KÖRDHA « Songs For Laceration» (2007)

Kördha est animé par le français Botchan Karisen, grand fan des Marx Brothers, de base attiré par le punk, le métal mais, qui vers 1995 va rencontrer l’indus expérimental. Il suivra des études de musique acousmatique ; sous genre spécifique de la musique électro-acoustique, plus précisément est dit acousmatique un son que l'on entend sans voir la cause qui le produit, l'expression de musique acousmatique est ainsi utilisé pour signifier la dématérialisation de la source sonore, l'abolition de la dépendance à l'événement sonore, l'abstraction sonore et ses possibilités surréalistes.
Sa façon de composer est aléatoire, spontanée, bordélique jusqu’à ce qu’un ordre s’impose. Ainsi plusieurs projets virent le jour, dans des sonorités indus comme Botchan Karisen, Babylon Chaos, Scripta Manent (en duo avec sa compagne Mitaine), Sicnoise et Kördha dans un style plus noise.
Afin de compléter le personnage il est aussi derrière Quincaillerie records et dans l’association Euphoria post mortem qui a pour but de promouvoir et développer les musiques et arts sombres et expérimentaux à Dijon, notamment industriels et contemporains.

Mais revenons en à ce qui nous occupe, "Songs for lacération". A ma première écoute évasive du CD celui ci m’a parut homogène et cet effet n’est pas un hasard car une rythmique incessante, à chaque lacération, guide tout le long, tantôt bien réglée et tantôt chaotique, chaque titre sur ces dernières secondes est ralentit et dégage sa propre atmosphère.

Lacération : déchirure accidentelle de la peau et du tissu sous cutanée, plaie par déchirure.

Lacérer, verbe transitif, du latin lacerare, faire des déchirures dans la peau, une partie du corps
Ex. : le fouet lui lacéra le dos.

« L’ouverture des filaments » se fait consciencieusement, on ne bouscule pas, ce n’est que le début. Les instruments sont choisis, on s’essaye. Un peu de sel sur les plaies pour donner du piquant mais rien de plus.
Puis nous rentrons plus en profondeur dans les chairs les sens sont touchés. Lacérations cornéennes de pleine épaisseur, la pupille est déformée, la chambre antérieure est plate, l’humeur aqueuse s’étant écoulée.

« What we do, what we… » une transe pour passer de l’autre côté, dans la viande.

« Hallucination with gun », est mécanique, froid, ambiance industrielle. Les organes internes sont atteints ainsi que les articulations, muscles et tendons. Le processus est lancé il n’y a qu’à subir et supporter. Les plaies s’infectent, le sang bouillonne _ hyperthermie _.

« Traverse des innocents » dans les vaisseaux au rythme cardiaque calqué sur les coups. Déchirures provoquant dommages irréparables jusqu’à priver le muscle de ses apports, enfin on ne l’entends plus _infarctus du myocarde _.

Lacérations cérébrales, déchirement du tissu, brisure dans la continuité de la substance cérébrale, la contusion a été suffisamment grave. « One $ for one life », donne le sentiment d’un lendemain de cuite où le cerveau n’arrive plus à se rééquilibrer, restant dans un parasitage.

« Epitaph », le dernier titre, plus efficace, voir martial par moments et à d’autres plus chaotique, n’est là que pour achever son œuvre, une sorte de récapitulatif. Inscription funéraire en un quart d’heure: mort par lacérations sous les coups de Kördha.

Contact :

botchankarisen@yahoo.fr
www.botchanimal.net


BV