Luftwaffe Raid « Empire (2002) »

C’est après avoir végété, quelques rotteuses aidant, devant un reportage sur le réalisateur du controversé „La Chute“ que l’inspiration s’abattit sur moi pour chroniquer cet „Empire“ de Luftwaffe Raid... Je vois déjà certains pissent menu débouler avec leurs grands sabots merdeux et, vociférer, au vu du nom de ce groupe, qu’une fois de plus le kamp R.U. participe ardemment à la propagation de la connivence NS / BM et, à dire vrai, peu m’en chaud, d’autant que les travaux de ce one man band, dirigé par un certain Warharan, se veulent strictement historiques et non, politiquement parlant, prosélytes. En ces jours désespérants où prolifèrent nombre de films, livres, jeux videos… au sujet de la seconde guerre mondiale, il sembla nécessaire à Warharan d’apporter sa contribution de façon passionnée et plus lucide, pour tenter d’illustrer l’atmosphère chaotique et obscure de cette période, en se recentrant plus particulièrement sur l’Allemagne Nazie. Cinquante sept ans après la fin des troubles, « Empire » se révèle donc être un concept album replongeant son auditorat dans six des années les plus fascinantes de notre histoire mais, trêve de palabres introductifs car, il y a ici beaucoup à dire.

Selon un cyclique schéma binaire sample / track, tout débute par un flash info allemand de printemps 1940 annonçant la défaite des forces britanniques et françaises sur le front ouest. Galvanisée par cette prophétique propagande et, à la faveur d’une nuit hermétique, la Luftwaffe gagne ses positions, d’un instant à l’autre prête à réduire ses objectifs à l’état de cendres pourrissantes, portée par l’émergence d’un Black Metal minimaliste, ichoreux, sale, parfois paradoxalement nostalgique et, paraissant, somme toute, avoir été porté à maturation dans le bouillon le plus primitif. 

Aux lendemains de la victoire ayant roussit les cieux d’étincelles et la terre du sang de l’ennemi, le monde entier tressaille au son de la voix du Führer qui, de part l’un de ses traditionnels discours, justifie l’assaut ; Discours, dans le présent sample, retranscrit et traduit sur les ondes alliées comme suit : « If our will is strong enough, then nothing can fail ! Germany Sieg Heil ! ». 

L’une des plus grande machine de mort que l’histoire ait connut venant de naître, Warharan se laisse aller à un „Nachtjagdgeschwader“, une fois de plus, entièrement dédié aux offensives nocturnes de la célèbre aviation germanique, se déclinant en une essence très martiale et atavique n’étant pas sans rappeler les meilleurs heures du très obscur Jerusolima Est Perdita. 

La suprématie de l’Allemagne enfonçant peu à peu l’Europe insurgée dans le chaos, le cinquième track s’impose comme un retour mélancolique aux sources, le jour où, à la résonance d’un « Deutschland Über Alles » présidé par le ministère germanique de la propagande, Hitler annonça solennellement l’invasion de la Pologne ; Déclaration, sitôt les chants patriotiques entonnés, incarnée par un « Sieg ! Sieg ! Sieg ! » à la hauteur métallurgique d’une grandeur et démesure révolue, et qui, pour remonter encore plus loin, est instantanément suivit et exacerbé par le discours ultime et fédérateur de 1933 que tout le monde par ici doit probablement connaître.

Sur les échos de cette parenthèse, Warharan replonge son assemblée dans le feu et l’acier avec « Welcome to London » ; Plage faussement accueillante et chaleureuse puisque, en une atmosphère purement apocalyptique, uniquement composée de samples de sirènes et bombardements…. Une bande son inquiétante et sans espoir, annonciatrice du dernier track de cette première face : « The End Is Near », outro intégralement folk où ne règnent que peur et tristesse.

La seconde face, tout autant décidée à n’accorder aucune trêve, débute par un « Longue vie à notre mouvement ! Longue vie au peuple Allemand » estampillé, bien évidemment de la langue de Goethe et, quoi de plus idoine alors, pour illustrer, en vertu de ces propos, la folie d’un conflit devenu mondial et, à titre de premier réel track, qu’un « DAK (Enigma Of The Sphinx) » entièrement dédié à Rommel et, à l’Afrika Korps ; Glaviot primitif, abrasif, étrangement teinté de sonorités très exotiques du fait de l’utilisation flagrante de gammes arabisantes.

Selon le même schéma Raw et déglingué « Battle, Fire, Erath » emboîte le pas, traitant, vous l’aurez compris, du passage, du soldat dévoué, à trépas dans les affres d’un champ de bataille. Sauvages et ataviques, les guitares se révèlent être aussi déchirantes que des chenilles compressant des chairs encore tièdes ; Les percussions résonnent telles des salves de MG42 tirées à bout portant ; Les vocaux s’élèvent tels les vociférations d’un soldat annonçant la chute d’une grenade dans la crasse d’une tranchée…

Annonciatrice d’une patte bien plus ambiante qui ne quittera, désormais, quasiment plus cet « Empire » jusqu’à sa fin, la treizième plage est un flash info de la BBC annonçant, le 8 mars 1945, que l’armée américaine a traversée le Rhin. 

La déconfiture se profilant à l’horizon, « Flight of the Mustang Under The Grim Moonlight » met en scène un soldat allemand tenant ses positions, de nuit, aux abords stratégiques d’un pont. Hormis les râles et soubresauts divers de mère nature, tout semble calme jusqu’à ce qu’un grondement, au départ lointain et sourd, se fasse de plus en plus menaçant et, finisse par répandre mort et désolation. 

Au même moment, sur un autre front, mais dans une ambiance toute aussi chaotique, un journaliste du nom de Thomas Wyford Vaughn effectue un reportage dans la tourmente de positions britanniques pilonnées par la force de frappe teutonique. 

Le monde au bord du gouffre le plus discordant, il n’y a guère plus de quiétude et de calme que dans la capitale allemande, comme en témoigne « A Summer Night In Berlin », mis en musique par des guitares aux mélodies sybarites et, des vocaux murmurés quasi mystiques… Image éphémère rapidement réduite à néant par un « The Eternal Grace of Suffering » violent comme l’enfer. 

Enfin, ce périple initiatique s’achève sur un dernier flash radio annonçant la mort de l’un des plus grand et flingué dictateur de l’histoire… 

Il m’aurait probablement fallut vous chier un bloc de constitutionalité pour pouvoir vous restituer toute la richesse de cet opus mais, je pense que ces quelques synthétiques lignes devraient suffire à vous faire comprendre que cette œuvre, relevant plus du documentaire que du simple album et parue chez Total Holocaust Records [Hail & Support !], s’adresse avant tout aux maniaques de la seconde guerre.

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Sperm. S.