Mind Control Part 7 « Z'B'T' 34th demo - Hallucinations II » (2005)

Dans l'indécence des plus escarpées entrailles de la massive et pérégrine mise en bière scellée Mind Control, la sixième cellule renfermait le trentième chapitre de la névrose Z’B’T’ intitulée « Hallucination – Evil Music For Evil People ». Le présent glaviot, septième volet du nom, contient, quand à lui, le « Hallucination II » classé trente quatrième dans le traumatique palmarès du monstre de Yutz.

Cachet « Mind Control » oblige, le nom de cette énième démo étant déjà suffisamment éloquent, place, ici, à quatre nouveaux tracks si instinctivement sauvages, introspectivement débridés, qu’ils en pousseraient n’importe quel obsédé de « musique » expérimentale à l’autolyse la plus salutaire.

« Sinister » préside l’ordurier cortège d’outre-tombe et, putain ( !?!?!), l’on imaginerait presque avoir, par erreur et ivre des plus ignominieuses défonces, insufflé le premier Stalaggh à ses platines tant le mode opératoire, endoctrinant crescendo la folie la plus vicelarde et rampante vers les confins d’explosions psychotiques diarrhéiquement incontrôlées, semble être le même. L’inconcevable s’installe donc sur un vaste bruit blanc de guitares méconnaissables, comme [potard de distorsions poussé dans ses plus abstraits retranchements] attaquées longitudinalement en d’incessants va-et-vient à la tranche d’une décapeuse rouillée… Ecartelées entre d’interminables, alambiqués, laxatifs et décousus bends, à en faire passer « The Work Which Transforms God » de B.A.N. pour un honteux album de Liar Of Golgotha… Laissant parfois filtrer quelques éphémères bribes de mélodies pour ensuite mieux happer le cervelet auditeur en des tourments contre-nature et improbables hantés d’abjects larsens… Le retentissement répétitif, très régulier et gorgé de delays abruptes d’une obscure sonorité déformée, proche des plus grasses et profondes basses, ne tarde pas à faire son apparition tel la manifestation cardiaque d’une euphorie rituelle ; Transe à laquelle se mêlent peu à peu d’autres méphitiques échos qui, entre graves abyssaux et sur-aigus perçants, contribuent progressivement à établir une sordide et cadavéreuse base rythmique. Enfin les vocaux font leur entrée. D’abord rauques à en relayer les phrasés d’Attila sur le « De Mysteriis Dom Sathanas » au rang de mièvreries sopranos, ils résonnent comme de corrompus chants liturgiques s’exhalant des géhennes pour graduellement revêtir une dégueulasserie tonale plus proche des contondantes démences BM auxquelles Luc Mertz nous à habitués.

Ceux qui, comme moi, s’accablèrent, dans le passé, de la mise en sommeil du chtonien Stigma Diabolicum, risquent fort de raviser leur amertume à l’écoute de « Black Sky ». A mille lieu, vous vous en doutez, des symboliques fantasmagories de certaines amibes, ce track ressuscite le pire de l’héritage de ce vieux projet Dark Ambiant pour lui faire épouser une structure plus ventilée et éthérée, où les guitares , en un regain d’oppressante pesanteur, se font plus audibles, déployant des gibbeuses carcasses de riffs façon Abruptum sous antalgiques, et, où les vocaux résonnent tels de masochistes conjurations. L’ensemble, déguenillé, scabreux, dissonant et abrupte, donne l’illusion de se trouver claustré dans la moiteur claustrophobe d’un transformateur électrique irradié au lendemain de je ne sais quel holocauste, en compagnie d’une libidineuse horde de prédateurs sexuels aux airs de ladres lémures.

« Darkness Terror » est probablement le segment le plus typé Indus de cette rondelle et rarement un track n’aura si bien flatté son substantif. Reprenant globalement les même ingrédients que ceux déglutis précédemment, la rythmique se trouve toutefois, ici, nettement accentué, jusqu’à quasiment devenir fondamentale, primale, en une transfiguration sonique de toute la folie qui pourrait résulter d’une irréfrénable crise d’angoisse schizoïde éprouvée depuis les bas-fonds d’un friche industriel qui reviendrait, par je ne sais quel sorcellerie, à la vie. Un témoignage si harsh et rude que l’on se plairait presque, son écoute se faisant, à revisiter le mythique « Tetsuo » de S. Tsukamoto ; Remake où les deux antagonistes hommes-machines succomberaient en un métallurgique, fracassant et poisseux final partouzard…

Enfin, « Hallucination » trône à l’apogée de cette montée en delirium. Il n’y a, à ce stade, plus grand chose à ajouter de plus que précédemment si ce n’est que le phénomène de répétition se trouve ici, à grand renfort de delays aliénés et de superpositions flatulentes toutes en réverbérations, exacerbé jusqu’à en atteindre des dimensions réellement malsaines. Un matraquage pénétrant digne des spasmodiques grincements d’un sommier en chaîne sur lequel on violerais des mois durant une fraîche et candide jouvencelle… de la monomanie d’un autiste qui matraquerait inlassablement les cages d’une chambre de torture… les images ne sauraient manquer.

Si l’on a coutume de dire qu’il n’y a pas d’art sans folie, Luc Mertz prouve ici que l’inverse est plausible. A se procurer entre deux séjours en hôpital psychiatrique. 

Contact :
C/o Mertz
24 Rue De Bordeaux
57970 Yutz
Gaule 

Sperm. S.