Malicious Secrets « Apostle Of HIM (2003) »

Entité que l’on ne présente guère plus en ces jours mornes, Malicious Secrets a visiblement été chié des ichoreuses forges des enfers en 1997, fruit de l’alliance de Tnd [basse / programmation] ayant déjà fait parler de lui dans Nuit Noire, Celestia, Hawkmoon ou, en tant que membre session pour la cohorte de Yakusa dégénérés de Barbatos… et, X Daemon [vokills / guitares / programmation]. Cette formation initiale enfantera dans le stupre une première démo sortie en 2000 chez Spikekult à deux cent exemplaires [laquelle sera d’ailleurs rééditée trois ans plus tard chez le label brésilien Klozed Circle en une version incluant une reprise du mythique Von]. Par la suite, Meyhna’ch de qui l’on sait intégrera les rangs pour, d’abord en tant que bassiste puis, à titre de vocaliste, contribuer à l’avènement de cet Ep parut en 2003 chez Ordealis… hum… fameux label qui, très à cheval sur la place des copyright dans le milieu BM, n’hésites pourtant pas à revendre les promos non officiels que lui envoient les groupes… Yiddish connection… passons avant que la passion ne m’autorise plus aucune raison… 

De sa présentation aussi opaque et obscure que sobre et éthérée glorifiant sans détour un modus operandi quasi religieux dans le concept, guidé, dans la crasse et la haine la plus totale, par l’abus ritualistique de substances [chose dont on ne saurait douter en découvrant la tronche de poivrasse que se cogne ce brave Willy pour l’occasion…], à sa trame sonore frôlant le continuum le plus bouillonnant, aussi poisseuse que le serait la carcasse d’un grand brûlé qui rejetterais des greffes de peaux lépreuses, tout semble ici mis en œuvre pour instaurer un climat suffocant, clandestin, presque privilégié dans l’endoctrinement intégriste qu’il suggère. 

Contexte propice, donc, au sein duquel la face « Serpent Soul », défiant tout dogme harmonique et, transgressant les préceptes du plus arrogant primitivisme, trouve matière à répandre le venin d’un feeling délectablement vieille école, suintant de riffs aussi grumeleux que la moisissure gagnant les murs d’une impie chapelle souterraine, aussi tourbillonnants que les eaux d’une Géhenne qui engloutirait l’âme grabataire de feu Jean Paul II ; Blasphème sonique manipulateur et traumatisant de part sa répétitivité et sa fréquence dopée à une coke que j’imagine coupée au verre pilé [m’inspirant le chaotique sadisme de ce fameux serial killer russe, dont le nom m’a depuis échappé, qui après avoir pénétré à vif le crâne de ses victimes, y versait, avec excitation, de l’acide de batterie dans l’espoir d’en faire des esclaves sexuels cérébralement morts] tempéré par l’émergence psychiatrique de speed pickings totalement ravagés, perçants, tels la seringue salvatrice fondant sur un euthanasié en sursit. 
La batterie ici assurée par Mallory, dont les adeptes des vieux Nuit Noire se souviendront probablement, s’inscrit dans cette logique malsaine et implacable, s’imposant, en une frappe instable, apocalyptique et avide, aux tympans d’un auditeur agonisant à la façon des échos crépitants d’une bombe à fragmentation pénétrant la basilique St Pierre, aux quatre coins du Vatican. 
Enfin, Meyhna’ch, vomissant littéralement sur un micro semblant se désagréger à mesure que le track progresse, reste tout simplement fidèle à lui même. L’on retrouve ces litanies maladives, perverses et gargouillantes, dignes des grognements rauques, aussi empressés qu’indécis, d’un Charles Manson qui, sous emprise, déboulerais, sous une lune gibbeuse, au beau milieu d’un endormit dortoir de sœurs.
Est il utile de vous faire un descriptif de la seconde face qu’est « Twisted Mental Void », laquelle, non seulement façonnée selon les mêmes principes, renferme sur son rond de face les instructions nécessaires à l’auditeur pour accompagner l’achèvement de l’œuvre comme il se doit : « Find loaded revolver / Place pistol barrel in mouth / pull trigger .»

En conclusion, certes, cet « Apostle Of HIM » ne casse pas trois pattes à un cureton en terme d’audace innovatrice mais, possède tout les atouts requis à ce qu’un newbie un peu trop téméraire en ressorte avec les couilles dans un tuperware après ample écoute. 
Sur ce, le temps de me faire un cocktail MDMA / gnôle croate, de monter sur disqueuse cet Ep et, je vais aller me faire quelques princesses juives…

No Fukking Kuntakt !

Sperm. S.