Mystic Forest « Third Requiem (2000) »

Comme son appellation le suggère de manière fort funeste, cette tape est la troisième démo de Mystic Forest, groupe que l’on ne présente aujourd’hui plus, sauf pour les autistes en stade terminal, et qui officiait encore à l’époque sous forme de one-man band.

« Third Requiem », produite par Chanteloup Créations, Label depuis déjà bien longtemps disparut dans la tourmente suite aux exploits inconsidérés d’un faible d’esprit insignifiant, nous replonge en une époque où notre scène hexagonale n’en était pas encore au stade hégémonique qu’on lui reconnaît aujourd’hui et, où Mystic Forest tentait avec convictions et respect d’apporter sa pierre à l’édifice grandissant et de plus en plus menaçant.

Bien qu’étant encore en ces temps quelques peu reculés au stade quasi « amateur » de la démo, cette œuvre dévoile déjà la personnalité forte et unique de l’entité, sa faculté déjà impressionnante à envelopper l’auditeur d’un voile brumeux opaque pour l’enfouir dans une obscurité déphasante, aux limites de la dépression. De surcroît, une écoute plus contemporaine de « Third Requiem » démontre que même après trois albums tous plus envoûtant, dépaysants les uns que les autres, et, un respect acquis qui n’est plus à démontrer, ce one man band, devenu depuis un groupe à part entière, n’a pas succombé aux piéges du conformisme, n’a jamais trahit ses idéaux et sa ligne directrice mais a au contraire cultivé et magnifié des fondations solidement établies.

Nous retrouvons donc ici sans grande surprise ce divin et hypnotique contraste entre mélodies tristes, mélancoliques et explosions raw qui a toujours été une spécificité de Mystic Forest et qui, au delà traduit la trademark typique du BM français ; Identité propre et forte qui a été initialement très largement instituée par les Black Legions, par Kristallnacht, Seigneur Voland… de manières un peu plus crues et, dont nous pouvons être fiers face au déclin et à la banalisation de scènes autrefois leaders et pionnières.

Ces lignes mélodiques reposent sur des leads guitares quasi omniprésentes qui traduisent un penchant certain et intime pour la grande musique et, dont le degré de nostalgie est parfois tellement poignant et étouffant qu’on frôle le tragique.

Pour le coté raw, les autres instruments et leurs multiples variations et changements de rythmes font le reste ; Cela de part des riffs évidemment très purs dans leur primitivisme ; Une batterie mécanique très massive, brute et présente ; Et des phases vocales sauvages qui en plus du spectre typique du groupe, sont parfois proches des gargouillis de gobelins d’Immortal (La mise en bouche de « Welcome Back In The Forest, le premier des cinq tracks, est particulièrement représentative de cela) ou, de temps à autres très torturées et beaucoup moins conventionnelles ce qui justifie les comparaisons que certains ont pus faire avec l’approche d’Attila.

Pour appuyer tout cela, le son en sachant être raw reste correct et même plutôt puissant.

Le déluge se termine loin de l’atmosphère vénéneuse du BM, avec la finesse d’un piano qui traduit une fois de plus ce goût prononcé pour la musique classique cité plus haut et, qui préfigure certains interludes futurs.

L’art de Mystic Forest est donc resté intact et fidèle avec le temps, tout comme l’âme qui le guide :

Le dénuement mélancolique est présent avec toute la poésie qu’il inspire ; La communion avec la Dame Verte à rarement été aussi privilégiée, fascinante et en même temps effrayante et hostile ; Notons également de part la pochette ce goût pour l’art qu’est le sado-masochisme, goût qu’il sera aisé de retrouver sur les albums qui vont suivre et, au delà dans le projet moribond qu’est Eikenskaden.

En conclusion, une excellent démo malheureusement plus courte qu’on ne le voudrait ; Les pièces de choix sont toujours les plus brèves…

Contact :
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Sperm. S.