Namtar « ... Jesus Fukking Christ » (2004)
Quoi
de plus idoine et agréable, pour se détendre le gland
entre deux infâmes souillures de Nocrataï, que de se coller
dans la rate un bon vieux Namtar des familles, d’ailleurs acheté
concomitamment chez ces vieux saligauds nihilistes extrémistes
et pervers de D.U.K.E., que je salue au passage ???? Tout aussi obscur et clandestin, Namtar nous vient du Saint Empire Germanique et, visiblement sous la forme de one man band, dégueule, via ce « … Jesus Fukking Christ », ce qui semble être sa toute première réalisation, en collaboration avec un nom moins hermétique Satanic Jesus Productions [label de toute évidence étroitement affilié au projet, aucune structure n’ayant eu suffisamment de burnes au derche pour oser appuyer une telle déjection… pour sûr…]. Gageons que les puristes les plus chevronnés n’y trouveront aucun intérêt mais, pour ma part, l’étiquette « Satanic Electro Indus » apposée à ce Cd-r, dédié corps et âme au grand cornu et au sexe extrême, attira mes égards, ne serait-ce que pour donner un souffle nouveau à mes parties fines de type sodomites, ces derniers temps, je le concède faute de gibier suffisamment audacieux, en perte de vitesse… « Black Souls » ouvre les hostilités et doit, à mon sens, ne recevoir de considération qu’à titre de simple exercice de conditionnement sonore, de simple passerelle initiatique voué à faire le tri dans les rangs de l’auditoire. Aucun réel intérêt en somme, si ce n’est celui d’entre apercevoir, dans une forme épurée, ce qu’est l’essence brute de Namtar : Rythmique et manipulatrice. « Satanic Poison » reprend en effet, à peu de choses prés, la même dominante, à savoir une bàr d’un synthétisme extrême, quasi ritualistique de part sa programmation insistante, sa négation de toute envolée structurelle, de toute progression musicale, à laquelle s’ajoute un riff minimaliste, très harsch & pachydermique, exécuté, du haut d’un fuzz aussi laxatif que tranchant, en une invariable alchimie power chords / palm mutes et, un sample de la version teutonique du « Blue Velvet » de Lynch répété en boucle, auquel se mêle des vocaux écorchés et saturés, presque BM dans le concept. Abominable mais délectablement conforme aux dessein de perversion spirituelle ici suggérée. La corruption de la brebis égarée faisant son œuvre, son âme au bord du gouffre n’étant plus que le corollaire à la perte de ses chairs, « Psychodelical Warfare » survient sous un jour plus empressé. L’on notera la recrudescence de sons électroniques très instables et noisy, inspirant un sang de moins en moins pur, bouillonnant dans le souffre de je ne sais quelles substances aux faveurs de nouvelles sensations ; Une frappe toujours aussi froide mais, bien plus vigoureuse, comme étant en connexion directe avec un palpitant se laissant submerger par l’effroi le plus excitant. Une plage plus asphyxiante que le serait la peur panique d’un claustrophobe contraint à se taper une séance de spéléologie dans les entrailles fumantes d’un chiotte turc ou, d’un asthmatique se cognant un grog à l’amiante. De nouvelles perspectives enfin révélées, « Death Is Certain, Life Is Not » se veut porter un regard lucide sur la folie de l’homme et sa véritable vocation ici bas, de part une substance bruitiste où, sur fond de hurlements dégueulés façon Luc Mertz, tout n’est que feu et acier… De douces images d’Epinal que n’aurait pas renié un Kubrick époque « Orange Mécanique » s’emparerait presque de mon esprit… Fantasmagorie, la mort ayant fait écho à toute vie, immédiatement exacerbée par un « The Song Of The Living Dead » qui, organisé de le même façon, devrait coller le bambou à tout les nostalgiques de L. Fulci, G. Romero et autres J. D’amato. Renouant avec un mode opératoire plus electro indus, « Satanic Sex-Orgies » se situe, à mon goût, au sommet de ce « … Jesus Fukking Christ » ne serait ce que parce qu’il résume à lui seul son maladif contenu et, qu’il en est probablement le track le plus hargneux. Des percussions malsaines, tribales et obstinées telles un chibre qui serait fermement décidé à s’incruster, post-mortem, dans un rectum aussi sec et collé que le serait un embrayage à bain d’huile inutilisé depuis deux bonnes décennies [quoi que certaines ne sont pas beaucoup plus accueillantes de leur vivant…] ; Un riff unique, scabreux et décharné paraissant joué à la scie sauteuse par un lépreux que l’on aurait sanglé à une perceuse à coulisse tel une marionnette ; Des effets sonores dignes des cassettes de méditation de Charles Manson ; Et, des vocaux écorchés à l’huile bouillante, autistes, s’employant à emboîter le seul et unique leitmotiv de ce morceau dans le crâne de l’auditeur. Prolongation plus éthérée mais toute aussi dépravée, « Blue Goddam Velvet » est un hommage au film de Lynch précité… Un track digne des monologues aliénés du protagoniste de « Maniac », n’étant pas sans me rappeler certaines de mes introspections solitaires et dépravées. A l’heure où il est de bon ton, chez tout esprit faible qui se respecte, d‘effectuer un certain retour vers le racolage des dogmes religieux, sous prétexte de je ne sais quels besoins de mysticisme, de spiritualité ; Où même les arcanes de notre mouvement ne sont épargnées et, que nombre d’alliances toutes plus farfelues les unes que les autres nous sont suggérées par un souci de préservation identitaire, Namtar s’en lave les mains de part un « Christ Destroyer » des plus évocateur… Au delà de toute grammaire musicale imaginable, la bête vomit ici un élixir fracassé, digne des instants les plus ravagés, saturés et jusqu’au-boutistes de MZ 412 et autres Melek Tha. Franchissant un pas supplémentaire vers l’extrémisme le plus total à chaque nouvelle plage, « Konsquente Vernischtung » est probablement le chapitre le plus violent, crade et insoutenable de cette démo. Epileptique, écartelé, sulfureux, décharné… essayez de vous imaginer ce que donnerait le split Ep de Z’B’T / Karbonized Traitor & le « Sickness Falling » de Funerary Call joués simultanément et respectivement en 33 Rpm & 45 Rpm du fond d’un silo à missile et, vous aurez peut être une idée précise de cette immondice. Enfin contre toute attente, c’est
un « Deathfuck » aux allures de lente et funèbre
incantation qui clôture de façon très intimiste
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