Lunacy « Ad Nauseam (2003) »
Si
l’on perce la membrane poisseuse de l’abcès infecte et lépreux
qui répand chaque jour un peu plus son flot muqueux de poseurs
et autres suiveurs sur la fierté de Metal Extrême underground
hexagonal ; Que l’on outrepasse avec force et mépris ce
pu véreux et parasitaire pour aller dans les tréfonds,
aux fondements de l’intégrisme, là où la masse
formatée ne peut avoir d’accès ou d’emprise, il est
évident que notre scène est active. L’héritage se perpétue et de nouvelles recrues n’ont de cesse de reprendre le flambeau pour glorifier l’essence du véritable Black Metal avec convictions et sans aucune prédisposition à la prostitution musicale et culturelle. Lunacy est de ceux là. Avec cette première déjection qu’est « Ad Nauseam », cette entité relativement récente vient grossir les rangs d’un bestiaire parisien déjà très imposant et lourdement armé pour la lutte. Certains réfractaires aux exactions perpétrées dans les arcanes les plus impies de la capitale, objecteront peut être qu’il y en a déjà bien assez mais, les quatre tracks capturés dans cette galette, à la présentation très soignée et quasi pro, laissent clairement penser que Lunacy à sa pierre à apporter à l’édifice. « Ad Nauseam » a beau être la première śuvre enfantée sous ce nom, il n’en demeure pas moins que le quatuor semble se mettre un point d’honneur à suivre sa propre voie en évitant les clichés et le repompage facile. Certes, il est indéniable que l’on ressent dans le Black Death de Lunacy, comme une certaine identité parisienne ; Cela en ce qui concerne le coté très raw des blasts où le pilonnage massif et écrasant de la batterie est mis en avant sans concession ; Pour le caractère brut, acéré et sans compromis de certains riffs ; Ou encore pour la production à la fois correcte mais très obscure et foutrique. Mais, cela n’est ni omniprésent, ni grossier et, une éventuelle comparaison avec certains éminents aînés doit s’arrêter ici. Lunacy entrecoupe ces effusions de violence primitive incontournables de nombreux plans où règne une sensibilité beaucoup plus mélodique et recherchée ; Sensibilité parfois couplée avec un feeling plutôt thrashy du plus bel effet. On en reviendra toujours au même terme, terme que j’ai tendance à beaucoup utiliser à l’heure actuelle mais qui est fondamental pour échapper à la tyrannie commerciale linéaire et fadasse de combos tels que Sethrerial, Dark Funeral, Marduk… à savoir, le mot relief. Sur ces bases, ce quatuor parvient à créer un univers propre et résolument torturé où s’émulent en permanence haine et nostalgie, agression et noirceur mélancolique ; Ambivalence forte, unique et immortelle qui fait toute la fierté et la majesté du Black Metal face à la soupe servie tout les jours sur les ondes. Je pense qu’un track tel que « Neurasthénie » résume à lui seul ce postulat. Les phases vocales, bien qu’étant parfois un peu trop en retrait, exacerbent le tout avec un goût prononcé pour notre langue et, sont la plupart du temps placées avec intelligence. Il est hélas difficile de se faire une opinion précise du message qui y est colporté, le groupe n’ayant pas d’antécédents et, le livret étant exempt de tout lyrics. Disons juste que l’artwork ainsi que le nom des tracks laissent fortement présager une haine profonde à l’égard de la religion, un dégoût maladif généralisé et un certain désespoir et pessimisme morbitaire. Il n’y a pas grand chose de plus à ajouter. « Ad Nauseam » est une bonne démo et, Lunacy a de toute évidence opté pour un cheminement intéressant. L’avenir nous en dira plus. A surveiller et soutenir. Contact : Sperm. S. |