Nahar « Soulscape » (2004)
Recrue
toute récente de l’underground hexagonal, Nahar est un projet né
en 2000 anno bastardi, sous l’impulsion du duo Shaddar.V.H [Guitares /
Basse / Batterie] / Sorghal [Vokills / également membre d’un Nehëmah
qu’il n’est plus vraiment utile de présenter…], et, ce « Soulscape »,
sortit en 2004 des forges Korosiv Distro/Prod , est sa toute première
contribution à notre noir édifice souterrain. Avec pour essentielle servitude lyrique l’absolue et maladive célébration de la sublime et ineffable faucheuse, de son incommensurable office que l’on ne peut voir ou sentir, entendre ou respirer, s’étendant bien au delà des étoiles, rampant sous le règne des hommes, emplissant les abîmes arides ; De son oeuvre qui vient d’abord et suit après, achevant la vie et tuant le rire… Nahar s’enveloppe fort judicieusement d’un feeling contemplativement moribond, qui, annoncé par un artwork éloquent, galvanisé par une production sonore froidement paroxysmique, se voit déposé en bière par une section rythmique d’un ascétisme soluble dans la dépression, d’une pesanteur globale plébiscitant les vertiges les plus asphyxiants, accompagnant ainsi, à la façon d’affamés oiseaux de proie tourbillonnants dans la grisaille hivernale, des guitares qui, quasi impérieuses de part leur morbide, obsédante monotonie et, retentissant telles les foulée d’un être auto-excommunié de ce monde qui gravirait les sentiers d’un sylvestre enfer vespéral jusqu’aux ultimes limons de sa dernière demeure, ne sont pas sans inspirer les instant les plus hypnotiquement noirs d’un vieux Nehëmah… Des riffs aussi scabreux que nobles, aussi monolithique que vaporeux qui, d’une incandescence pénétrante à en calciner les ultimes ressources émotionnelles d’un innée soubresaut d’humanité tentant de se heurter à l’imminence du supplice ; D’une hypothermie suffocante à en givrer les dernières larmes de souvenirs condamnés au néant, peuvent tout autant suggérer l’influence suicidaire du grand Xasthur… Des introspections arpégées, d’une tristesse sépulcrale, amertume enivrante et morosité manipulatrice, aussi décharnées que les valétudinaires introspections de viandes qui, aux tréfonds de déshumanisées frondaisons bercées par les plus obscurs terroirs, les plus séculaires maléfices de mère nature, s’abandonneraient aux affres de solitaires putréfactions salvatrices ; Désolation incarnée, à en faire revivre les croûtes de T. Kittelsen comme put, jadis, le faire Burzum… Des mélodies minérales et perçantes qui, à en pousser le plus mélancolique des Gorgoroth dans les tourments d’une incurable dépression autodestructrice, hantent les quatre tracks de cette tape tels l’âme passée à trépas qui, oubliée par Charon, n’ayant donc pas rompu avec ses servitudes terrestres dans les ondes du Léthé, errerais, sans avoir trouvée sa place, entre la morne quiétude de l’Hadès et la folie d’un Cheol incandescent ravagé par le souffre et les pleurs…. Enfin, là où une telle quintessence aurait put laisser imaginer des vocaux d’une écorchure insondable, la verve de Sorghal se révèle rauque, fantomatique, distante rongée par l’oubli, comme si, bien au delà de la souffrance, de la peine, du chagrin et de la haine, émotions bassement humaines, ils étaient l’œuvre d’une âme ayant, depuis déjà bien des lunes, transgressée les maigres frontières séparant la vie et la mort. Au final, voici, contrairement à mes us et coutumes, une chronique bien courte mais, il n’y a incontestablement plus rien à ajouter. Ce « Soulscape » ne révolutionne rien mais, la force des troubles et sensations qu’il éveille en l’esprit auditeur témoigne d’une démarche sincère, authentique et profonde qui se respecte et mérite le soutient. Un aller simple, anticipé et digne, vers ce qui caractérise fatalement notre condition. Contact : K.D.P. korosivdistro@wanadoo.fr Sperm. S. |