Krazumpath / Necrofurya / Zarach Baal Tharagh
« Split Tape (2003) »
Le
Black Metal du Nord Est de la France est à l’image du climat
hivernal rude et glacial, des forêts luxuriantes denses et humides
et de l’atmosphère sombre et pesante qui règnent en
ces terres. Ce Split demo tape catégoriquement limité au nombre totalement minimal de trente exemplaires en est un nouveau témoignage. De surcroît, son commanditaire étant Luc Mertz et Z.B.T. Productions, autant dire que nous avons ici affaire à une œuvre purement underground. Krazumpath ouvre le bal. Dans le passé, ce one man band m’avait déjà laissé une impression forte sur le Split tape où Zarach Baal Tharagh était d’ailleurs déjà de la partie. Dans le cas présent, Krazumpath reste fidèle à lui même et récidive avec une rage qui reste inchangée. « The Kunt Kult Of Krazumpath » et « Lick The Horns » pésentent toujours un raw Black Metal satanique lourdement armé de riffs dévastateurs ultra minimalistes, de percussions linéaires, frénétiques et instoppables, de vokills qui ne transcrivent aucun sentiment inhérent à l’être humain, d’un son sale, poisseux et repoussant et, d’apports indus electros sporadiques qui collent parfaitement au reste et contribuent à faire monter la tension avant que la machine ne se remette en branle. Malsains et vénéneux, tout en ces deux tracks est froid comme la Mort ! Après « Our Decay », outro synthétique de Krazumpath qui n’est pas sans rappeler les interludes glaciaux des premiers Burzum, c’est au tour de Necrofurya de brandir haut vers des cieux couverts et orageux le fier étendard du Metal Extrême Lorrain ; Ceci avec deux titres live qui semblent appartenir à l’ancien répertoire du groupe tant ils sont crus ! Une fois de plus cette entité me surprend en s’illustrant de façon beaucoup plus primaire, crue et moins technique que ce que j’avais pu constater lors de mon premier contact avec son art. Même si Necrofurya n’atteint pas la dimension ultra répétitive, manipulatrice et craspec de Krazumpath, force est de constater que « Hecate Throne » et « Butchered », les deux tracks ici présentés, sont vraiment bruts et directs. Les cordes sont Old-School, la batterie va droit au but, les vox de Raphallus résonnent tels les plaintes d’un être maudit qui aurait perdu son âme et, le son est très underground. Peut être est ce du à la magie du live et des prises de son rustiques qui y sont généralement de rigueur… Dans tout les cas, Necrofurya se montre ici comme à son habitude authentique, et il n’en faut pas plus pour respecter son art. Pour clôturer avec éclat cette descente aux enfers, quoi de mieux que Zarach Baal Tharagh pour fermer la marche ?!?! Je ne suis pas sur qu’il y ait vraiment besoin de présenter une fois de plus cet hideux projet de Luc Mertz dont la présence dans les pages de Resistancia Underground est depuis longtemps justifiée et dont nous n’avons de toute évidence pas finit de parler. S’il est un combo gaulois qui a pour prétention de faire toujours plus underground sans jamais taper en dessous de la ceinture, c’est bien Zarach Baal Tharagh et, ce « Chapter 39 » qui constitue à lui seul le huitième opus de la saga nous pousse vraiment à croire que Luc Mertz à réellement vu et palpé les noires abominations qu’il dépeint dans sa musique ! Son Black Metal est plus que jamais exécrable, monstrueux et difficile à décrire tant l’aversion qui s’en dégage est forte ! Acide ; Anarchique ; Atroce ; Bilieux ; Bouillonnant ; chaotique ; Criminel ; Disgracieux ; Fétide ; Grossier ; Impitoyable ; Infecte ; Insondable ; Lugubre ; Morbide ; Nauséeux ; Obscène ; Pervertit ; Sépulcral ; Tordu ; Ultime ; Vil… sont autant d’adjectifs qui me viennent en tête en phase d’écoute !!! Excellent ! Pour les maniaques ! En conclusion, ce Split tape est honnête, intègre et droit. Je ne comprends toujours pas pourquoi le nombre d’exemplaires des plus restreint n’est toujours pas épuisé… Contact : Sperm. S. |