassables etc…

War Blasphemy ne révolutionne strictement rien mais, tout en faisant preuve d’une certaine personnalité dans son processus d’émulation, d’un certain savoir faire en terme de feeling, parvient à honorer le genre de façon crédible et efficace… du moins concernant ces deux premiers assauts car, au chapitre des bonus, la verve du duo revêt un visage bien plus anecdotique, fade et dispensable : De la reprise de « Atomic Nuclear Desolation » qui me semble bien légère sortie de l’originel contexte Blasphemy, à la « fucked up version » tout simplement imperceptible du track « Holy Raping » extrait de la première démo, en passant par un inédit du nom de « Hate » qui, malgré une rhétorique de toute évidence séduisante, aurait mieux fait de rester au placard tant il manque de carrure et abuse, d’un point de vue sonore, d’un jusqu’au-boutisme UG à peine digne des quelques 80% de merdes polluant les distros… je ne trouve personnellement rien à préserver de l’oubli. 

Il est regrettable pour l’homogénéité de ce split, son impact, que War Production n’ai pas su éviter le piége du remplissage inutile pour la partie War Blasphemy. A défaut de hurler à l’excellence, j’affirmerait donc simplement qu’il s’agit d’une bonne release. 

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Sperm S.