Malveillance « Nuisance » (2004)

Merde ( !?!?!), moi qui croyais que Blasphemous Underground ne lorgnait que du coté des factions sataniques les plus obscures de notre mouvement souterrain, grande fût ma surprise de découvrir, au palmarès de ce label, cette démo tape estampillée « Raw Anti-Zionist Black Metal ».

« Nuisance » est la troisième diatribe lancée par le one man band Québécois qu’est Malveillance à la face de notre monde famélique après la démo « La Mort Avant La Soumission » et l’album « Que La Mort Vous Emporte », tout deux sortis en l’an 2003 era vulgaris. Si ce dernier, parut en son temps chez le très respectable Autistiartili Records, me laissa [malgré une hargne indiscutablement fédératrice et une verve idéologique très forte incarnée par des noms de tracks tels que « La Souillure De Sion », « Quand Le Meurtre Devient Nécessaire » ou « Mon Admiration Pour A.H. » pour ne citer qu’eux…] plutôt dubitatif en ce que, tant en son essence sonore, qu’en la prévisibilité de ses inspirations ou, l’authenticité un peu trop éprouvée de sa volonté régressive, il m’amena à l’éternel postulat selon lequel le pedigree « subversion clandestine & mercenaire » est, de nos jours, trop souvent prétexte à toutes les facilités ; à l’inflexible constat d’un énième groupe prêt à tout pour se revendiquer d’un certain élitisme underground en dépit souvent de toute spontanéité… force est d’admettre que le présent glaviot en appelle à un jugement beaucoup plus clément.

De prime abord, l’on retrouve cette production lépreuse comme ne le sera jamais le plus insalubre des bidonvilles brésiliens, cette trame sonore fourmillante telle les mortifères étreintes de mère nature qui, depuis l’enfer vert le plus non-civilisé, ferait son antédiluvienne œuvre auprès de je ne sais quel austère anachorète païen passé à trépas, somme toute, ce méphitique souffle typique aux milices de la Nouvelle France ayant déjà marqué les affront de groupes tels que Arnstadt, Volkurah, Dark Field, Sordide, Würm & cie… mais, de façon beaucoup plus homogène, audible, et donc consistante, que dans le passé…

Cadre opportun au jaillissement de guitares qui, abattues, glaciaires et déshéritées telles les solitaires et agonisantes larmes de chagrin d’un homme d’arme qui, de retour de campagne, découvrirait sa chaumière embrasée engloutissant matrone souillée et progéniture égorgée, parait s’exhaler du plus vétuste répertoire d’un Nargaroth aujourd’hui en totale dégringolade qui, pour l’occasion, forniquerait avec une agression très proche, en les homériques et voraces montées d’ardeurs vengeresses qu’elle insuffle, des plus épiques Graveland… avec un feeling plus agreste, draconien qu’un successions de froides mises à mort façon Forest ou Branikald… Guitares très rustres donc, laissant, de temps à autre, éclater quelques envolées mélodiques très proches d’un certain héritage gaulois révérencieux, comme pour, au douloureux crépuscule du trouble, de la discorde, annoncer la renaissance, signifier toute la noblesse d’un honneur retrouvé… 
A cette image, la section rythmique est, comme vous vous en doutez probablement déjà, très auguste, martiale, tenace se déployant telle l’avant garde totalisatrice d’un front battant avec vigueur les terres les plus noires et sauvage pour prendre, avec autant de mépris que de défiance, position face à l’opposant. L’on pense une fois encore aux glaviots les plus sulfureux de bellicisme & pugnacité de Rob Darken.

Les vocaux de F., quand à eux, semblent s’introniser dans leur derniers retranchements. Plus écorchés que les détresses d’un assaillant qui fléchirait sous une giboulée d’huile bouillante, plus moroses que les dernières visions d’une charogne à mort blessée qui, ayant mal choisie son camp, attendrais patiemment la venue de son heure sous un linceul de sang, de viandes calcinées et de boue, plus débondés qu’une déferlante d’acier qui viendrait ruiner les campagnes d’un ligne percée… ils semblent conchier en bloc toute la duplicité collective, les plus mièvres et consensuelles propagandes de tolérance, l’humanisme sacro-saint, les croyances futiles et médiocres, les manipulations de masse etc… caractérisant notre époque.

Au terme de cet article, mis en abîme par une outro aussi décharnée que suicidaire, je dirais qui si Malveillance ne révolutionne, une fois encore, rien, ce « Nuisance » a au moins le mérite de le faire remonter dans mon estime. Un glaviot minimaliste, trivial, écru mais inflexible et sans la moindre ambivalence quand à son extrémiste idéologie sous-jacente, à ranger à coté du « Vestige Des Temps Oubliés » de Arnstadt.

FUCK ALL LIFE LOVING FAGGOTS !

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Sperm. S.